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Pour arriver sur le quai Branly il faut, lorsqu'on sort du métro le plus proche, traverser la Seine. Cette opération s'effectue par l'intermédiaire de la passerelle Debilly. On aboutit ainsi dans les jardins du musée des arts premiers.

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Munis de billets achetés à l'avance, afin d'éviter la première file d'attente, si vous êtes arrivés un peu tôt, vous pourriez avoir la tentation de vous rendre à la cafétéria gardée par une énorme sculpture de la famille de l'ile de Pâques.  Ce serait une erreur. Nous l'avons testée. L'expresso se contente d'être hors de prix, mais le capuccino, à quatre euros cinquante est, de plus, franchement imbuvable.

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Le mur végétal

 

A dix heures tapantes les portes s'ouvrent. Vous passez à travers un détecteur de métaux qui se met à chanter à chaque visiteur; le vigile se contente de vous demander si vous n'avez rien de répréhensible sur vous, gentiment, pour le rassurer, vous lui répondez que non et il vous laisse passer.

 

Vous voilà dans le hall. Vous ne coupez pas à l'inévitable photo sous cadre de l'inspirateur de ces lieux, notre primitif à nous, le grand Jacques. Vous empruntez alors une rampe qui, avec une douce inclinaison, vous conduit au coeur des collections. Cette allée fait le tour d'une partie des réserves vitrées qui vous permettent d'admirer une collection impressionnante d'instruments de musique; on trouve là  les ancêtres  des instruments à cordes, à vent et des percussions de toutes sortes. Sous vos pieds des aphorismes et de petites vidéos sont projetées et éclairent vos pas.

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Même à l'ouverture la foule est présente. Nous n'avons pas suivi le parcours "normal" et la visite commence par les Amériques. Les photos sont interdites, les carnets de notes et de croquis sortent des poches.

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L'histoire de l'Amérique débute lors des dernières glaciations, entre 50000 à 10000 ans avant JC (Jacques Chirac); le continent est peuplé de chasseurs venus d'Asie. Les cultures amérindiennes s'épanouissent, coexistent et se succèdent au sein de grands ensembles culturels. Cette partie de l'exposition comporte des tissus, des instruments de musique, des masques et objets de rituels. On y trouve également des objets usuels inuit: couteaux, supports de harpons en ivoire de morse. Suivent des masques (dont un articulé) d'Indiens de la côte nord-ouest, des vêtements des Indiens des plaines, des poteries amazoniennes, des bijoux. Les vêtements et textiles amérindiens sont riches de motifs reportés sur les carnets de croquis. Les objets, cuiller avec un manche "oiseau, casse-tête de Guyanne ou du Canada (Huron), vases de Bolivie et mortier Inca sont magnifiques. Sur les tissus et les poteries, les dessins semblent avoir inspiré Eischer. Beaucoup de vitrines renferment des sculptures des peuples des Andes.
Cette partie américaine est séparée de la partie "Afrique" par un ensemble instruments de musique.

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Ces instruments de musique que l'on retrouve également dans les autres parties du musée sont divisés en quatre grandes familles: les aérophones (mise en vibration de l'air), les cordophones (vibration de cordes qui sont pincées, frottées ou frappées), les membranophones (une ou deux membranes frappées ou frottées) et les idiophones (la matière rigide qui constitue le corps de l'instrument est mise en vibration par choc, secouement, pincement, raclement ou frottement).

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La partie Afrique me semble la plus riche. Elle comporte des oeuvres qui couvrent le continent du Maghreb jusqu'aux régions australes et orientales. On y trouve des tissus, des bijoux et objets religieux, beaucoup de masques, des totems impressionnants. C'est vraiment la partie que j'ai préféré.

