08 février 2010
Chantal & Laurent
J'ai commencé à m'intéresser à l'art contemporain lorsque mes pérégrinations m'ont amené à poser mes bagages à Périgny-sur-Yerres. Au détour d'une rue, j'ai fait la connaissance avec La villa Falbala de Jean Dubuffet. J'ai trouvé ça assez grandiose. Plus tard, j'ai découvert que cette minuscule commune abritait aussi un atelier qui redonnait un coup de jeune aux fabuleuses nanas de Nikki de Saint Phalle.
Par la suite je me suis installé à Moissy Cramayel qui, en perdant sa raffinerie de sucre et les pestilentielles odeurs qui l'accompagnaient devenait une commune tout à fait habitable.. A Moissy, j'ai découvert également une vie culturelle. La ville avait mis à la disposition de certains artistes des ateliers situés dans de veux bâtiments à l'habitabilité limitée, il faut bien l'avouer. Mais enfin, le geste était là. En échange de cet hébergement les artistes avaient la charge d'assurer une animation culturelle de la ville par le biais d'expositions ou d'animations diverses. Dans ce bâtiment se trouvait les lieux de productions principaux de Chantal Perret et de Laurent Maciet.
J'ai fait la connaissance de ce couple fort sympathique à l'occasion de deux évènements. Tout d'abord, il y a quelques années, sur une idée de Chantal, une manifestation originale a vu le jour. Cela s'intitulait "Mai, mois de l'art dans la ville". Joli jeu de mots. Il s'agissait, pour les artistes, de prêter une œuvre à des habitants; charge à ces habitants d'organiser avec leurs amis et voisins un pot, voire un repas au cours duquel l'artiste viendrait raconter sa démarche et ce qui l'avait conduit à choisir cette voie.
Nous nous sommes donc rencontré chez des amis autour d'un bon repas et d'un tableau de Laurent Maciet. La conversation qui s'est prolongée dans la nuit et s'est terminée dans les ateliers de Chantal et Laurent a été passionnante et a parfois quitté l'art pour aborder des questions plus politiques car nous étions au début de la médiatisation du problèmes des intermittents du spectacle; Laurent, qui avait parmi ses multiples activités la casquette de metteur en scène connaissait bien la situation.
Le deuxième évènement qui nous a rapproché a été la création des maisons de quartiers. Notre quartier, tout nouveau, a été doté d'une maison de quartier qui a été plus ou moins gérée avec les habitants, la mairie fournissant certains fonds et une aide logistique. Chaque année était organisé le carnaval de Moissy . Pendant cette période (et même bien avant, en fait) les habitants du quartier mettaient au point un défilé avec chars sur un thème choisi au cours d'une réunion regroupant les 5 quartiers de la ville. Pour nous aider, les artistes de Moissy venaient apporter leur imagination et leur expérience et Chantal et Laurent sont venus nos seconder et, bien souvent, nous entrainer dans leurs délires.
J'ai déjà fait plusieurs billets sur ces deux-là parce qu'il m'ont fait entrer dans un monde qui m'était étranger et qui m'a passionné. Grâce à eux et à Internet, bien sûr, ma curiosité m'a amené à approfondir ma vision sur les plasticiens et sur l'art contemporain. 
Pour des raisons que j'ignore, la municipalité a repris en main les maisons de quartier qui ont donc été abandonnées par les habitants dont on prenait de moins en moins l'avis. Ce sont aujourd'hui plus des annexes sociales de la mairie. C'est certainement très utile, mais c'est une tout autre fonction. Le carnaval a également disparu.
Pourquoi je raconte tout ça ? Parce qu'aujourd'hui, pour des raisons qui leur sont propres et pour avoir la possibilité de développer leur travail artistique et avoir un rayonnement plus large, Chantal et Laurent ont décidé, avec leur petite famille de quitter la région pour s'installer plus au sud, pas loin du viaduc de Millau dans le petit village d'où est originaire Chantal.
Deux amis s'éloignent, mais les liens sont toujours là. Par contre, la ville va beaucoup y perdre, et c'est vraiment dommage. Une politique culturelle ne peut pas se faire facilement sans les habitants et ces deux-là étaient une passerelle idéale. Le noyau d'habitants est toujours là, mais nous nous sommes éloigné de la municipalité et aujourd'hui, nous nous contentons de consommer, la participation n'est plus là. Peut-être était-ce le but recherché, après tout.
Salut Chantal, salut Laurent, ça nous fera un peu plus de chemin pour discuter et échanger, j'envie la région qui vous reçoit et qui va bénéficier de votre créativité. Vous avez laissé des traces à Moissy, elles ne sont pas près de s'effacer.
La culture est une arme de construction massive
Laurent et Chantal lors du repas d'au revoir que nous avons organisé avec les ateliers "poterie"
Petit reportage photographique du repas sur "Terres Moisséennes".
04 février 2010
Le gagnant
Né en 1946, Barry Gifford vit aux abords de la Baie de San Francisco. On lui doit l'époustouflant Sailor and Lula (Palme d'or à Cannes en 1990) mis en images par David Lynch. Il a aussi coécrit avec Lynch le scénario du brûlant thriller psychologique Lost Highway (1997) et , avec Matt Dillon, celui de City of Ghosts (2003). Alex De La Iglesia a porté à l'écran son roman Perdita Durango. Ses romans ont été traduits en 28 langues et son oeuvre a été largement récompensée.
Son recueil de quatre nouvelles aux intrigues croisées, Night People, lui a valu le prix Brancati en Italie. L'imagination du coeur, ultime volet de la saga Sailor et Lula, est paru récemment en France et Sad Stories of the Death of Kings, son dernier livre, paraîtra cette année chez 13e Note Editions, sous le titre Une éducation américaine.
Barry Gifford est un expert de l'âme américaine. Il en dissèque les mouvements, les états et la fureur. American Falls en témoigne. Ces récits nous transportent des années 50 à nos jours, du conte fantastique à l’histoire d’amour, de l’innocence à la vengeance. On y rencontre un garçon de dix ans épris de sa baby-sitter, une célébrité qui paie une rançon pour sa voiture, un homme sans bouche qui tente une confession, un Méphisto revenu de l’Enfer pour punir les hommes de leurs péchés et leur en faire payer le prix… L’Amérique sous microscope.
Extrait :
Ma mère et moi passions à Chicago les fêtes de Noël et du nouvel an 1957. A cette époque, j'avais dix ans et j'avais déjà connu plusieurs expériences hivernales dans le nord; je m'attendais donc au pire. Pendant tout le long voyage en voiture de Floride jusqu'à Chicago, je m'étais fait une joie de pouvoir m'amuser dans la neige épaisse et patiner sur les étangs gelés. Or l'hiver se révéla très doux et, chose exceptionnelle pour Chicago, il n'y eut pas de neige à Noël.
