06 novembre 2009
Le chant du départ
Samedi dernier, petite fête pour marquer le départ de ma nouvelle vie après avoir quitté mes obligations salariées remplies avec une conscience proche de l'abnégation durant 43 années sans interruption.
Ca faisait plusieurs mois que quelque chose se tramait. Des conversations s'arrêtaient lorsque j'arrivais, des courriers et des mails m'étaient cachés, on me demandait de sortir faire une course, on s'inquiétait de mes horaires de présence à la maison, etc. Ces derniers temps, ça s'était même aggravé, il est arrivé que l'on me foute dehors pour une promenade forcée que je devais prolonger par un séjour chez ma fille en dehors de ma maison !
N'étant pas entièrement lobotomisé par ma vie de labeur, je me suis bien douté que ça avait quelque chose à voir avec ma sortie du système salaires.
Il s'agissait de la préparation d'une fête qui aurait lieu à Saint M'Hervé, une charmante commune d'Ille-et-Vilaine où Elisabeth occupe le poste de 3ème adjoint, mais surtout, qui est dotée d'une salle des fêtes remarquable et peu chère par rapport à ce qu'on trouve dans la région parisienne.
Afin qu'un maximum de monde puisse en profiter, le jour J était inclus dans les congés scolaires de la Toussaint puisqu'il s'agissait du samedi 31 octobre.
Lorsqu'on a enfin consenti à me parler de la chose, j'ai dressé ma liste d'invités en fonction de mes différents cercles de relations. Hélas, le monde virtuel auquel je tenais beaucoup a fait défaut, mais je ne lui en veux pas, il y a en effet des priorités à gérer et on n'est pas toujours maître de son état de santé.
Il y aurait donc à peu près 80 invités, ce qui représente déjà, du point de vue de l'organisation, une lourde tâche.
L'organisation puisque j'en parle, a été prise en charge par Elisabeth, assistée de Nathalie, Laëtitia, Fabrice, Nicolas, Cyril et Lucile qui ont coordonné les différentes tâches : réservation de la salle, production d'idées de décoration (j'avais, à leur demande, proposé comme thème le fantastique), lancement des recherches de déguisements, écriture des sketchs, chansons et spectacles, montage du repas avec recherche des fournisseurs, création des costumes.
Et le 31 octobre est enfin arrivé; reportage en images.
Préparation de la salle : (rappel, vous agrandissez les photos en cliquant dessus)
L'entrée, le hall, le sas, la salle et la cuisine
Installation des tables, des couverts, des fanions ...
... les chandeliers, la fontaine, système d'accrochage des fanions ...
... pliage des serviettes, installation des verres (1ère tournée), promenade de p'tit prout ...
... les fanions (dessins Fabrice, coloriage leslie, Babeth et Charly) ...
... l'arbre aux voeux, la table des cadeaux et le tableau mystère ...
... installation du sas d'entrée ...
... le coin de Fred, le DJ, son matos, ses câbles ...
... et la fontaine de Fabrice (de fête en fête de plus en plus inventive et imposante)
Ici un petit arrêt descriptif
Le système et le moteur (une pompe aquarium) sont cachés sous les tréteaux.
Le
liquide arrive par la bouche du masque (signé Claudius), il passe
ensuite dans la cage d'un rat*, puis serpente le long d'un cylindre et
est transporté par un tube de cuivre jusqu'à un récipient posé sur un
vase en verre contenant des poissons; un autre tuyau emmène le liquide
jusqu'à la fontaine en passant près du samovar. La coupe du samovar
contient un système produisant couleur et fumée.
La plateforme est
agrémentée de deux de mes sculptures qui figurent habituellement dans
le bassin de mon jardin; les poissons nous les ont gentiment prêtés.
*
le délire créatif de Fabrice a été bridé, en effet, le rat a été
remplacé par un hamster et Fabrice avait également prévu d'inclure à
son œuvre des bocaux de formol contenant serpents et crapauds.
La censure est partout ... même dans la famille.
Je suis avec toi, Fafa !
Et enfin le coin photo par lequel chaque arrivant devra passer avant d'entrer dans le sas puis dans la salle
Les personnages
La soirée et la nuit ont été mises en musique par l'excellent Fred que je vous conseille de consulter si vous avez besoin d'un DJ de qualité avec, ce qui ne gâte rien, une très belle voix : Calypso Production
Babeth m'avait demandé de confectionner des statuettes , les Claudius d'Or afin de doter certains jeux d'une récompense
Je les ai réalisé en argile blanche; les figurines ont été ensuite cuites à 980° puis recouverte d'une fine couche d'or fin (on dirait de la peinture acrylique tellement c'est bien fait) par Lucile.
