Suite et fin de la promenade parisienne avec Beaux-Arts magazine à la découverte de l'art en plein air
- Crédit photos : Mikaël Lafontan-

 

L'immeuble Lavirotte

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29, avenue Rapp (75007)

Le jury du concours de façades de 1901 ne s'est pas trompé en primant le 29, avenue Rapp : conçu par Jules Lavirotte, architecte star, c'est l'un des plus beaux témoignages paisiens d'Art nouveau, dans une ville où même des constructions de Guimard ont été rasées sans vergogne. Tout en courbes et en extravagances, avec ses fenêtres et ses balcons différents et sa grande loggia, cet immeuble est aussi l'un des rares à Paris dont la façade soit en couleurs. Il doit cette originalité à un recours massif aux productions du céramiste Bigot. En plus des décorations florales, typiques du style Nouille, sa façade est colonisée par un bestiaire proliférant : têtes de taureaux, lézards, tortues... mais aussi des sculptures d'Adam et Eve. Et, clin d'oeil au symbolisme sexuel dont il est adepte, Lavirotte a fait décorer la porte d'un immense phallus.

 

Le dragon d'eau douce

dragon

Place Augusta Holmes (75013)

La danse de la fontaine émergente est la dernière réalisation majeure de l'artiste franco-chinois Chen Zhen, commandée un an avant sa mort (2000) par la Ville de Paris. C'est sa collaboratrice, Xu Min, qui a donc supervisé le chantier, achevé en 2008. Surgissant du mur d'une usine de production d'eau de la capitale, un dragon monumental de verre et d'acier disparaît dans le sol à plusieurs reprises. De l'eau circule à haute pression dans le corps mi-transparent mi-opaque de cette créature fantastique, dépourvue de tête, symbolisant l'énergie que la Seine apporte à la capitale.

 

La bombe du street art dans le 13è arrondissement

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Angle de la rue J eanne d'Arc et du boulevard Vincent Auriol - 117 rue du Château des Rentiers (75013)

Du burin au marteau-piqueur, difficile pour Vhils de passer inaperçu lorsqu'il attaque un mur. Pour sculpter ses visages monumentaux dans le béton (Paris en compte cinq), Alexandre Farto, alias Vhils, 26 ans à peine, utilise parfois cette ruse de briscard du street art : emprunter le bleu d'un ouvrier du BTP. Juin 2012, 177, rue du Château des Rentiers : cette fois, la Mairie du 13è est complice, puisqu'elle a demandé, en partenariat avec la galerie Itinerrance et des bailleurs sociaux, à une dizaine de figures internationales du street art (Mher & Aner, ZED, Inti, Rero, Jana & Js, C215, Ethos, M-City...) de redonner des couleurs à l'arrondissement.
A l'angle de la rue Jeanne d'Arc et du boulevard Vincent Auriol, Shepard Fairey, alis Obey, auteur du célèbre portrait H ope de Barak Obama, a ainsi réalisé un portrait vzertigineux, celui d'une femme anonyme, que l'on devine révolutionnaire, placardé le long d'un immeuble de quarante mètres. ! Véritable performance de l'été dernier, il aura fallu à peine deux jours et deux nuits au street artist et à ses confrères juxhés sur des nacelles pour coller leurs lambeaux de papier sur un fond de peinture rouge vif.

 

Fin de la série, liens des épisodes précédents :