- La première chute arrive toujours autour de thanksgiving, fit remarquer Pops, mon grand-père. Mais cette année, on n'a même pas eu besoin de manteau. Je n'ai jamais vu un été indien durer aussi longtemps.
Je n'étais pas mécontent de pouvoir jouer dehors avec les gamins qui habitaient la rue de Pops; pourtant, je ne pouvais cacher ma déception de ne pas voir la neige - on n'en avait jamais à Key West. Les garçons et les filles du quartier avaient beau être assez sympathiques - depuis au moins trois ans, j'avais eu l'occasion de faire la connaissance de plusieurs d'entre eux pendant mes précédents séjours -, je me sentais étranger.
Le jour de la Saint-Sylvestre, il n'avait toujours pas neigé. Ma mère et moi devions partir le 2 janvier. Quand je m'en suis plaint, elle m'a dit :
- Tu sais, mon chéri, on ne peut pas toujours gagner.
Le 1er janvier, j'ai été invité au goûter d'anniversaire d'un garçon que je ne connaissais pas très bien, Jimmy Kelly, le fils d'un policier ; il vivait dans une maison divisée en trois appartements, à l'autre bout de la rue.Johnny et Billy Duffy, les plus proches voisins de Pops, insistaient pour que je les accompagne. Johnny avait mon âge, Billy un an de moins ; ils étaient très copains avec Kelly et persuadés que celui-ci ne verrait aucun inconvénient à ce que je vienne. Pour s'en assurer, la mère des frères Duffy a passé un coup de fil à madame Kelly, qui, en effet, a répondu qu'elle serait ravie de me recevoir.
Comme l'invitation avait été lancée à la dernière minute, et que tous les magasins de jouets étaient fermés en ce jour férié, je n'avais pas de vrai cadeau pour Jimmy Kelly. Ma mère a rempli un sac de bonbons, l'a enveloppé d'un joli papier, puis a noué un ruban rouge autour et me l'a tendu.
- Ça ira très bien. Surtout sois poli avec ses parents et remercie-les de t'avoir invité.
- Ils ne m'ont pas invité. Je suis invité par Johnny et Billy. C'est madame Duffy qui a téléphoné à la mère de Kelly.
- Remercie-les quand même. Et amuse-toi bien.
Chez les Kelly, des gamins couraient dans tous les sens, criaient, hurlaient, jouaient à chat, renversaient les tables, les lampes, rendant complètement fous Mick et Mack, les deux cockers noirs de la famille qui leur sautaient après et se faisaient piétiner. Assis sur une chaise à côté de la porte d'entrée, l'agent Kelly en uniforme, avec son ceinturon, buvait de la bière au goulot d'une bouteille brune. Il était grand, gros, presque chauve, et ne semblait pas du tout dérangé par le chaos.
- Merci les garçons, entrez, a dit madame Kelly en prenant mon cadeau et celui des frères Duffy.
Puis elle a disparu dans la cuisine.
Johnny, Billy et moi avons rejoint les autres. Au bout d'un moment, madame Kelly est revenue avec un gâteau d'anniversaire et de la crème glacée. Le gâteau avait douze bougies, onze pour l'âge de Jimmy, plus une en guise de porte-bonheur. Jimmy était un gros garçon costaud ; il les a toutes soufflées d'un seul coup, sans aucune difficulté. Nous avons mangé chacun un morceau de gâteau au chocolat avec une boule de glace à la vanille, puis il a ouvert ses cadeaux - et englouti presque tous les bonbons de ma mère.
Ensuite, madame Kelly a présidé au déroulement de plusieurs jeux à la fin desquels elle décernait un prix au gagnant. Je gagnais à chaque fois ; cette succession de victoires m'embarrassait. Comme, au fond, j'étais un étranger, même pas ami du garçon dont on fêtait l'anniversaire, les autres enfants, y compris Johnny et Billy Duffy, ont commencé à me manifester une certaine hostilité. Je me sentais très mal à l'aise ; après avoir remporté une troisième et quatrième victoire, j'ai décidé que ça suffisait : même si je pouvais gagner encore, je ferais exprès de perdre pour ne pas me mettre tout le monde à dos.
Le concours suivant devait être le dernier, le vainqueur se voyant décerner le super prix, un véritable ballon de football professionnel tout neuf, dédicacé par Bobby Layne, quart-arrière des Lions de Détroit. L'agent Kelly, a révélé son épouse, avait reçu ce ballon en personne des mains de Bobby Layne, rencontré pendant son service alors qu'il assurait la sécurité des Lions venus affronter les Bears de Chicago.
Or l'épreuve finale n'était pas un jeu, mais une tombola. Les enfants devaient juste choisir un petit bout de papier plié en deux dans la casquette du policier. Madame Kelly avait inscrit sur chacun de ces billets un chiffre différent. L'agent Kelly, ayant déjà décidé qui serait le gagnant, l'annoncerait lui-même, une fois tous les enfants pourvus de leur billet.
J'ai pris le papier et attendu, assis par terre avec les autres, sans même prendre la peine de vérifier mon numéro. L'agent Kelly s'est levé, le ballon en équilibre dans l'une de ses énormes mains, et nous a regardés ; chaque enfant, sauf moi, attendait avec impatience d'entendre le chiffre magique, en espérant du fond du cœur que ce serait celui qu'il venait de tirer de la casquette du policier. Même Jimmy avait pris un numéro.
- Seize ! a annoncé l'agent Kelly.
Plusieurs enfants ont laissé échapper un gémissement bruyant ; tous se sont dévisagés pour savoir qui avait gagné le ballon. Aucun ne possédait le bon numéro. Alors les têtes ont pivoté dans ma direction. Il y avait quinze enfants invités à la fête ; trente yeux brûlants de haine ont transpercé les miens.Monsieur et Madame Kelly m'ont foudroyé à leur tour. J'imaginais Mick et Mack, les deux cockers, en train de me fixer, eux aussi, la langue pendante, prêts à me mordre si jamais j'avouais détenir le précieux numéro seize.
J'ai déplié mon bout de papier et je l'ai vu : 16. Aussitôt, je l'ai tendu en soutenant le regard vide, jaune et vert pâle de l'agent Kelly. Ce dernier l'a examiné attentivement, comme s'il le soupçonnait d'être un faux. Les enfants avaient tous la tête levée vers le policier dans l'espoir qu'il y ait une erreur, que personne, surtout pas moi, n'avait tiré le numéro gagnant.
L'agent Kelly a relevé les yeux pour me dévisager de nouveau.