3 de ces Claudius d'Or ont été attribués aux trois premiers du concours des déguisements. Le jury était composé de l'assistance toute entière qui a été chargée de voter pour leurs trois préférés. Le premier avait 3 points, le second 2 points et le troisième 1 point. C'est Fred, notre DJ qui a procédé au comptage (c'est le seul qu'on a trouvé d'assez honnête parmi les présents, il faut dire que c'est le seul qui, bien que déguisé lui aussi, n'a pas participé au concours).
Résultats :
1ers : la famille Pierrafeu : Laëtitia, Nicolas et Noah, dit "p'tit prout"
2èmes : le groupe Super Mario, Peach et Luigi : Romain, Audrey et Damien
3èmes : Marge et Omer Simpson : Laurence et Gérard
étant donné les pouvoirs exorbitants que je me suis attribué lors de cette soirée, j'ai accordé un Claudius d'Or supplémentaire à Peter Pan et sa fée Clochette, Cyril et Nathalie, dont j'ai regretté l'absence au classement.
Sachant que vous, pauvres lecteurs, vous n'avez qu'un léger pouvoir de contestation, vous pouvez exprimer vos préférences dans les commentaires.
Le repas :
Le repas a été confectionné par un traiteur (pour la partie froide) sur des recettes données par Lucile et Elisabeth. La partie chaude a été prise en charge par Fabrice et ses aides (7 heures de cuisson pour un jambon à l'os) et le traiteur s'est également chargé du gratin dauphinois d'accompagnement, les gâteaux viennent d'une excellente patisserie de Vitré.
Le menu était imprimé sur un parchemin enroulé dans une éprouvette marquée au nom de l'invité, ce qui a permis de désigner les places sur les trois tables surmontées de leur fanions :
Solution de Trolligo-aliments
Fraicheur de pescadouille dégoulinante
Tubercules cubiques et leurs lambeaux de porcinouille
Granulés africains aux roubignolles anhydritisées à la mode d'Hollywood
Tronçonnade ensanglantée et sa bufflonade à l'herbe qui chante
Filaments de feuilles pétantes à la mosaïque de cube
Tourbillonnade de cucurbitacées verdoyantes aux limaces irradiées
Herbe urticante à la charpie de trolls
Régurgitation de mammouth volant et tronçonnade de queue d'ogre
Cuissot de phacochère au jus de trolls et gratinades de tubercules
Farandole de fermentation lactique et ses mauvaises herbes du marais
Calinothérapie stomacale
Nectars de Bacchus
Tout le monde étant encore debout le lendemain, et personne n'étant mort de faim, nous en avons déduit que tout était parfaitement dégustable.
et, durant 7 heures
Pendant ce repas a eu lieu la soirée spectacle avec différents numéros préparés par les invités et auxquels, parfois, j'ai été convié sans aucune préparation ni répétitions, ce qui me permet de m'excuser des ratés dans les chorégraphies.
Il y eu tout d'abord un sketch à partir des aphorismes (bien ciblés sur Claudius, bande de sapajous), très bien interprété par Titouann, Charly, Leslie et Alexandre, les phrases choisies :
- Toutes mes tentatives de régime se sont soldées par un bide !
Le chat est comme la sauce bolognaise, il retombe toujours sur ses pattes.
J'ai demandé à un ami de mesurer mon tour de taille, il devrait être là dans quelques minutes.
Moins on a de souffle et plus on doit souffler de bougies. C'est dingue, non ?
Chez les gros, il y plus de place pour la beauté intérieure que chez les autres.
puis 2 chorégraphies, créées par elle-même, de Leslie sur les musiques de Marcia Bailar des Rita Mitsouko et sur un zouc endiablé (ça a bien changé les majorettes, depuis le temps),
ensuite un superbe morceau d'anthologie adapté d'un sketch des inconnus, Biouman mis en scène et joués par Alexandre dans le rôle du méchant, Leslie dans le rôle de la gentille, Nicolas , Fabrice et Cyril en sauveteurs qui se transforment en force rouge (Babeth), force bleue, Laëtitia et force jaune (et marron derrière), Nathalie.
Fred, notre talentueux DJ a initié 10 d'entre nous au gonflage de ballon/saucisse (c'est un sacré coup à prendre) et à la confection d'animaux avec le résultat. A cette occasion Claude (de Jatteau) a gagné un Claudius d'Or pour être arrivée la première à produire quelque chose qui ressemblait à un chien.
Intervention des amis de La Vie de Jatteau : "Au boulot" (sur l'air "d'au suivant "de Jacques Brel), puis "Ode à Claude" et enfin "La pauvre !!!" interprétés par Sophie, Laurent, Anne, Arnaud, Claude, Alain, Véronique, Dominique, Philippe, Isabelle, Laïna, Quentin, Romain et Loïc.
