22 avril 2009
Barcelone, 1er jour
Vous aimez l'art architectural de Gaudi, les peintures et sculptures de Miro, les oeuvres de Picasso et de Dali, la mosaïque, les belles façades, les tapas et les fruits de mer, les fruits et légumes colorés proposés à profusion, le calme et la verdure des jardins, la beauté des arbres, les rues animées qu'elles soient "classes" ou qu'elles soient "louches", les spectacles de rue, vous adorez flâner le nez au vent pour capter odeurs, sons et couleurs, vous avez parcouru Barcelone maintes et maintes fois sur les traces de Pepe Carvalho et de Biscuter, alors nous avons des points communs et alors vous apprécierez beaucoup Barcelone. Si, de surcroit, vous aimez les travaux, les concentrations de grues et les atmosphères de chantier, alors là, vous prendrez un pied d'enfer !
Nous avons passé 4 jours dans la capitale de la Catalogne, 4 journées pendant lesquelles nous avons parcouru une partie de ses rues nuit et jour si vivantes et si colorées. J'ai pris quelques photos, quelques notes et je vais vous dérouler notre séjour sur quelques billets en espérant vous faire partager mon engouement pour cette splendide ville. Cliquez sur les photos pour les voir "en grand".
Tout commence par l'embarquement problématique qui nous a fait attendre une demi douzaine d'heures à l'aérogare 2F de Roissy à cause du succès qu'a cette destination. Les deux premiers vols nous sont passés sous le nez et nous n'avons pu embarquer que sur l'A320 de 14h30. En attendant, que faire ? Se balader dans les différentes zones d'attente et shooter quelques instants privilégiés :
Dans l'après-midi, atterrissage puis train depuis l'aéroport de Barcelone El Prat jusqu'à l'hôtel situé à proximité de la place de la Catalunya, le centre de la ville, dans une petite rue qui donne sur le passeig de Gràcia, une avenue bordée d'enseignes élégantes, de bars à tapas, de cafés à la mode et d'immeubles cossus. C'est un nouveau quartier aménagé à la fin du XIXème siècle : l'Eixample. C'est l'architecte Ildefons Cerdà qui sort vainqueur du concours lancé pour l'aménagement de l'extension de la vieille ville; c'est un modèle d'urbanisme rationnel qui consiste en une série de rues parallèles à la mer, traversées de rues perpendiculaires, avec des pans coupés à chaque croisement. Au centre de chaque ensemble d'immeubles il avait prévu des espaces verts que la spéculation a bien vite supprimé.
Au bout du Passeig de Gracia on arrive sur la Plaça de Catalunya. Elle est occupée dans la journée par les marchands de nourritures pour toutes sortes de pigeons (graines pour les oiseaux et friandises diverses pour les humains).
Le soir, cette foule bruyante et bigarrée laisse la place au pique-niques improvisés, aux pistes de rollers et devient un lieu de drague intensif.
Si on bifurque légèrement sur la droite on attaque les ramblas.
Cela débute par la Rambla de Canaletes, nom qui vient de la fontaine qui se trouve à cet endroit depuis des temps reculés. D'après un dicton populaire, celui qui boit à cette fontaine revient toujours à Barcelone.? Le tronçon suivant est la Rambla dels Estudis. On continue à descendre vers la mer et on se trouve sur la Rambla de Les Flors. Puis on arrive sur la Rambla de Els Caputxins, pour terminer sur la Rambla de Santa Monica. Le tout ne fait pas un kilomètre et demi mais il faut compter plus d'une heure de promenade tant il y a de choses à voir.
Les vélib' de Barcelone
Les quelques tapas ingurgités à notre arrivée sont bien
loin et nous jetons notre dévolu sur El Gran Café pour notre dîner.
Quelques visions nocturnes sur la route du retour à l’hôtel
Le Marché de La Boqueria
2ème jour, une vue de l’arrière du Crystal Palace, un bon exemple des « carrés » du quartier de l’Eixample ; la journée s’annonce belle, ensoleillée et pas trop chaude..
Le Marché de la Boqueria est né comme un marché ambulant.