- Ton père est juif, hein ?
Je n'ai pas répondu. Il s'est tourné vers sa femme :
- Tu ne m'as pas dit que son vieux était juif ?
- Sa mère est catholique, a répondu madame Kelly. Sa famille vient du comté de Kerry.
- Je ne veux pas du ballon, ai-je déclaré en me levant. C'est pour Jimmy, c'est son anniversaire.
Alors Jimmy a bondi sur ses pieds, arraché le ballon de football des mains de son père et hurlé en se ruant vers la porte :
- On joue !
Les autres enfants ont couru derrière lui.
- Merci, ai-je dit à madame Kelly.
J'allais sortir de l'appartement quand elle m'a rappelé :
- Tu oublies tes prix, les jouets que tu as gagnés.
- Ça ne fait rien.
- Bonne année ! a-t-elle lançé dans mon dos.
Lorsque je suis rentré à la maison, ma mère m'a demandé si la fête avait été réussie.
- Je crois.
Elle a deviné qu'il s'était passé quelque chose, mais n'a pas insisté. Ma mère avait ça de bien : elle savait à quels moments il fallait me laisser tranquille. Comme la nuit tombait, elle est allée tirer les rideaux :
- Oh, viens regarder dehors, mon chéri. Il neige !
J'ai choisi cette nouvelle parce qu'elle m'a touché. En effet, mes parents ayant la bougeotte, nous avons très souvent changé de lieux de résidence et on nous a également parfois "placés" chez mes grands-parents, mon frère et moi. Il nous a été impossible jusqu'à l'adolescence (courte) de nous faire des copains "durables" et nous tombions souvent, pour jouer ou pour tout autre chose, au milieu de bandes ou de groupes déjà bien soudées et organisées. Ce sentiment d'être étranger dans son propre pays ne m'est donc pas inconnu et je me suis souvent retrouvé dans le cas de figure du petit garçon de ce récit.
31 janvier 2010
Bâtons merdeux

Les bâtons merdeux destinés à l'enculage de la population française sont paraffinés avant introduction dans les anus nationaux.
Et on ira dire après ça que ce gouvernement fait preuve d'inhumanité !![]()
de mes amis forumeurs
E.T. est revenu ! Il est éleveur de cotons-tiges en Camargue
ou
La Floride pittoresque : séchage de la récolte de tampons à Tampa Bay
Cqfd
Culture de bâtons de majorettes
ou
Haïti : ça va mieux ! Requinqués par la messe de Ratzinger XVI, les survivants préparent le feu d'artifice
ou
Tri des déchets : récolte des pertes blanches et autres chancres sanieux
ou
Le coton pour remplacer les vignes, c'est pas gagné
Pascal
Le gars s'est pris un beau râteau à son rendez-vous galant
ou
On leur envoie nos fûts radioactifs, ils trempent des bouts de roseau dedans et ça leur fait des cierges à étincelles pas cher !
Saoulfifre
Le commerce équitable favorisé par les nouvelles productions de vaccins en Mésopotamie.
Merci madame Bachelot
moufette![]()
Délocalisation du recyclage des Tampax en Asie
La marquise de sade![]()
Pour prévenir une épidémie d'otites, Roselyne Bachelot vient de commander 200 milliards de cotons-tiges.
Le Fantasio![]()
27 janvier 2010
Les bons élèves
Lune et Paton descendirent l'escalier de l'Ecole des Fliques. Ils sortaient du cours d'Anatomie contribuable et s'apprêtaient à déjeuner avant de reprendre leur stage devant l'immeuble du Parti Conformiste dont les vilains énergumènes venaient de briser les vitrines avec des bâtons noueux. Ils balançaient gaiement leurs pélerines bleues en sifflant une marche flique, qui se scande, tous les trois temps, d'un bon coup de bâton blanc sur la cuisse du voisin, et doit pour cette raison, être exécutée de préférence par un nombre pair de fliques. Ils tournèrent au bas de l'escalier et prirent le couloir voûté du réfectoire.Sous les vieilles pierres, la marche résonnait curieusement, car l'air entrait en vibration pour le la bémol 4 dont le thème complet ne comportait pas moins de trois cent trente-six. A gauche, dans la cour barlongue et plantée d'arbres échaudés, d'autres futurs fliques faisaient des exercices d'assouplissement, jouant à saute-vaches-à-roulettes, étudiant la contredanse au son d'un violon, martelant de leurs bâtons verts d'exercice des calebasses qu'ils devaient fendre d'un seul coup. Lune et Paton ne prêtèrent pas la moindre attention à ce spectacle auquel ils participaient comme acteurs tous les jours sauf le jeudi où les fliques se reposent.
Lune poussa la grande porte du réfectoire et passa le premier. Paton attendit une minute pour finir la marche des fliques car il sifflait moins vite que Lune. Par d'autres portes, les élèves de l'Ecole arrivaient en groupe de deux ou trois, très animés, car il y avait eu des examens la veille et le matin.
Lune et Paton se dirigèrent vers la table sept où ils trouvèrent Arrelent et Poland, deux des fliques les plus arriérés de l'Ecole ce qu'ils compensaient par un culot peu commun. Ils s'assirent tous dans un gargouillis de chaises écrasées.
- Ca a marché? a demandé Lune à Arrelent.
- De la kouille en barre ! répondit Arrelent. Ils m'ont donné une vioque d'essai qui avait au moins soixante-dix piges, et dure comme un cheval, la garce !
- Moi j'ai cassé neuf dents à la mienne d'un seul coup, dit Poland. L'examinateur m'a félicité.
- J'ai pas eu de veine, insistait Arrelent. Elle m'a tellement fichu en rogne que j'ai loupé mon passage à la pèlerine plombée.
- Je sais pourquoi, dit Paton. Ils n'en trouvent plus assez dans les quartietrs pauvres, alors ils nous en donnent qui viennent d'endroits mieux nourris. Elles tiennent mieux le coup. Pour les femmes, remarque, ça peut encore aller, mais ce matin j'ai eu du mal à enfoncer mon bâton dans l'oeil de mon type ...
- Oui, dit Arrelent, moi j'avais prévu le coup. J'ai un peu truqué mon bâton.
Il le leur montra. Adroitement, il en avait appointé l'extrémité.
- Comme dans du beurre, dit-il. J'ai fait un effort terrible et j'ai regagné deux points de plus. Ça m'a rattrapé d'hier ...
- Les gosses aussi sont durs cette année, dit Lune. Celui que j'avais hier matin, je n'ai pu lui casser qu'un poignet à la fois. Les chevilles, j'ai du y aller à coup de souliers. C'est dégueulasse.