Il y eu ensuite un superbe tableau musical de près d'un quart d'heure avec costumes et chorégraphies des onze pays ou villes que j'ai visité : "Le Tour du Monde de Claudius" : France, Belgique, Espagne, Tunisie, Brésil, New York, Venise, Grèce, Maroc, Québec et Allemagne.
Les Clodettes sont montées en scène pour "Magnolias For Ever" : Lucile, Laëtitia, Nathalie et Babeth et j'ai du, au pied levé, c'est le cas de le dire, remplacer Cloclo qui n'avait pas pu venir cause d'applique défaillante.
Une superbe idée ensuite, sur la base des chaises musicales, qui va m'assurer 12 soirées sympatoches en 2010. Il s'agit des contrats "Claudius".
Douze
personnes qui représenteront les 12 mois de l'année sont venues sur scène avec leur chaise. Nicolas lance un défi,
tout le monde le relève et revient à sa place, mais entre temps Nicolas
a enlevé une chaise; il y a donc un perdant par défi.
Le perdant doit inviter Claudius, n'importe quel jour du mois qu'il représente, à participer à une activité.
Le douzième, le gagnant, est lui, invité par Claudius en novembre 2010.
Chacun part avec un Claudius d'or
le résultat :
Décembre 2009 : "petit papa Noël" : visite d'un marché de Noël : Monique
Janvier 2010 : "Vive les rois" : dégustation d'une galette des Rois sans oeufs : Béatrice
Février 2010 : "C'est Mardi Gras" : soirée déguisée : Marika
Mars 2010 : "Vive les narcisses" : repas thématique jaune : Michel
Avril 2010 : "Poisson d'avril" : préparer un poisson d'avril : Gérard
Mai 2010 : "fait ce qu'il te plait" : fais ce qu'il te plait mais avec Claude : Philippe
Juin 2010 : "La musique est en fête" : célébration de la fête de la musique : Arnaud
Juillet 2010 : "Ca chauffe, ça chauffe" : barbecue partie ou repas thématique rouge : Patrick
Août 2010 : "Sea, sexe and sun" : soirée thématique sea, sexe and sun : Yolaine
Septembre 2010 : "l"automne approche" : balade en forêt : Laurence
Octobre 2010 : "C'est halloween !" : repas à base de citrouille : Laurent
Novembre 2010 : "Vive le gagnant" : Claude invite le gagnant qui est Alain
Enfin, un dernier tableau : les Village People dans "YMCA" avec Nicolas, Cyril, Alexandre, Fabrice et invité surprise : Claudius
... tout le monde est venu nous rejoindre sur la piste et nous avons sudoriparé en cadence jusqu'à l'heure de la soupe à l'oignon, aux alentours de 5 heures du matin, entraîné par la musique et les chansons de Fred.
Oups, j'allais oublier de vous parler du tableau mystère.
Il y a quelques temps Laëtitia a écrit à tous les invités pour leur demander d'envoyer sur un site des photos, rappelez-vous :
La soirée organisée le 31 octobre par Claude pour son anniversaire et son départ en retraite s'approche doucement et il est temps pour nous de vous solliciter un peu pour lui faire une surprise...
Nous nous sommes dit qu'il serait bien de laisser une trace originale de nous dans son "chez lui"...
L'idée : la reproduction d'une affiche de « Miss Tic. », artiste dont il affectionne tout particulièrement les œuvres, à partir d'un peu de lui et de nous...
Si, si, c'est simple et ça s'appelle la photomosaïque ! (voir www.photoweb.fr)
Je m'explique... avec des photos de vous, de lui, de vous avec lui, de lui avec eux, jeune, "vieux"..... de photos de ses voyages, ses passions, ses exploits... bref de tout ce qui vous fait penser à lui (tout est accepté!!!), nous allons reproduire une affiche.
L'objectif est d'avoir entre 500 et 1 000 photos collectors numériques, alors à vos archives!!!
Pour ce faire, deux possibilités :
- soit vous téléchargez directement vos photos sur le site où nous allons commander l’affiche,
- soit vous me les adressez
(mais je vous avoue que je préfèrerai que vous optiez pour la première possibilité ! Je vous assure, ce n'est pas très compliqué...)
suivait un mode d'emploi très clair puisqu'une bonne partie d'entre vous a répondu.
Le tableau avec l'oeuvre de Miss Tic ne donnait pas grand chose et un vote a eu lieu entre plusieurs autres possibilités : plusieurs tableaux de Miss Tic, certains de Dali, des sculptures de Nikki de Saint Phalle, des oeuvres du céramistes fou de La Borne, Jean Linart et le choix s'est porté sur un tableau de Miro, un peintre que j'affectionne également.
