Depuis la crise de 2008, les banquiers ont mauvaise réputation : ils sont malhonnêtes.

"Mais aucune preuve scientifique n'était venue l'étayer", notent Alain Cohn, Ernest Fehr et Michel André Maréchal, chercheurs à l'université de Zurich qui ont décidé de vérifier.
Ils ont formé deux groupes d'employés de banque. Dans le premier, les cobayes ont répondu à un questionnaire sur leur métier ("Dans quel établissement travaillez-vous ?", "Quelle est votre fonction ?"), dans l'autre les questions étaient sans rapport avec leur profession. Les sujets étaient ensuite invités à tirer à pile ou face dans un isoloir. Pile, ils perdent. Face, ils gagnent 20 euros.
Bilan : ceux interrogés sur leur vie au travail ont triché. Ils ont annoncés 58,2% de "côté face", contre 51,6% dans le second groupe. Les banquiers ne sont donc pas intrinséquement malhonnêtes, ils le deviennent dans le cadre de leur boulot. "Leur complaisance avec les valeurs d'honnêteté est affaiblie dans les conditions professionnelles", soulignent les chercheurs.

Mathias Chaillot pour Néon

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