-C'est la même chose, dit Arrelent. Ceux de l'Assistance, on ne peut plus en avoir. Ça, c'est des gosses de fourrière, alors on ne peut pas savoir. Tu tombes sur un bon ou tu tombes sur un mauvais. C'est la chance. Ceux qui étaient bien nourris, ils sont difficile à amocher vite. Ils ont des peaux dures.
- Moi, dit Poland, les plombs de ma pèlerine, ils se sont décousus, alors il ne m'en restait que sept sur seize, j'ai du taper deux fois plus vite, ce que j'étais crevé, parole d'homme !... Mais le sergent, il bichait dur de voir ça. Il m'a simplement dit de les coudre plus solide la fois d'après. J'ai été pénalisé.
Ils s'arrêtèrent de parler car on amenait la soupe. Lune saisit la louche et la plongea dans la marmite. C'était de la soupe de chevrons avec du gras qui nageait. Ils s'en servirent de grosses portions.
- On s'emmerde aujourd'hui, dit Paton.
- Oui, dit Lune. Tu te souviens, la semaine dernière ?
Il faudrait faire quelque chose, dit Lune. Si il nous arrivait quelque chose une fois par semaine ... ce serait bath ! ...
- Oui, dit Paton ... Oh ! ... Vise ! ...
Il y avait deux très jolies filles dans le bistrot à côté.
- C'est quelle heure ? dit Lune.
- Encore dix minutes et on a fini, dit Paton.
- Chouette ! ... dit Lune. Il regardait les filles. On va boire un coup ?
- Oui, dit Paton.
- Est-ce que tu la revois aujourd'hui ? demanda Paton.
- Non, dit Lune. Elle ne pouvait pas. Quelle sale journée ! ...
Ils étaient de garde à la porte du Ministère des Profits et Pertes.
- Il ne passe personne ici, dit Lune. C'est ...
Il s'interrompit car une vieille dame lui adressait la parole.
- Pardon, Monsieur, la rue Dézécole ?
- Vas-y, dit Lune.
Et Paton asséna un grand coup de bâton sur la tête de la dame. Ils la rangèrent le long du mur.
Vieille salope ! dit Lune. Elle ne peut pas parler à ma gauche, comme tout le monde ? Enfin, ça distrait, conclut-il.
Paton frottait son bâton avec un mouchoir à carreaux.
- Qu'est-ce qu'elle fait ta fille ? dit Paton
- Sais pas, dit Lune. Mais elle est gentille, tu sais ...
- Est-ce qu'elle ... bien ? demanda Paton.
Lune rougit.
- Tu es dégueulasse. Tu ne comprends rien aux sentiments.
- Alors, tu ne la vois pas ce soir ? dit Paton.
- Non, dit Lune. Qu'est-ce que je pourrais faire pour occuper la soirée ?
- On peut aller aux Magasins Généraux, dit Paton. Il y a toujours des gens qui viennent chiper des choses à manger.
- On n'est pas de service, dit Lune.
- On n'a qu'à y aller, dit Paton. C'est marrant, on trouvera peut-être à arrêter quelqu'un. Mais si tu préfères, on peut aller au ...
- Paton, dit Lune, je savais que tu étais un cochon, mais vraiment, tu ne te rends pas compte. Je ne pourrais pas faire ça en ce moment.
- Tu es sonné, dit Paton ... Allez, je ne veux pas être vache. On ira aux Magasins Généraux. Mais prends ton égalisateur, on peut quand même espérer faire un carton.
- Tu parles ! dit Lune très excité. On va en descendre au moins deux douzaines ...
- Toi, dit Paton, tu m'as l'air amoureux pour de vrai.
Paton passa le premier. Lune le suivait de près. Ils longèrent le mur de brique pilée et parvinrent à la brèche soigneusement entretenue par le gardien pour éviter que les voleurs ne dégradent le mur en l'escaladant. Ils entrèrent. La brèche commandait un étroit sentier garni, de part et d'autre, de barbelés, qui laissaient aux voleurs la seule possibilité de s'y engager. Des trous, çà et là, étaient ménagés pour permettre aux fliques de s'y tapir et de viser soigneusement. Lune et Paton en choisirent un à deux places. Ils s'installèrent commodément et, deux minutes ne s'étaient pas écoulées qu'ils entendirent le moteur de l'autobus amenant les voleurs à pied d'œuvre. Ils perçurent le tintement de la sonnette et les premiers voleurs apparurent dans la brèche. Lune et Paton se cachèrent les yeux pour ne pas les voir. C'était plus drôle de les abattre au retour. Ils passèrent. Ils étaient tous pieds nus, pour le bruit et parce que les chaussures sont chères. Ils étaient passés.
- Avoue que tu aimerais mieux être avec elle, dit Paton.
- Oui, dit Lune. Je ne sais pas ce que j'ai, je dois être amoureux.
- Je te l'ai dit, répondit Paton. Tu lui fait des cadeaux.
- Oui, dit Lune. Je lui ai donné un bracelet en sapin bleu. Elle était très contente.
- Elle se contente de peu, dit Paton. Personne n'en porte plus.
- Qui est-ce qui t'as dit ça ? demanda Lune
- Ça ne te regarde pas, dit Paton. Tu la pelotes quand tu es avec elle ?
- Tais-toi, dit Lune. On ne doit pas plaisanter avec ça.
- Tu as toujours eu un faible pour les blondes, dit Paton. Mais ça te passera comme les autres. Elle est maigre.
- Parle d'autre chose, dit Lune. J'aime pas que tu dises ça non plus.
- Tu m'embêtes, dis Paton. Tu vas perdre des places à l'Ecole si tu ne penses qu'à ça.
- Non, dit Lune. Attention, ils reviennent ! ...
Ils laissèrent passer le premier, un monsieur chauve qui avait un sac de souris confites. Et puis Paton tira. Un grand maigre tomba en faisant "Couic !..." et ses paquets roulèrent par terre. Paton lui donna bonne mesure et Lune tira à son tour. Il en descendit deux, mais ils se relevèrent et réussirent à atteindre la brèche. Lune pestait comme un beau diable et le pistolet de Paton s'enraya. Trois autres leur filèrent sous le nez. Une femme venait en dernier et Lune, furieux, termina son chargeur sur elle, tandis que Paton sortait de son trou pour compléter le travail ; mais elle était bien morte. Une jolie blonde. Du sang sur ses pieds nus laquait ses ongles de rouge, et, au poignet gauche, elle portait un bracelet en sapin bleu tout neuf. Elle avait dû mourir à jeun, c'est meilleur pour la santé.