Voici donc le résultat fait à partir d'un choix de 1 500 photos, dont certaines sont reproduites plusieurs fois pour représenter une mosaïque d'environ 5 000 photos; un rude boulot pour obtenir cette merveille ( dimensions 100 x 76) que je n'ai pas fini d'éplucher :
avec ou sans flash, ça ne vaut évidemment pas la vision en réel, mais vous passerez bien un jour par chez moi, il y sera ... en bonne position.
29 octobre 2009
Prise de bec au procès Disney
Le procès intenté par les actionnaires de la Walt Disney Company à son ex-président Michael Ovitz, à propos de sa faramineuse indemnité de licenciement, a connu aujourd'hui un brusque rebondissement avec la déposition d'un témoin inattendu. Celui-ci a été interrogé par l'avocat du géant de l'industrie du divertissement.
L'avocat :
Le témoin peut-il décliner son nom ?
Le témoin :
Mickey Mouse.
A :
Pouvez-vous s'il vous plait indiquer à la cour votre profession ?
T :
Rongeur animé.
A :
Étiez-vous ami avec le P-D.G Michael Eisner ?
T :
Je ne dirais pas vraiment ami - nous avons dîné ensemble à plusieurs occasions. Une fois, lui et sa femme nous ont invités chez eux, Minnie et moi.
A :
Vous est-il arrivé de discuter affaires avec lui ?
T :
J'ai participé à un petit déjeuner où il y avait M. Eisner, Roy Disney, Pluto et Dingo.
A :
Où a eu lieu ce petit déjeuner ?
T :
Au Beverly Hills Hôtel.
A :
Y a-t-il eu d'autres témoins ?
T :
Steven Spielberg s'est arrêté à notre table pour dire bonjour ... Oh, et Daffy Duck.
A :
Vous connaissez Daffy Duck ?
T :
Daffy Duck et moi, on s'était rencontré chez Sue Mengers, quelques mois plus tôt, et on avait sympathisé.
A :
Si j'ai bien compris, M. Eisner n'approuvait pas que vous soyez en contact avec Daffy Duck ?
T :
On s'est disputé à plusieurs reprises à ce sujet.
A :
Et que s'est-il passé finalement ?
T :
J'ai fini par arrêter de voir Daffy quand j'ai appris qu'il était devenu scientologue.
A :
Revenons au petit déjeuner, si vous le voulez bien. Vous souvenez-vous de quoi il a été question ?
T :
M. Eisner a dit qu'il avait l'intention d'engager Michael Ovitz, qui était alors à la direction de la Creative Artist Agency.
A :
Quelle a été votre réaction en entendant cela ?
T :
J'ai été étonné, mais Pluto, lui, a eu encore plus de mal à encaisser. Il a parut découragé.
A :
Pourquoi découragé ?
T :
Il était inquiet parce que M. Ovitz était beaucoup plus proche de Dingo. Pluto a eu le sentiment que son temps de présence à l'écran risquait d'en pâtir.
A :
Donc vous étiez au courant qu'il existait une "relation privilégiée" entre M. Ovitz et Dingo ?
T :
Je savais qu'à l'époque où M. Ovitz était agent il avait courtisé Dingo, et, si je me souviens bien, ils avaient loué ensemble une maison à Aspen.
A :
Est-ce qu'il y a eu un moment précis où ils se sont rapprochés ?
T :
M. Ovitz a défendu Dingo quand il s'est fait arrêter à Malibu pour une histoire de dope.
A :
Est-il vrai que Dingo avait un problème avec la drogue ?
T :
Il était accro au Percodan.
A :
Cela durait depuis combien de temps ?
T :
Dingo était sous calmants à cause d'un dessin animé - une belle plantade. Il avait sauté de l'Empire State Building avec un parapluie en guise de parachute, et il s'était fait mal au dos.
A :
Et alors ?
T :
M. Ovitz a pris l'initiative de faire admettre Dingo en cure de désintoxication au Betty Ford Center.
A :
Avez-vous fait part à M. Eisner de vos craintes concernant son projet d'engager M. Ovitz ?
T :
Minnie et moi en avons discuté. Nous savions que c'était le clash assuré.
A :
En avez-vous parlé à d'autres personnes, hormis votre femme ?
T :
Dumbo, Bambi - je ne me souviens pas vraiment. Ah oui, Jiminy Criquet, une fois, chez Barbra Streisand. Elle avait organisé une soirée en son honneur lorsqu'il a acheté sa maison à Trancas.
A :
Est-ce qu'il en a été conclu quelque chose ?
