geluck_se_lacheDans le bas de l'échelle sociale des objets se trouvent les jetables. Mais, comme dans tout groupement humain, animal, minéral ... bref, comme partout, il existe là aussi des classements et des sous-classements. Sur cette terre, chacun se croit meilleur que ses congénères et celui qui accumule douze ou treize qualités a très vite tendance à se sentir insurpassable, qu'il soit amibe ou navette spatiale. Le jetable, par exemple, sait qu'il est inférieur au durable, c'est génétique. Mais ce qu'on ignore généralement, c'est que dans la catégorie de l'éphémère, il existe une hiérarchie très codifiée. L'aristocratie du jetable est principalement constituée par les appareils photo qui considèrent avec mépris leurs collègues rasoirs, mouchoirs, gobelets, assiettes et couverts en plastique, mais aussi les piles, lingettes et autres strings ou culottes. La honte de la famille, ce sont les emballages. Eux ont très mauvaise réputation car ils sont le plus souvent inutiles, polluants et attirent l'opprobre sur la communauté entière. Boîtes de hamburgers, canettes, barquettes de tout poils et sacs en polyéthylène, tels sont les cousins qu'on n'aime pas voir débouler aux fêtes de famille. La palme revient sans doute au sac poubelle dont la principale fonction consiste à collecter ce qui doit être jeté pour être jeté lui-même. Lui, c'est vraiment le collabo que l'occupant liquide avec ceux qu'il a dénoncés. Mais chez les jetables, il y aussi la caste des intouchables. On les traite d'ignobles, d'innommables et pourtant leur utilité est grande. Je veux parler des tampons périodiques, des couches ou du papier hygiénique. Alors ceux-là, ils ramassent tout(si j'ose dire) ! Comme si le jetable de l'hémisphère Sud était infâme. Comme si au-dessus, c'était noble et qu'en dessous, c'était ignoble. Moi je dis que ce sont ces comportements sectaires qui sont abjects.
La Déclaration universelle des droits de l'objet le dit pourtant clairement :
"Art. 1. Tous les objets naissent égaux en droits et en devoirs."
Et comme chez les humains, c'est après que ça se gâte ...

 Geluck