Les onze récits de ce recueil ont été rassemblés par Boris Vian lui-même ; leurs nombreuses rééditions ont apporté la preuve de l'importance de cet ouvrage dans son oeuvre. Onze récits où se conjuguent l'émotion, la verve, la fantaisie, la tendresse et la saine insolence de Vian.
24 janvier 2010
Signets & Marque-pages





Il y en a un peu moins de quatre-vingt dix.
Faut un début à tout.
(cliquez sur les photos pour les agrandir)
20 janvier 2010
Un homme sans tache ?
Un homme sans tache ? La preuve que non !
ou
Eh oui, ce n'est pas toujours le ridicule qui tue.
de mes amis forumeurs :
S'ils s'imaginent qu'ils vont me faire crever en descendant leur saloperie d'escalier, ils rêvent !
ou
J'espère que j'ai pas chopé la galle
moufette
Quel est le con qui a fixé la traine de ma cape aux escaliers ?
La marquise de sade
Faudra que je demande si je peux pas avoir de plumet, moi aussi.
pierre_b
Seguin of the dead
Patmos
J'espère que les écolos vont croire que c'est de l'hermine synthétique !
Baldr
Faudra que je pense à signer mon assurance-vie .
pyjapois
Plutôt en fourrure que nu, pour le bien de l'humanité.
Turlupin
Honorée de nombreuses décorations posthumes, la mémoire de la courageuse chèvre de monsieur Seguin est entretenue par son propriétaire qui ne manque pas porter sa peau lorsqu'il dîne en ville.
Cqfd

Fais chier ... j'ai encore eu la fève !
ou
Faut-il vraiment protéger l'ours des Vosges ?
ou
Herminator, l'empêcheur de dépenser en rond(s).
Pascal

L'ai-je bien descendu (le budget de l'Etat) ?
ou
La voilà, la mauvaise mine, euh, la blanche hermine
ou
Ils sont pas mignons, mes enfants de chœur ?
ou
C'est Noël alors j'ai sorti mes décorations.
ou
Maintenant j'ai tout noir, pas que les pieds.
ou
C'est un bon chien-chien à la République, ça madame !
Saoulfifre
La gueule des Russkofs ! Je suis plus décoré qu'un général de l'armée rouge...
Andiamo
... et enfin, une que j'ai trouvé ailleurs mais je n'ai pas le nom de l'auteur ;
Seguin qui passe l'arme à gauche, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
16 janvier 2010
Les origines de la pipe
En dépit de l'intérêt primordial qu'elle présente à toute réquisition, la métaphysiolopsycopathopipologie n'est pas une science dans le vent, à l'instar de celles qui ont actuellement la faveur du public, telles que l'embouteillosclérologie, la géroncroulantologie, la week-endologie, la skinauticolgie ou la thermopylolologie, cette dernière très ancienne, puisqu'elle remonte au siècle de Périclès où elle fut découverte par Ryngard de Syracuse, avec la collaboration de Dukonos de Tessalionique, Synoch de Smyrne et Salicilate de Méthyle.
A l'inverse des sciences empiriques, la métaphysiolopsycopathopipologie est une science de recherche intégrale à l'état pur, dont le seul objectif est la découverte des origines de la pipe et leur fixation dans l'espace et dans le temps.
De nombreux savants se sont penchés, et se penchent encore, au risque du vertige, sur ce passionnant problème dont nul, jusqu'à présent, n'est parvenu à trouver la solution.
On en est donc réduit, sinon à la mendicité, du moins aux hypothèses.
Celle qui apparaît comme approchant le plus près de la vérité est l'hypothèse émise, au début du XIXè siècle, par l'éminent pipologue français Lassalive-Dujay. Ce qui, soit dit en passant, était la seule chose qu'il pût émettre, étant donné que les émissions, tant celles des Bons du Trésor et de l'EDF, que celles de l'ORTF n'existaient pas à l'époque.
Il n'en a pas moins été un érudit spécialisé de la question, auquel on doit, en dehors de certaines sommes d'argent qu'il ne put jamais récupérer, de nombreux ouvrages remarquablement documentés dont, entre autres, son fameux Essai sur la pipe considérée comme pierre d'angle tubulaire du foyer de l'incandescence universelle en 6 volumes format in petto dont trois brochés au beurre blanc et les 3 autres reliés, entre eux, par une ficelle retorse. Le tout comportant de nombreuses illustrations au pochoir à roulettes et au pinceau à écrevisse.
Dans ce minutieux essai que, malgré ses efforts, Lassalive-Dujay ne put jamais réussir à transformer pour marquer un but, le savant pipologue situe l'invention de la pipe à l'an 1425 avant J.-C. et après un violent orage, en Egypte, sous le glorieux règne du grand roi Thoumès III, surnommé Thoumès basse parce qu'il avait la voix sourde, et serait due à l'ingéniosité d'un esclave affranchi à cinquante piastres en monnaie de l'époque et dont le nom est demeuré fâcheusement inconnu. De part la volonté du Pharaon, d'ailleurs, qui prit très mal la chose et considéra la pipe comme une réincarnation de Typhon, le génie du mal.
Par voix pharaonique de conséquence, il en fit interdire l'usage dans tout le pays, sous peine des plus cruelles représailles; et il tint à prévenir, personnellement, les membres de sa maison royale, qu'à la moindre infraction à l'édit Chatterley - pardon, à l'édit qu'il avait fait publier, il leur ferait couper les prérogatives au ras du privilège. Quant aux gens du peuple, comme de bien entendu, on ne leur demanda pas leur avis. Et il fut vivement conseillé à certains d'entre eux, pipelièrement culottés qui avaient demandé une dérogation, d'aller se faire contempler par les siècles accumulés sur le sommet de la pyramide se Chéops.
Sur quoi, la pipe prit alors, pour le Pharaon, un caractère non pas cunéiforme mais obsessionnel. Et un jour qu'il était particulièrement Pha du Raon, il fit mettre à mort le malheureux inventeur, qui, de surprise et de saisissement, n'en est jamais revenu.
Et puis, quand pour ce Thout de mes deux mès, les temps furent venus rendre sa tiare immortelle aux Présidents-Drecteurs-Généraux de l'Eternel et sarkophagique repos, c'est-à-dire les dieux Hermès, Osiris, Sérapis et Khaméfis - ces derniers étant les ancêtres de la mafia de le drogue - la pipe subit une longue, une très longue, une interminable éclipse.
On n'en retrouve la trace que dix siècles plus tard, vers 493 après les vendanges, à Rome, où elle connut un accueil plus favorable que celui que lui avait réservé le tyran égyptien. Tout d'abord tolérée, elle fut ensuite admise, puis finalement officiellement reconnue par le Sénat, qui vota à l'unanimité le fameuse loi Pipella, la déclarant d'utilité publique, sur proposition du célèbre tribun Spurius Icilius, qui s'en était fait le vilain rapporteur.