T :
Dumbo estimait que c'était à Donald Duck de faire part à M. Eisner de notre inquiétude, parce que M. Eisner écoutait toujours Donald. Comme il l'avait dit lui-même, il considérait Donald comme "l'un des canards les plus brillants qu'il lui ait été donné de rencontrer". Ils avaient passé beaucoup de temps ensemble, au bord de la mare de Donald.
A :
Ce sentiment était-il réciproque ?
T :
Oh oui. Donald a vécu chez M. Eisner pendant six mois, lorsque lui et Daisy se sont séparés. Donald avait eu une aventure avec Pétunia, la petite amie de Porky. Chez Disney, il n'était pas question de sympathiser avec des créatures d'un studio concurrent; mais dans le cas de Donald, M. Eisner a choisi de fermer les yeux, ce qui n'a pas plu aux actionnaires.
A :
C'est l'affaire à laquelle vous avez fait allusion dans votre déposition ?
T :
Oui. Je ne me souviens plus exactement - mais il me semble que Donald a été présenté à Pétunia chez Jeffrey Katzenberg.
A :
Etiez-vous présent ce jour-là ?
T :
Oui, il y avait aussi Tom Cruise, Tom Hanks, Jack Nicholson. Et, il me semble, Sean Penn, Vil Coyote, Bip Bip ...
A :
Tom et Jerry ?
T :
Non, ce week-end-là, ils étaient à un séminaire EST, la secte de Werner Erhard.
A :
Six mois plus tard, MM. Katzenberg et Eisner étaient attaqués en justice. Est-ce que vous vous souvenez des détails ?
T :
C'était lié au fait que M. Eisner avait promis des stock-options à Bugs Bunny s'il venait travailler chez Disney.
A :
Bugs a-t-il accepté ?
T :
Non, Bugs est quelqu'un de très indépendant. A cette époque, il avait l'intention de prendre une année sabbatique pour écrire un roman.
A :
Revenons à la soirée - vous souvenez-vous de ce qui s'est passé ensuite ?
T :
Oui. Donald Duck s'est saoulé et a dragué Nicole Kidman. C'était terriblement gênant parce qu'elle et Tom Cruise étaient encore mariés. Donald semblait en vouloir à Cruise. Il avait l'impression qu'on ne proposait à Tom que des rôles qui auraient dû être pour lui. Je me souviens qu'à cette soirée M. Eisner a accompagné Donald dehors pour le calmer.
A :
Vous rappelez-vous ce qui s'est passé ensuite ?
T :
Donald a fait la connaissance de Pétunia sur la pelouse de M. Katzenberg. Il l'a trouvé très belle, très excitante et je sais qu'ils aimaient plus ou moins les mêmes groupes de musique. Donald avait toujours eu du mal à contrôler ses colères. Cela faisait des années qu'il était sous Prozac ; il était convaincu que sa carrière était un fiasco et qu'il finirait un jour ou l'autre au menu d'un restaurant cantonais. Malgré les recommandations de M. Eisner, Donald a continué à fréquenter en catimini la petite copine de Porky.
A :
A votre connaissance, combien de temps a duré cette aventure ?
T :
Un an environ. Pétunia a fini par annoncer à Donald qu'elle ne pouvait plus continuer à le voir parce qu'elle était tombé amoureuse de Warren Beatty, et que lui aussi était fou d'elle. Si vous vous souvenez, elle l'a d'ailleurs accompagné au festival de Cannes.
A :
Y a-t-il eu un moment où Daisy a mis Donald à la porte ?
T :
Oui. M. Eisner l'a alors hébergé. Il est resté chez lui jusqu'à ce que Donald et Daisy décident d'habiter à nouveau ensemble, mais en se mettant d'accord pour être un couple libre.
A :
Donc, pour autant que vous le sachiez, est-ce qu'il est possible que quelqu'un ait dit à M. Eisner que ce ne serait peut-être pas la bonne idée d'engager M. Ovitz ?
T :
Le soir des Academy Awards, j'ai abordé le sujet avec Pinocchio, mais il n'a pas voulu s'en mêler.
A :
Vous êtes en train de me dire que ni Pinocchio ni personne d'autre n'a prévenu M. Eisner que lui et M. Ovitz risquaient de ne pas former une équipe très performante.
T :
Pour autant que je me souvienne, c'et correct.
A :
Et lorsqu'il s'est avéré que cela ne fonctionnait pas au plan professionnel, est-ce que la question des indemnités de licenciement a été abordée - les cent quarante millions de dollars perçus ? M. Ovitz a-t-il à un moment donné eu le sentiment que la somme était excessive ?
T :
Je sais seulement que Jiminy Criquet était souvent perché sur l'épaule de M. Ovitz et lui conseillait toujours de laisser sa conscience guider ses pas.
A :
Et alors ?
T :
La suite de l'histoire, tout le monde la connaît.