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La partie Asie est également importante. Elle doit être complémentaire aux collection du miusée des arts asiatiques (le musée Guimet) qui se trouve à quelques rues d'ici. Elle est très riche étant donnée la diversité de ses populations. Beaucoup de vêtements d'apparats, de coiffes et de textile, une superbe soie peinte : le rite du Premier Sillon de l'empereur Yongzheng qui reproduit une cérémonie annuelle, une figure en peau d'âne qui servait à un montreur de théâtre d'ombres, des masques de rituels, de très belles selles précèdent des bijoux et objets en bronze.

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Une nouvelle réserve d'instruments de musique et nous voilà dans la partie Océanie. Les oeuvres sont également très variées puisque nous allons aller de l'Australie à la Mélanésie en passant par l'Insulinde et la Polynésie. C'est encore une succession de masques de matières diverses (os, coquillages, plumes, bois, fibres végétales, écorce, fougère arborescente et même toile d'araignée), de superbes boucliers aux motifs reproduits sur le carnet de croquis et qu'on retrouvera certainement dans un tableau de Laëtitia, des statuettes, des objets funéraires, des objets "de pouvoir", de magnifiques tapas (étoffe d'écorce battue et décorée par des femmes), des peintures aborigènes. A ce propos, une chambre des écorces recèle une collection de peinture sur écorce d'eucalyptus d'un territoire aborigène du nord de l'Australie; les motifs étaient peints à l'origine sur les parois rocheuses, certains motifs ont été reproduits sur écorce à l'aide de pigments naturels. L'Insulinde est représentée par des ornements et bijoux en or qui s'inscrivaient dans un réseau d'échanges complexes entre familles mais assuraient également une médiation entre le monde des vivants et le monde surnaturel.

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Plus de trois heures se sont passées lorsque nous achevons la visite de l'exposition permanente. Renseignement pris, il est possible de sortir du musée pour manger et de revenir l'aprés-midi.

Echaudés par l'expérience de la cafétéria, nous n'avons pas jugé bon de tester le restaurant du musée et nous avons trouvé à l'extérieur, à 300 mètres, un excellent "Indien", le New Jawad, au n° 12 de l'avenue Rapp, je vous le recommande.

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Nous sommes ensuite revenus pour voir les deux expositions temporaires: les masques ciwara et une exposition d'objets et de photos recueillis par l'ethnologue Georges Condominas entre 1948 et 1950 dans le village vietnamien de Sar Luk intitulée : nous avons mangé la forêt. Cette dernière visite a été agrémentée par les commentaires d'un visiteur qui avait "fait l'Indochine" et qui nous a coloré l'exposition d'anecdotes vécues.

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Nous avons ensuite passé prés de deux heures dans la bibliothèque remplies de revues et de bouquins d'art à compléter nos croquis et nos notes. Quel plaisir de feuilleter ces documents dans cet endroit feutré et reposant.

Nous avons terminé notre visite par un tour à la boutique/librairie bourrée de monde et de prix surprenants. On y trouve par exemple un sac à main en tissu fait par des femmes vivant dans un bidonville éthiopien étiqueté à 80 euros. On a beau avoir l'âme "équitable", le salaire "concurrence due à la mondialisation" a du mal à suivre.

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Une dernière petite remarque sur ce lieu merveilleux de découvertes et de trésors où je reviendrai certainement au gré des expositions temporaires et du nouvellement de l'exposition permanente (les réserves du musées sont riches de dons variés), un détail trivial, certes, mais important, si l'on veut soulager un besoin "premier", le nombre des endroits dévolus à cette contingence "primitive" est dramatiquement réduit étant donnée l'affluence.


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Points de repères :

Le musée du quai Branly

Nous avons mangé la forêt

Les masques Ciwara

Le salon de lecture Jacques Kerchache

Le jardin


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PS : les photos d'oeuvres qui illustrent ce billet ne suivent pas l'ordre de la narration; elles sont là pour aérer le textes et sont issues de documents des bibliothèques d'Air France et de Moissy Cramayel. Ces oeuvres figurent toutes au musée, et font partie de l'exposition permanente.