Comme on l'imagine, en ce temps-là, la pipe n'avait qu'un très loin rapport avec celle de nos jours. Toujours d'après Lassalive-Dujay, elle affectait, en premier lieu, tous ceux qui n'avaient pas les moyens de s'en payer une, et en second chef-lieu, la forme d'une corne de bélier hydraulique, comportant un fourneau offrant l'aspect d'une moulinette à betteraves, et d'un tuyau offrant, lui, l'aspect d'un filtre à passer le temps.
C'était d'ailleurs tout, étant donné qu'ils n'avaient rien d'autre à offrir.
Ici nous touchons un point crucial de l'hypothèse car, tout naturellement, cette question se pose avec une totale évidence : "Étant donné que, et pour cause, l'herbe à Nicot n'était pas encore introduite en Occident, que fumaient donc, dans leur pipe républicaine, les citoyens romains, à cette époque ?"
A cette pertinente question Lassalive-Dujay répond, non moins pertinemment : "Tout simplement du Saumon du Tibre, de la saucisse du Capitole, du haddock de l'Aventin, du jambon du Palatin, tout en l'étant, et du hareng de la Roche Tarpéienne, lesquels, une fois convenablement fumés, étaient vendus sur le marché commun du Forum, aux enchères tribunitiennes et au profit des légionnaires sous-développés.
Ainsi qu'il fallait s'y attendre, et pour ingénieuse qu'elle fut, l'hypothèse de Lassalive-Dujay fut, et l'est encore, diversement appréciée.
Tout récemment d'ailleurs, elle a été violemment révoquée en doute par le professeur Simund Kouguelfreisserschpotzmüller, l'actuel titulaire de la chaire de pipologie spatiale à l'université de Schweinfürt-sur-l'Oder, en Hesse-Nassau, qui, lui, fait remonter - et plus vite que ça - l'invention de la pipe à l'époque de la pierre dégueulasse et mal dégrossie, qui a précédé immédiatement celui de la pierre polie et bien élevée.
Quoi qu'il en soit, et quelles que soient ses origines exactes, la pipe contemporaine jouit de la faveur et de la considération distinguée des mordus de la bouffarde et des fervents du brûle-gueule.
Par voix fumivore de conséquence, l'industrie pipelière dont, si je ne m'abuse, la capitale est Saint-Claude, dans votre beau pays, est, plus que jamais, florissante et en pleine incandescence d'expansion.
Prospère et rentable, elle porte haut et ferme le label de la qualité française à laquelle, en tant que représentant de la culture israélienne, je me plais à rendre un solennel et vibrant hommage, pour le plus grand prestige du standpiping international et de celui de la France en particulier.
- Mon cher Claude, si avec un titre de billet tel que celui-là, les radars multidirectionnels et sélectivement ratissants de google ne te drainent pas un public à la libido certes momentanément perturbée, mais doté d'une inextinguible curiosité, c'est à décourager Charles Babbage, Tim Berners-Lee, Sergey Brin et Larry Page des incommensurables efforts qu'ils ont du consentir à produire et de l'indéniable imagination doublée d'un sens aigu des affaires qu'ils ont du mettre en commun pour amener le péquin qu'est notre lecteur, à consulter cet article.
- D'ac' avec vous, mon cher Pierre.
Nous remercions, Pierre et moi, René Magritte de sa très aimable collaboration
12 janvier 2010
Johnny alité
Certains symptômes de la hernie fiscale laissent les dermatologues dubitatifs.
de mes amis forumeurs :
Le cancer de la peau bleu-blanc-rouge c'est un peu comme le cancer du gland en forme de tête de madame pompidou
ou
Ce sont les couleurs des Pays-Bas ou du Luxembourg ? En tout cas ce sont celles d'un paradis fiscal
ou
Un bleu en affaires, blanchi par la justice, avec un compte bancaire dans le rouge
ou
C'est pas que j'aime la France, mais ça fait tellement plaisir à mon pote Sarko.
ou
Aqueux, c'est de la peinture à l'eau.
Saoulfifre

Pauvre France, tu jaunis !
ou
Hommage de la France à un chanteur mort : une flamme de la poste.
ou
Nouvelle photo de l'identité nationale, la même pour tous les vrais bons français
Pascal

Papa Johnny n'aime pas souffrir de la joue mais faudrait pas que Laura s'mette à péter les plombs
Cqfd
De sa résidence principale à Los Angeles Johnny lance la mode du tatouage identitaire. Après l'explication de l'utilité du bouclier fiscal c'est la deuxième mission pédagogique acceptée par notre vedette nationale. Nicolas et Eric sont ravis.
marieln
08 janvier 2010
Camouflage
Liu Bolin, de Shandong, en Chine, parvient à se
camoufler dans tous les environnements, quelle que soit la difficulté. Liu travaille
sur une simple photo pendant 10 heures de suite, juste pour s'assurer d'être
parfaitement droit , mais il réalise le bon effet : parfois les passants ne
réalisent pas même qu'il est là jusqu'à ce qu'il se déplace.
Le talentueux Liu Bolin dit
que son art est une protestation contre les actions du gouvernement, qui
arrêtent son studio d'art en 2005 et persécutent des artistes. Il n'est pas
sujet de combat contre la société moderne. En dépit des problèmes avec des
autorités chinoises, les travaux de Liu sont appréciés à un niveau
international.
Ce type se peint, aucune blague, aucune photographie truquée, il se
peint juste...
(cliquez sur les images pour les voir en plus grand)






... et là, faut avoir de bons yeux
04 janvier 2010
Minarets suisses
... sont cons les Suisses, le ciel est toujours bleu au-dessus des minarets !
de mes amis forumeurs
Rachida Dati et sa fille à Disneyland Paris - Lilian Thuram nie farouchement être le père
Cqfd
Bienvenue dans notre château. Les plafonds sont un peu bas, mais Nicolas aime bien l'ambiance.
Rainai
Elle est belle notre identité nationale !
ou
Les deux ménagères n'utilisent pas la même lessive; les couleurs passent-elles ?
ou
Deux générations qui ont connu Bambi Jackson.
Pascal
Scoop : Blanche-Neige est un kangourou
Skywalker
Choc au Pays des Merveilles : Blanche-Neige a trompé le Prince Charmant avec un Suédois.
Mel
Eh oui, petite fille, la nouvelle Blanche Neige a l'air plus vieille que ta mère, bien fait pour ta gueule. Walt Disney
moufette
Premier accouchement en direct chez Disney. Le bébé est âgé de huit ans et sort les pieds en premier !