Il s’est fixé sur la Rambla, un lieu idéal pour la commercialisation des
victuailles. La Boqueria est devenu le marché emblématique de la ville, ses
structures, son emplacement, la troisième ou quatrième génération de vendeurs
en font un lieu de visite quasi obligatoire ; ses étals sont une mine pour
les gourmands de mets variés et de photographies colorées.
Le Barri Gotic et la vieille ville
Le Barri Gotic est le centre civil et religieux de la ville. On y habite, on y travaille ; c’est un dédale de rues médiévale où l’on peut croiser le cadre supérieur et l’excentrique de service. Le quartier se modernise : bars et cafés-concerts , restaurants, boutiques diverses font vivre ces rues parfois sombres. C’est un quartier très tendance où l’on trouve également des logements crasseux et des couleurs criardes. C’est la rencontre de deux mondes : celui de la précarité et celui du progrès galopant.
J’ai fait l’impasse sur le musée Picasso, visitable uniquement
pour un tiers cause travaux et dont la queue de près d’une heure et demi s’est
avérée bien décourageante.
Le Parc de la Ciutadella
Lorsqu’on traverse le Barri Gotic parallèlement à la mer
on arrive devant le Parlement de Catalunya qui se trouve au centre d’un
magnifique parc, le Parc de la Ciutadella. Tracé à l’origine par Josep
Fontseré, il a été modifié pour accueillir l’Exposition universelle de 1888 et
plusieurs bâtiments d’exposition ont été réaménagés en musées. Il est extraordinairement
riche en espèces végétales et en oiseaux.
Je vous emmène faire un tour.
Au bout du parc, le passeig de Lluis Companys qui se clôture par l'arc de triomphe, une construction en briques présentant plusieurs reliefs représentant des allégories sur l'industrie, l'artisanat et le commerce. La frise de la façade, réalisée par Josep Reynés montre la ville de Barcelone accueillant les visiteurs de l'exposition.
Façades
Le Palau de la Musica est considéré comme l'un des exemples les plus importants du Modernisme. Il a été construit par l'architecte Lluis Doménech i Montaner au cours des années 1905 - 1908. C'est un espace consacré à la musique, la culture, aux réunions sociales et aux loisirs ... mais dont l'accès est interdit aux appareils photos ...
Gaudi
3ème jour, une journée consacrée à Gaudi, l'homme de Barcelone.
On commence la visite par la Casa Batllo.
Connue à Barcelone sous le nom de Casa de los huesos
(Maison des os), elle doit son nom à son architecture : les balcons ressemblent
à des fragments de crâne avec les ouvertures pour les yeux et le nez, les
colonnes de la tribune du premier étage ont la forme d'os humains et de
nombreux autres détails de la façade peuvent faire penser à un squelette.
Autre interprétation, les balcons ressemblent à
des masques vénitiens. La façade, ondulée et composée d'une mosaïque de verre
et céramique, donne sous l'effet du soleil l'impression d'être en mouvement, et
d'onduler comme des vagues. Les colonnes vers le bas de l'édifice rappellent
des troncs d'arbre. Le toit fait penser au dos arqué d'un dragon et les tuiles
en céramique qui le recouvrent à ses écailles (à l'intérieur d'ailleurs il y a
un escalier en bois qui rappelle étrangement une colonne vertébrale, qui
pourrait appartenir au supposé dragon). L'immeuble est surmonté d'une tour avec
la croix de quatre bras typique de Gaudí.
La maison
actuelle résulte de la rénovation d'une maison construite en 1877. Au début du
XXe siècle, le propriétaire de l'immeuble de l'époque, un industriel du textile
nommé Josep Batlló i Casanovas, demande à Antoni Gaudí de refaire sa maison. Il
demande à la mairie en 1901 l'autorisation de détruire l'immeuble existant, demande
qui sera refusée.
