Gourmandise, péché, volupté, douceur, le chocolat est, plus qu'un aliment, un cadeau de la nature. Mais aussi une thérapie antistress, si on sait en consommer régulièrement, avec modération et donc sans culpabilité.

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Le jour où j'ai découvert qu'on pouvait manger du chocolat sans pain fut pour moi celui d'un saut de Chocolat3civilisation. Dans ma famille, il était établi que le chocolat "faisait mal au foie". Je compris plus tard qu'il y avait là une légende sans faille pour nous donner, à l'heure du goûter, un énorme morceau de pain et un petit "doigt" de chocolat perdu au centre de la miche. A l'époque, les tablettes Menier (les seules que j'aie jamais vues chez moi) n'étaient pas composées de carrés mais de doigts de 10 cm sur 2.
Aujourd'hui les linéaires des grandes surfaces proposent un choix énorme de chocolats noirs, blancs ou au lait, d'excellents noirs à 70 ou 80%, de délicieuses tablettes équitables Alter Eco. Et dans les boutiques des grands chocolatiers, dignes de celles des joailliers, il faut de l'expertise pour choisir entre toutes ces fèves de provenances diverses et ces multiples concentrations de cacao.

Originaire d'Amérique du Sud où il poussait à l'état sauvage (son fruit était consommé sous forme liquidecacaoyer par les Amérindiens), le cacaoyer est désormais cultivé en Afrique et en Asie.Si le Brésil founit 11% de la production mondiale, 60% des cultures se trouvent en Afrique, notamment en Côte d'Ivoire. Depuis la révolution industrielle, on le déguste aussi sous forme solide. Les fèves de cacao sont fermentées, torréfiées, broyées jusqu'à former une pâte liquide dont on extrait la matière grasse, appelée le beurre de cacao. Le chocolat est constitué du mélange, dans des proportions variables, de pâte de cacao et de sucre. Plus il est concentré en cacao, moins il est riche en sucres, meilleur il est pour la santé.
Qu'est ce qui permet à un aliment de traverser les millénaires et les continents ? Ses vertus thérapeutiques. On attribue l'origine du cacaoyer à Quetzalcoatl, dieu aztèque de l'air, de la lumière et de la vie. Cet arbre était sacré et la boisson de cacao censée nourrir même par-delà la mort. Avec le temps, on ne lui attribuait plus que des effets aphrodisiaques, aujourd'hui traduits en qualités énergétiques et antistress.

Ses vertus sont multiples, à la condition qu'il soit consommé avec modération (ce qui ne signifie pas grand chose, chacun ayant une idée différente de la modération : note du recopieur). Il est :

  • énergétique : 100 grammes de chocolat au lait apportent 550 calories alors que 100 grammes de viande apportent 170 calories.
  • tonique : il contient de la théobromine, qui agit comme la caféine, de la vitamine B, B2, PP et du potassium, du magnésium, du calcium, du fer.
  • digeste : les graisses de cacao sont des graisses non saturées, qui se digèrent facilement.

Son action psychologique est incontestable : la consommation de chocolat génère la secrétion d'endomorphines, substances euphorisantes et calmantes

Perla Servan-Schreiber

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