La marquise de sade
Au petit déjeuner les Suisses bouffent du mueslim, non ?
ou
Blanche-Neige et ses amies ont le sourire ... aux lèvres, il y a des godes de toutes tailles au-dessus de ce château
Elles apprécient aussi le pont-le-vit, même baissé il reste à l'horizontale
Et pis elles ont réussi tous leurs créneaux
Elles attendent le Prince de Lu. BN lui mettra la main au panier et la petite s'occupera des galettes.
ou
Jolie mosquée. Allah accapare !
Saoulfifre
01 janvier 2010
MMX
28 décembre 2009
Sacrées Vierges
Certains d'entre vous pensent peut-être que la religion catholique est la seule à faire croire à ses crédules adhérents à la naissance de leur prophète via une vierge. Et bien non, voici un passage du dernier ouvrage de Christopher Hitchens "Dieu n'est pas grand".
"Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte par la vertu du Saint-Esprit, avant qu'ils eussent habité ensemble." Bien sûr, et le demi-dieu grec Persée naquit après que Jupiter, déguisé en pluie d'or, eut fécondé sa mère, la vierge Danaé. Le dieu Bouddha vint au monde par une ouverture dans le flanc de sa mère. Coatlicue (littéralement : jupon de serpent) attrapa une pelote ornée de plumes qui volait au-dessus de sa tête, la cacha dans son sein, et ainsi fut conçu le dieu aztèque Huitzilopochtli. La viege Nana cueillit une grenade dans l'arbre au pied duquel avait été tué Agdestris, la cacha dans son sein, et donna naissance au dieu Attis. La fille vierge d'un roi mongol s'éveilla une nuit baignée d'une grande lumière, et se retrouva ainsi enceinte de Gengis Khan. Krishna naquit de la vierge Devaka, Horus de la vierge Isis, Mercure de la vierge Maia, Romulus de la vierge Rhea Silvia. Pour une raison quelconque, beaucoup de religions se croient obligées de considérer la voie de la naissance comme un sens unique ...
Dans le même ouvrage Christophe Hitchens raconte :
Une semaine avant le 11 septembre 2001, je participais à un débat public avec Denis Prager, l'un des télévangélistes les plus connus des Etats-Unis. Il me défia de répondre à ce qu'il appela "une question directe, oui ou non", et j'acceptai volontiers.
"Très bien, dit-il. Imaginez-vous dans une métropole inconnue au crépuscule. S'approche de vous un important groupe d'hommes. Vous sentirez-vous plus ou moins en sécurité si vous apprenez qu'ils sortent d'une réunion de prière ?"
A l'évidence, ce n'est pas une question à laquelle on puisse répondre simplement par oui ou par non, mais je n'ai eu aucune difficulté à la traiter comme si elle n'avait rien de théorique.
"Pour me limiter à la lettre "B", j'ai effectivement fait cette expérience à Belfast, Beyrouth, Bombay, Belgrade, Bethléem et Bagdad. Dans chaque cas, je peux affirmer, en précisant mes raisons, que je me serais senti menacé si j'avais pensé que le groupe d'hommes qui s'approchait de moi à la tombée de la nuit sortait d'une cérémonie religieuse."
25 décembre 2009
La crèche vivante
Il y a des villages dont le nom est lié à une grande bataille, d'autres à une certaine variété de truffe, des villages qui deviennent célèbres parce qu'ils ont donné naissance à un poète, à un acteur, à un maffieux. Il y a des villages connus pour un monastère ou un carnaval, un vin ou une série de vengeances, il y a des villages dont nous nous souvenons parce qu'on y a jeté une bombe atomique, ou à cause d'un crime horrible, ou à cause d'un gâteau typique, ou d'une sortie d'autoroute.
Depuis toujours mon petit village, même s'il est divisé entre blasphémateurs et bigots, est célèbre pour sa crèche vivante.
De toutes les crèches, la plus bizarre dont je me souvienne est celle du Noël d'il y a vingt ans. Exactement un an avant le tremblement de terre, lorsqu'il tomba un mètre de neige pendant une semaine et que Morgante, le chauffeur routier, quitta la route à cause du verglas, s'arrêtant au bord d'un ravin, comme en témoigne l'ex-voto exposé à la maison du peuple. Comme je l'ai déjà dit la mise en scène de la nativité a toujours fait notre renommée, surtout à cause de la rivalité avec les autres villages créchistes de la vallée. A l'époque, le comité de la crèche était composé de don Carambola, responsable de la conformité historique et religieuse de la représentation, ainsi que de Penna, le maire, responsable de l'exécution et de la sécurité, et de Luciana la couturière, scénographe et costumière. Hélas, tous les trois ont aujourd'hui disparu, et ils n'ont jamais été remplacés dans nos cœurs. Cette année-là nous voulions faire les choses en grande pompe parce que le village limitrophe de Castelchiaro avait annoncé une crèche sensationnelle sponsorisée par le supermarché Lampadaires, avec des lumières partout, et un ange clignotant. Ils avaient aussi la meilleure Sainte Vierge, une jouvencelle qui pouvait rester immobile pendant des heures sans ciller : nous étions sûrs qu'ils la droguaient. Montevello, le village au-dessus du notre, possédait un atout : deux cents brebis vivantes autour de l'étable. Après la représentation la place était tapissée de merde, mais l'effet était assuré. Ca' di Basso avait le meilleur enfant Jésus, un nain qui chantait avec une voix mélodieuse, et le meilleur bœuf, un mastodonte blanc qui soufflait de la vapeur comme une cheminée d'usine. Nous devions donc rivaliser avec tout ce déploiement de moyens pour trouver tous les ans de nouvelles idées. Morgane proposa :
- Faisons la crèche dans un camion, la Sainte Famille dans la cabine, le bœuf et l'âne dans la remorque.
- Oui, et Dieu en agent de la circulation, commenta don Carambola, agacé.
Mais Ato, l'idiot du village, s'écria :
- Moi, ça me plairait !
Et comme don Carambola écoutait souvent Ato, il fit une concession : le jour de l'épiphanie, au lieu d'arriver à dos de chameau, les Rois Mages arriveraient en camion. Les préparatifs commencèrent. Mais cette année-là, tout fut difficile, et nous eûmes bien du mal à trouver les personnages principaux. La crèche vivante, comme on a coutume de le dire, brûle ses stars. Maria Carmela, qui depuis trois ans incarnait la Viege, s'était retrouvée enceinte, non de l'Esprit-Saint, mais d'un aubergiste laïque. Il aurait fallu élire une miss Sainte Vierge, mais ce n'était pas facile car c'était un village de vieux et de vieilles. Certains proposèrent aussitôt Ludmilla.