Àprès quoi il sera décidé une reconstruction à partir de l'édifice existant. La nouvelle demande à la mairie, signée Antoni Gaudi et Josep Batlló i Casanovas, est déposée le 26 octobre 1904. Pour qui a vu les plans déposés, il est tentant de parler de « supercherie » tant les dessins sont évasifs quant au projet final. La partie supérieure du document décrit, étage par étage, les plans de l'habitation et ne diffère en rien d'un plan classique d'architecte, mais la partie inférieure montre le dessin d'une façade à peine ébauchée, seules certaines parties comme le toit ou les fenêtres étant dessinées avec plus de précision. Antoni Gaudi se méfiait peut-être des réactions de la mairie vis-à-vis de son projet et il n'avait sans doute pas complètement tort dans la mesure où certaines normes n'étaient pas respectées. Ainsi les colonnes de la façade dépassaient de 60 cm sur le trottoir. Malgré les réticences de la mairie devant le non-respect de certaines normes, le permis fut accordé.
On commence par le rez-de chaussée et on y va
La casa Milà
La Casa Milà
(Maison Milà en catalan) est une réalisation de l'architecte Antoni Gaudí,
construite entre 1906 et 1910. Elle est située Passeig de Gràcia, au cœur de la
principale extension urbaine de Barcelone.
Cet ouvrage est important dans l'œuvre de l'architecte, et dans le paysage de Barcelone, puisque c'est le plus grand édifice civil construit par Gaudi dans la ville, et également le dernier avant qu'il ne se consacre entièrement à la Sagrada Familia.Le bâtiment est également appelé par les Barcelonais "la Perdrera", ce qui signifie « la carrière » en catalan, en raison de l'apparence et du matériau utilisé pour la façade ondulée du bâtiment.Ce qualificatif était initialement péjoratif et visait à en souligner l'aspect organique, voire l'absence de ce qui était alors considéré comme un véritable projet architectural.
On remarque en effet que dans le plus pur style art nouveau, inspiré de la nature, le bâtiment ne comporte pas de ligne droite, et la façade est conçue de telle manière qu'on ne peut pas tracer de verticale du toit au sol.La nature a également inspiré le travail des balcons, sculptés par Josep Maria Jujol, qui représentent des algues marines.
Le toit de la maison est également à découvrir, il offre une véritable promenade avec la ville pour décor, et est ponctué de magnifiques cheminées aux formes bigarrées sensées évoquer les nuages. Elles ont toutefois été surnommées par les Barcelonnais espantabruixes , c'est à dire "épouvantails". D'emblée, la construction fut très peu appréciée des promoteurs, qui la qualifieront d'« horrible », ils refusèrent alors de payer l'intégralité du salaire de Gaudí. À la suite du procès engagé par l'architecte et perdu par les Milà, Gaudi décidera de verser les sommes récupérées à un couvent de religieux.
La Casa Milà
est aujourd'hui un des monuments les plus visités de Barcelone. L'accès à sa
cour intérieure en est libre, et il est possible de visiter un appartement
ainsi que les toits.

(merci à Alexandre qui a fourni les photos de ce billet)
La Sagrada Familia
A l’image des grandes cathédrales gothiques dont il est en partie inspiré, le chantier de la Sagrada Familia dure depuis plus d’un siècle. Bon gré mal gré, le vertigineux temple moderniste ne cesse de grimper vers les cieux, 80 ans après la disparition de son concepteur.
« Ce n’est pas un gratte-ciel, c’est un gratte-idée », disait Jean Cocteau.
Une visite au Temple Expiatori de la Sagrada Familia (temple expiatoire de la sainte famille) est en réalité la visite d’un chantier en cours.
L’enveloppe de l’édifice est terminée, il s’agit désormais d’en bâtir l’intérieur. Les plus optimistes tablent sur une fin de chantier vers 2041, d’autres pensent qu’il ne sera jamais terminé
A partir de 1914, Gaudi s’est consacré entièrement à ce projet (il vivait sur le chantier) qui sera le point d’orgue de son œuvre.
Dans le musée-crypte, au sous-sol du temple, il est possible de se représenter le projet final. On y trouve des plans et des maquettes expliquant les différentes étapes de la construction et donnant des indications sur l’œuvre et l’inspiration de Gaudi. Celui-ci passa les 12 dernières années de sa vie (il est mort en 1926) dans ce temple, se nourrissant de noisettes, faisant de temps en temps l’aumône pieds nus dans la rue.
J'ai pu m'introduire discrètement dans une des salle de classe de la Sagrada Familia, à l'époque Institution scolaire religieuse ...