A :
Je n'ai plus d'autres questions, Votre Honneur.
Woody Allen, envoyé spécial pour abracadablog.
26 octobre 2009
Les trois yeux des gardiens du Tao
Très intéressant débat, samedi soir à la médiathèque de Moissy, autour d'un film documentaire sur la création, du début de l'histoire dans la tête du scénariste à la sortie des rotatives, du 15éme Largo Winch "Les trois yeux des gardiens du Tao".

Jean Van Hamme & Philippe Francq
Le documentaire par lui-même est un film passionnant puisqu'on suit un processus de création d'un bout à l'autre. Largo Winch est l'enfant de Jean Van Hamme (créateur également de Thorgal et de XIII), et de Philippe Francq. La part des deux dans la confection d'un album est vraiment de 50/50. L'histoire est d'abord imaginée par Jean Van Hamme qui vit et travaille principalement à Bruxelles. Pour cet album, un premier scénario est élaboré en une centaine de pages. Il est ensuite nettoyé en deux fois pour arriver à un scénario d'un peu moins cinquante pages, format de l'album de BD. Des éléments sont déjà parvenus à Philippe Francq, le dessinateur qui vit dans le midi de la France pour que celui-ci commence à repérer des décors, des situations. Ces repérages amènent le dessinateur à se déplacer (à Hong Kong, pour cet album) afin de photographier rues, paysages, immeubles, etc. qui prendront place, après adaptations parfois, dans l'histoire. Le travail documentaire de Philippe Francq est extrèmement minutieux. On le voit dans le film chercher une maquette de 4L dans une boutique qu'il fréquente lorsqu'il a besoin de dessiner voitures, motos, camions, etc.
Le scénario est ainsi mis en images et tout ce travail fait l'objet de discussions, d'envois de documents, de propositions, de compromis entre les deux protagonistes, l'un en Belgique et l'autre proche des calanques.
Pour moi, qui suis fan de BD ce travail de conception qui est énorme, plus d'un an sur cet album, a été une découverte.
Lorsque la lumière s'est rallumée dans la salle de projection, le producteur du documentaire, Laurent Segal et le réalisateur, Yves Legrain Crist étaient présents. La deuxième partie de la séance, aussi intéressante que la première a alors commencé. Laurent et Yves ont expliqué la genèse de l'idée, l'écriture du scénario du documentaire (aussi "écrit" qu'un scénario de film), la proposition à Jean Van Hamme et à Philippe Francq, leur acceptation et leur aide pour dénouer certaines situations. Ils nous ont ensuite raconté l'incroyable histoire de la recherche de financements, sans résultat au début. Aucune aide financière pour un documentaire qui a coûté 400 000 euros, la présentation du film s'est faite quasiment par le bouche à oreille, par le réseau de médiathèques, par les déplacements des deux compères de festivals en débats autour du film et de la BD. Ils nous ont révélé le peu de cas que faisaient les grands pontes de la BD (chez Dargaud ou autres) de leur public et le mépris dans lequel ils tenaient celle-ci.
Le débat a ensuite bifurqué sur le documentaire lui-même et les questions ont fusé sur les rôles des protagonistes, sur la manière de raconter, sur l'utilité d'écrire un scénario, même pour un documentaire. Si ces deux-là passent par chez vous ou si vous avez la possibilité de les inviter par le biais d'une école ou d'une association (médiathèque, bibliothèque ou autre), il ne vous en coûtera que leurs frais de déplacement et vous aurez offert à vos amis ou adhérents une soirée passionnante et la possibilité d'acquérir un DVD aussi instructif que divertissant.
Superbe soirée qui s'est terminée par l'achat du DVD (20 euros) et par le souhait de me retaper la série entière des Largo Winch, mais cette fois-ci avec un tout autre regard.
21 octobre 2009
7 secondes plus tard ...
Je vous ai déjà parlé de l'OULIPO, mais j'ai la flemme de revenir en arrière. Je vous rappelle donc l'origine et la définition de cet acronyme :
OU, c'est OUvroir, autrement dit atelier; un atelier pour faire quoi ? de la LI
LI c'est la LIttérature, ce qu'on lit et ce qu'on rature; quelle sorte de littérature, de la LIPO
PO c'est pour POtentielle, de la littérature en quantité illimitée, potentiellement productible jusqu'à la fin des temps.
Voici les pères fondateurs de ce mouvement :
Les membres sont les OULIPIENS. Que font-ils ? Ils se réunissent, inventent des contraintes littéraires ou mathématiques et proposent des travaux issus de ces contraintes
Pour faire mieux connaissance avec ce groupe, ses membres, ses réunions, ses productions, ses contraintes je vous conseille de cliquer sur le lien ci-dessus.