- Mais c'est une étrangère ! objectèrent les bigotes. En plus on raconte que dans son village elle circulait armée.
- Elle vient toujours à la messe, c'est une vraie travailleuse et c'est une jeune fille charmante, répondit don Carambola.
Pendant qu'il disait "une jeune fille charmante", c'était comme si devant sa soutane défilait le sous-titre "une sacrée belle pétasse". Ce fut ainsi que, à la barbe des traditionalistes et des xénophobes, nous choisîmes pour la première fois une Sainte Vierge blonde et étrangère. Pour Joseph, chaque année le choix était de plus en plus compliqué. Le saint d'il y a quelques années, par exemple, avait pris une cuite et on l'avait retrouvé endormi dans la mangeoire : la Vierge était furieuse. Le Joseph de l'année suivante était un brave garçon, mais sa fausse barbe tombait toujours, il était un peu gay et faisait de l'œil à l'ange. On trouva enfin un Joseph parfait, barbe fauve, yeux clairs, ouvrier catholique, ébéniste. Mais il se maria et pris vingt kilos : au bout d'un an, il était parfait dans le rôle du bœuf. On engagea alors un Joseph d'un autre village, grosse barbe noire, regard halluciné.Malheureusement il était allergique à la paille. Au bout de deux minutes, il se mit à éternuer comme un obus, et un lapilli de morve très visible atterrit sur la tête de l'enfant. Après quoi, il fut pris d'une crise d'asthme et commença à enfler. On l'emporta sur une civière. Et donc, cette année-là, Morgante proposa son collègue Donato. Il avait beau être un Méridional, il était grand et blond, avec une barbe hirsute.
- Non, dit le curé, ce type jure comme un charretier tous les matins, dès l'heure du cappuccino.
- Mais c'est un brave garçon, travailleur et respectueux du code de la route, dit le maire.
- S'il promet de ne pas proférer de jurons, ça ira, concéda don Carambola.
- Il n'en est pas question, répondit Donato quand on lui fit la proposition. Je ne vais pas me faire chier, planté dans le froid, un bâton à la main, avec un moutard qui chiale dans la paille. Et va savoir quelle grenouille de bénitier jouera la Sainte Vierge ...
- Ce sera Mlle Ludmilla, dit la couturière Luciana, avec un regard flamboyant et paranymphe.
- Ludmilla, la blonde, celle qui bosse chez le boulanger ?
- Elle-même.
- Alors, si vous n'avez personne d'autre ... dit Donato.
Après quoi il alla réparer son carburateur, car rien ne le défoulait autant que de tremper les mains dans le cambouis. Il se donna des coups de marteau sur trois doigts, cassa un tournevis et épuisa ainsi son quota de jurons de tout le mois, puis il se présenta tranquillement devant Luciana la couturière. Il fut équipé d'un gilet de mouton, de sandales à lanières et d'un bâton. Le gilet était un repaire d'insectes, les lanières lui étranglaient les mollets, le bâton puait la merde. Mais Donato oublia toute odeur et tout embarras quand Ludmilla fit son apparition. Le voile bleu ciel lui couvrait la moitié du visage, mais l'autre moitié suffit pour actionner les pistons dans le cœur de Donato.
On les plaça côte à côte dans la cabane, avec l'enfant Jésus, incarné cette année-là par un certain Luigino, celui qui, plus tard, se spécialisa dans les agressions de pompistes. Une grande chute de neige chorégraphique commença, mais les deux époux ne s'en aperçurent pas ; ils se regardaient, extasiés. Le bœuf eut une crise de chiasse et péta sur tous les tons du pentagramme, mais les deux autres ne s'en aperçurent même pas. L'enfant Luigino, fils de forgeron, et donc robuste, mais non athermique, commença à prendre une teinte bleuâtre, qu'ils ne remarquèrent pas plus que le reste. Ce fut l'ange, c'est à dire Augusto, pizzaiolo dans la vie terrestre, qui signala que l'enfant avait besoin qu'on le réchauffe.
On glissa une couverture chauffante dans la paille, tout faillit brûler mais, naturellement, les deux amoureux s'en aperçurent.
Joseph et Marie furent donc incités par don Carambola à plus de concentration, et quand onze heures sonnèrent, tout était prêt. Devant la cabane, éclairée par les phares du camion de Morgante, étaient disposés plusieurs figurants, entre autres douze bergers avec brebis sur les épaules. Comme toujours Ato était le plus mal loti, la sienne lui chiait sans arrêt dans le cou. Il y avait aussi les porteuses d'eau, le dormeur, et les deux paysannes avec des œufs. Morgante, dans le rôle d'un bucheron lisait L'Unità pour tuer le temps et fut réprimandé. L'ange oscillait, la comète, ornée de paillettes par la couturière Luciana, brillait de mille feux. Le bœuf et l'âne avaient été calmés après un début de bagarre ; le bœuf avec une overdose de lentilles, l'âne avec une mystérieuse injection du vétérinaire.
Résultat : le bœuf rotait et l'âne ronflait. Les deux principaux interprètes demandèrent s'ils pouvaient aller boire quelque chose de chaud. A minuit, quand la procession des spectateurs arriva devant la crèche, certains remarquèrent que Joseph avait une trace de rouge à lèvres sur son col, et la Vierge plusieurs épillets et fétus de paille sur son voile, sûrs indices de cabrioles. Mais c'était Noël, ils furent pardonnés. Le Jour de l'an, ils vivaient déjà ensemble. Pour l'épiphanie, les Rois mages firent leur entrée triomphale à bord du camion. Il n'y avait que Gaspard et Balthazar : Melchior, ivre, était tombé de la caisse. Mais ce fut quand même un succès. Comme le dit Morgante, complètement bourré et triomphant :
- C'était une crèche parfaite. Il ne manquait que Lénine.
Don Carambola fit comme s'il n'avait rien entendu.
22 décembre 2009
Champagne, 19 décembre
19 décembre 2009
Tu me fais de l'ombre, ordure !
Tim Noble et Sue Webster sont deux artistes britanniques dont les oeuvres
sont étranges.
Avec des matériaux courants ramassés dans les rues de
Londres, ils ont réalisé quelques montages qui regardés seuls, paraissent
hétéroclites. Mais si l'on dispose une source de lumière d'une façon
stratégique, les ombres portées sont stupéfiantes de réalisme et de détails.
Les deux dernières images sont l'oeuvre du Japonais Shigeo Fukuda récemment décédé et qui fut l'un des premiers artistes qui ont cultivé cette forme d'art exceptionnel.









