... j'ai même assisté à un conseil de classe

Et enfin, le mécréant que je suis ne peut pas terminer ce billet si plein de sainteté par cette involontaire allégorie de l'impasse qui m'a beaucoup réjoui :
(sur la palissade, au marqueur : "NO PASSAR")
La Barceloneta
Au XVIIIème siècle, lorsque le port de Barcelone s'est construit, un banc de sable naturel est apparut à son côté. C'est là que s'est posé le quartier de la Barceloneta. Principalement créé par des familles de pêcheurs qui vivent encore dans le quartier, la Barceloneta est un endroit pittoresque et authentique, plein de merveilleux restaurants de poissons, de bars à tapas et de cafétérias typiques.
A côté le "Port Olympique" a été inauguré pour les jeux de 1992; c'est un ouvrage commun des architectes Oriol Bohigas, Josep Martorell, David Mackay et Albert Puigdoménech et de l'ingénieur Joan Ramon de Clascà. C'est un quartier important de la nouvelle ville qui regarde vers la mer; c'est un endroit où il fait bon se promener, aller à bicyclette et profiter de l'offre de petits stands qui s'installent à l'air libre.
Montjuïc, le Museu Nacional d'Art de Catalunya
Il y a des milliers d’années des fumées s’échappaient des toits de chaumes des huttes de tribus ibéro-celtiques, les Laietans, premiers occupants des lieux. Quand les Romains envahirent cette région, il fondèrent Barcino (ancienne Barcelone) et Montjuïc (signifiant peut-être la montagne de Jupiter) devint le siège de rites religieux.
Montjuïc est un lieu incontournable depuis l’Exposition universelle de 1929.
La plaça de Braus les Arenes accueillait autrefois des corridas et des concerts ; elle est aujourd’hui abandonnée.
On y trouve notamment le Museu Nacional d’Art de Catalunya. L’édifice, monumental et remarquable abrite plusieurs expositions permanentes et des expos temporaires. J’ai visité pour vous les salles consacrées à l’art moderne.
L’auditorium en cours d’installation
La collection d’Art Moderne rassemble le plus important
de l’art catalan du XIXème siècle aux années 40 du XXème ; en Catalogne se
sont enraciné différents courants artistiques, du néoclassicisme à l’avant-garde
en passant par le modernisme et le noucentisme (*). Parmi les artistes les plus
importants on trouve Fortuny, Casas, Rusinol, Gaudi, Jujol, Picasso, Gargallo
et Julio Gonzàles ainsi que les photographies de Pla Janini, Masana, Godes,
Maspons et Colom.
Mes photos n’ont évidemment rien d’exhaustif, d’autant
plus que certaines salles étaient interdites aux appareils (les salles
réservées aux œuvres de Picasso). Il y a beaucoup de « terres cuites » et de sculptures,
n’y voyez là qu’un fond de monomaniaquerie.








un petit Jésus cruel qui change des angelots niais habituels
Cassandre et Néfertiti










(*) Nou - quoi ? : Noucentrisme : ce courant est une réaction à l'art visionnaire et exalté de Gaudi, un retour vers la terre et la réalité quand Gaudi aspirait à la légèreté et à la transcendance. C'est un courant artistique local qui marqua les deux premières décennies du XXème siècle et qui est à l'Art déco ce que le modernisme est à l'Art nouveau. Il s'inspire de Cézanne et du classicisme méditerranéen, tout en restant fidèle au réalisme de l'entre-deux-guerres.

































































































































































































































































