Une des contraintes, inventées par Jean Lescure et proposée au groupe lors d'une réunion en septembre 1961 est le S+7. Il s'agit de prendre un texte et de remplacer tous les substantifs par le 7ème substantif suivant dans un dictionnaire donné. C'est une des premières contraintes inventées; elle a eu beaucoup de succès et à permis la production de beaucoup de textes. Je vous donne ici en exemple les premiers vers d'une fable de notre ami La Fontaine :
La Cigale et la Fourmi
La cigale ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la fourmi sa voisine,
ça devient, en lui appliquant la contrainte :
La Cimaise et la Fraction
La cimaise ayant chaperonné
Tout l'éternueur,
Se tuba fort dépurative
Quand la bixacée fut verdie :
Pas un sexué pétrographique morio
De moufette ou de verrat.
Elle alla crocher frange
Chez la fraction sa volcanique,
Remarquez qu'à certains verbes on a appliqué la même règle qu'aux substantifs; vous trouverez la fable entière à cette adresse.
Cette contrainte a fait l'objet de multiples variations.
Dans la liste oulipienne à laquelle je suis abonné, Gilles Esposito-Fareze nous communique l'adresse du blog de Philippe Mouchès : Images doubles ou réversibles, OUPEINPO, rébus, etc.
Philippe Mouchès, dessinateur, peintre, sculpteur a imaginé la contrainte ci-dessus appliquée à des tableaux célèbres et il nous propose avec beaucoup d'humour T + 7 , quelques oeuvres, 7 secondes plus tard :
(cliquez sur les photos pour les voir plus grandes)
Bel exercice, non ?
09 octobre 2009
Au chevet d'Olympia

Campagne de prévention contre l'anorexie menée par l'ANAD
Sissi, l'impératrice, était anorexique : elle s'affamait pour ne pas dépasser 50 kg. C'était un monde où une femme était très maigre à 50 kg. Un autre monde. Olympia est ici en piteux état. Les seins en côtelettes, le ventre et les joues caves. Le tableau en est bouleversé : il était l'écrin de la beauté, il devient l'antichambre de la mort. La nudité frontale, soulignée par le ruban, éclatait scandaleusement chez Manet ; ici le ruban devient garrot, le bouquet est en voeu de rétablissement et ses pétales sont plus charnus que ce qui reste de chair. Les oreillers sont là pour prévenir les escarres, la servante est inquiète et le chat horrifié. L'anorexie reste un mystère et, malheureusement, il y aura des jeunes filles pour trouver cette Olympia plus belle pour aller mourir.
Marie Darrieussec
Source : Beaux-Arts Magazine
03 octobre 2009
Cumul des mandales, oui !
Beaucoup de nos hommes politiques cumulent les fonctions. Régulièrement, ce sujet fait son apparition dans les programmes de gauche comme de droite, puis, lorsqu'on arrive au pouvoir, il retombe dans le tas assez important des promesses non tenues qu'on pourra réitérer plus tard.
Pourquoi c'est si dur de se séparer de certains de ses mandats. Pas pour les nobles raisons que vous donnent les uns et les autres qui auraient peur de se déconnecter du peuple en perdant leurs mandats régionaux et d'abandonner un pouvoir de "remonter" les besoins régionaux en perdant leurs mandats nationaux. Ça, ce sont les belles raisons invoquées aux divers JT aux journalistes confits d'admiration devant tant de sacrifice et d'abnégation.
En fait il y a deux grandes raisons : le pouvoir parce que pour ces femmes et ces hommes le pouvoir est une drogue, et également, plus trivialement, l'argent et les avantages lliés à la fonction.
Un lecteur d'un des hebdomadaires que je fréquente régulièrement a eu une idée qui me semble judicieuse; François Praud, de Malakoff propose :
Pour le cumul des mandats, mais pas celui des indemnités
Après tout, puisque nos femmes et hommes politiques y tiennent tant, laissons-leur la possibilité de cumuler tous les mandats qu'ils souhaitent, mais à la condition expresse de leur interdire de cumuler les indemnités et avantages divers et variés qui vont avec. Ok pour les indemniser, mais une seule indemnité : celle qui correspond à la moyenne des indemnités des mandats qu'ils exercent. Pas un euro de plus. On verra alors s'ils sont aussi nombreux à vouloir cumuler et peut-être qu'on fera des économies.
Ce serait bien que tous les organes de presse prennent le relais pour faire aboutir cette suggestion avec mise en application en même temps que la taxe carbone.
Idée intéressante, non ?
On pourrait presque en faire un groupe sur facebook.
