On ne se rend pas compte, mais le métier de politique ou de journaliste pipolisé n'est pas une sinécure. En plus d'amuser le pékin au 20 heures télévisé il faut assurer quelques "ménages" pour pouvoir emmener maman aux sports d'hiver ou expédier  les mômes à la dernière sortie organisée par un des rejetons sarkoziens. La vie du pingouin télévisuel ou sénatorial n'est pas toujours de tout repos.

La preuve m'en a été apportée dans mon canard d'entreprise. En page 7, j'ai appris  que ma boîte avait obtenu un prix (le prix de la gestion du changement !?!) distribué par une entreprise fournissant des périphériques multifonctions. Je n'ai pas bien compris pour quelle raison nous avions obtenu ce prix, est-ce que cela vient d'un contrat important que nous avons signé avec cette société ? est-ce qu'à l'occasion de cet achat nous avons particulièrement assuré en matière de gestion du changement ? Ce n'est pas dit dans l'article. Par contre, et j'en reviens à mon premier paragraphe, quelle qu'en soit la cause il n'en demeure pas moins vrai que ce prix nous a été attribué par un jury constitué de chefs d'entreprises et d'élus de la République présidé par ... sonnez trompettes résonnez hautbois ... Christine Ockrent et Guillaume Durand. Ca vous épate, hein !

Que des personnages de cette importance aille prendre le temps de présider un jury composé de chefs d'entreprises et d'élus de la République (au fait, est-ce bien pour ça qu'ils ont été élus ?) pour le compte d'un vendeur de bécanes et de consommables qui vient de réaliser une bonne affaire, est-ce que ce n'est pas ça qu'on appelle "faire des ménages" pour ce genre de population.

Ce qui sort de l'ordinaire également c'est que ce prix nous a été remis par Jean-Pierre Raffarin.
Comment, vous ne vous rappelez plus de lui ?
C'est un ancien premier ministre, celui d'avant Galouzeau, du temps de l'ancien président, celui d'avant le petit teigneux.

Eh oui, c'est ça la destinée, il y a quelques temps on était le personnage le plus important du gouvernement, on pensait laisser son nom à la postérité grâce au tour de passe-passe qui avait permis de piquer un jour de congé à une population dont une partie a cru que c'était au bénéfice des rescapés de la canicule, et on se retrouve remettant un gadget d'or devant un parterre de notables énamourés. Si il n'y prend garde, le gars Jean-Pierre, il va se retrouver dans l'arrière salle de la mairie de Mézitout (dans l'Oigne) en train de remettre le saucisson de 3 kilos au vainqueur du loto bimensuel organisé par cette charmante petite commune.

connerie

(crédit photo : René Maltête)