Crédit images :
les chapeaux : le blog de Jean-Jacques Urvoas
les documents : le Monde du 21 février 2007
25 septembre 2009
A tort ou à raison
On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort. C'est difficile de juger. Moi, j'ai longtemps donné raison à tout le monde. Jusqu'au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort ! Donc, j'avais raison ! Par conséquent, j'avais tort ! Tort de donner raison à des gens qui avaient le tort de croire qu'ils avaient raison. C'est-à-dire que moi qui n'avais pas tort, je n'avais aucune raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir raison, alors qu'ils avaient tort. J'ai raison, non? Puisqu'ils avaient tort ! Et sans raison, encore ! J'insiste, parce que ... moi aussi, il arrive que j'aie tort. Mais quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !!! J'ai raison, non ? Remarquez ... il m'arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison aussi. Mais, là encore, c'est un tort. C'est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort. Il n'y a pas de raison ! En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort.
19 septembre 2009
Petits trafics de chiffres
La délinquance repart à la hausse (+ 2,5% en juillet) ? Qu'à cela ne tienne ! Brice Hortefeux parle de stabilisation après sept années de baisse significative et met l'accent sur l'efficacité de la police. Le premier flic de France se rengorge de la progression continue du taux d'élucidation des infractions (+0,55% en juillet) soit une progression de plus de 50% depuis 2001. Habile présentation : dans le maquis des statistiques policières, l'indicateur des résolutions d'affaires est la variable la plus facile à améliorer.
Certaines infractions sont en effet résolues en même temps qu'elles sont constatées. Il en est ainsi de l'usage des stupéfiants ou du séjour irrégulier des étrangers. "Or, constate un commissaire de la région parisienne, l'arrestation des fumeurs de joints et la chasse aux sans-papiers sont deux des priorités policières du moment." Ces interpellations ont progressé respectivement de 1,8% et de 6,9% en juillet, améliorant d'autant l'efficacité arithmétique des forces de l'ordre.
Les as de la sécurité publique connaissent une série d'astuces pour améliorer les chiffres d'élucidation. Comme la technique dite "du chéquier". Selon le très officiel "Guide de méthodologie statistique de la Police nationale", l'arrestation du voleur d'un carnet de chèques est comptabilisée comme une affaire de vol résolue. Mais le même larcin peut aussi être enregistré comme le vol de cinquante formules de chèque différentes. Et donc être comptabilisé comme cinquante vols résolus !
Autre petit truc bien connu des commissaires : l'habillage statistique d'un suspect. Un cambrioleur est arrêté en bas d'un immeuble sans avoir rien volé. Aucune de ses empreintes ne peut être relevée sur les lieux. Mais l'individu avait une paire de gants dans sa poche. La police lui impute l'effraction. Voilà encore un vol élucidé. Si la tentative de cambriolage a eu lieu dans un quartier ayant subi cinq vols par effraction ces dernières semaines, les enquêteurs peuvent aussi les lui imputer. Voilà encore six cambriolages élucidés.
La multiplication des pains version police, en somme
Olivier Toscer (Le Nouvel Obs)
30 août 2009
Rafraichissant, n'est-ce pas ?
27 août 2009
Fabienne Rhein
Plus on ouvre de fenêtres, plus on a de chances de varier ses paysages.
C'est pour cela que je suis entré sur "facebook"
J'ai pu ainsi voir d'autres mondes, visiter d'autres endroits, faire d'autres connaissances, élargir mon champ de curiosité, un nouveau cercle est venu s'ajouter à celui de la famille, des voisins, des amis, du travail, des forums.
J'y ai notamment rencontré Fabienne Rhein, peintre. Elle possède une galerie/atelier de l'autre côté de l'eau, dans le vieux Montréal (rue Saint-Paul, pour Diane et mes amis Québécois).
J'aime sa peinture, mais aussi sa manière de décrire le cheminement d'une œuvre (vous trouverez ça sur son blog) et j'aime également sa manière de titrer ses tableaux. Avec sa permission, je vais mettre ici quelques échantillons de sa production.
Si vous aimez, sa galerie physique est chez nos cousins, mais il existe une galerie virtuelle sur facebook. De toute façon vous pouvez entrer en contact avec elle par l'intermédiaire du blog.
Le site de Fabienne avec son catalogue.
Bonne visite
La serveuse automate ou "aux tomates" et Deux français à Montréal
Les Banksters
Suzanne et les voyeurs funambule
...mesdames, mesdemoiselles, messieurs ... l'artiste






























































































































