Estuaire est une aventure artistique en trois épisodes dont le dernier a lieu cet été. En 2007 et 2009, une trentaine d’œuvres sont réalisées, in situ, à Nantes, Saint-Nazaire et sur les 60 kilomètres de l'estuaire de la Loire qui relie ces villes. Si certaines créations sont présentées le temps de l'évènement, d'autres sont installées définitivement sur le territoire pour composer un parcours ouvert à la visite toute l'année.

On va partir de Saint-Nazaire et embarquer ensuite en direction de Nantes.

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On commence par le LIFE

" Ce nouvel équipement culturel a ouvert ses portes au printemps 2007.
Dédié aux nouvelles esthétiques, le Lieu International des Formes Émergentes se signale par une programmation artistique transdisciplinaire et internationale.
Logé dans l’Alvéole 14 de la base sous-marine, c’est à l’architecte berlinois Finn Geipel qu’a été confié le nouvel aménagement de ce vaste espace atypique qui accueille aussi la scène des musiques actuelles, le VIP.
Destiné à accueillir la création artistique sous tous ses aspects, cet équipement résolument innovant inscrit la Ville dans le paysage exigeant des initiatives européennes les plus récentes en ce domaine."

De la mi-juin à début septembre, les frères Chapuisat y exposent une installation baptisée Métamorphose d'impact #2.
Je n'ai pas beaucoup de photos de cette installation; en effet, lorsque vous arrivez à l'accueil de l'exposition, une jeune fille vous prend en charge et vous accompagne, avec une petite lampe de poche dans une pièce immense (enfin, que vous devinez immense) et totalement noire. Elle vous prévient qu'elle va vous laisser découvrir l'endroit, qu'il y a quelques bancs sur les côtés, donc attention à vos tibias, et que si vous quittez ces côtés pour vous diriger vers le centre de l'espace, il faut faire attention à sa tête et la protéger de la main, puis elle vous laisse seul.

Prudemment, j'ai d'abord entamé un tour de la salle en faisant attention où je mettais les pieds. J'ai commencé à entendre d'autres visiteurs, que je ne voyais pas, et qui s'interrogeaient également sur ce lieu bizarre. Faire le tour de ce grand espace a bien pris quelques minutes. La vue commence, au bout d'un certain temps, à s'habituer à l'obscurité. Je me suis alors, avec mes mains pour protections, dirigé vers le centre. J'ai fini par sentir, à hauteur du front, une installation en bois et carton dur. J'en ai prudemment fait le tour, c'était assez grand. Plus j'avançais en direction du centre, plus l'installation se rapprochait du sol. Sur le sol, justement, j'ai vu une tache de lumière; je me suis courbé, puis mis à genoux pour finir par ramper vers cette tache. L'installation était alors à 40 ou 50 centimètres du sol; c'est déconseillé aux claustrophobes et aux anxieux. Arrivé à ce puits de lumière, il est possible de se redresser et l'on entre alors son corps dans un genre de cheminée  de 50 par 50, avec ma corpulence, je ne pouvais pas trop bouger, juste tourner sur moi-même. On entre alors dans une espèce de matrice éblouissante totalement tapissée d'un genre de couverture de survie dorée et éblouissante; impossible de voir d'où vient cette lumière qui agresse des yeux habitués, depuis 10 minutes, au noir quasi total. J'ai pris une photo, mais bon, ça ne va pas vous aider :

P1100839C'est une sensation curieuse qui vous envahit dans cette sphère très grande où émerge juste la partie supérieure de votre corps; lorsque vous faites un tour sur vous-même, c'est très beau ... mais il faut vous décider à ressortir, car d'autres visiteurs ont fini par suivre le même chemin que vous.
On se retrouve donc à plat ventre, puis à genoux, puis courbé et on refait un tour de la pièce avec, en mémoire, la structure que l'on a palpée il y a quelques minutes. Avec le temps, la vision commence à se faire à l'obscurité et vous commencez vous-même à distinguer une vaste forme.
Ce qui est intéressant également, c'est d'entendre les réflexions des autres visiteurs : une dame : "qu'est-ce que c'est que ce machin ? c'était pas là quand on est entré ! ils l'ont descendu depuis tout à l'heure !".

Enfin vous sortez, troublé tout de même par ce que vous venez de vivre et une partie de l'explication se trouve à côté du livre d'or, dans une brochure qui détaille l'installation. Je vous ai photographié deux pages :

l'endroit vide :

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... puis l'installation "éclairée"

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C'est par la partie la plus proche du sol que vous entrez votre corps à l'intérieur.

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Autre lieu d'art contemporain à Saint-nazaire, Le Grand Café où exposent, sous le titre générique "L'équilibre des Contraires" deux artistes : Séverine Hubard et Vincent Ganivet

Tout d'abord Séverine Hubard

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et Vincent Ganivet

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En sortant on prend la direction du quai du commerce d'où on prendra le bateau tout à l'heure; pour le moment, on traverse un petit bras d'estuaire par le pont tournant pour atteindre la terrasse panoramique. En haut de celle-ci, on peut admirer, en dehors du panorama sur le port et sur les Chantiers de l'Atlantique, une œuvre de Felice Varini intitulée "Suite de triangles". Si vous êtes un(e) fidèle de ce blog (ce dont je ne doute pas) et si vous avez de la mémoire, vous vous souviendrez sans doute que je vous ai déjà parlé de cet artiste sur un billet que j'avais fait sur la visite du MAC-VAL de Vitry.

Il investit généralement un lieu ancien et construit une œuvre qui n'est visible en intégralité et dans sa forme aboutie qu'en un seul endroit bien précis. Si vous bougez de quelques centimètres, c'est déformé. Sa suite de triangles n'est donc visible qu'à un endroit précis de la terrasse panoramique; lorsque vous êtes dans le port ou sur la zone industrielle, vous ne voyez que des morceaux de murs peint en rouge.

L’œuvre terminée, c'est ça :

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On voit peut-être mieux sur le panneau de présentation :

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Je vous emmène sur le toit de la base sous-marine pour y voir une installation que j'aime beaucoup  : Le Jardin du Tiers-Paysage de Gilles Clément

Ce paysagiste a investi ce toit sans trop de charme, en dehors d'une vue intéressante sur Saint-Nazaire et sur le pont et le port, pour y installer 3 jardins :

un Bois de trembles que l'on voit au loin ici (agrandissez la photo en cliquant dessus); il a été installé en 2009 dans les chambres d'éclatement des bombes

 

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On le voit mieux sur ce panneau que j'ai photographié :

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Il a complété son œuvre en 2012 par un Jardin des Orpins et des Graminées, plantes robustes de l'estuaire, dans les travées non recouvertes. On peut le découvrir à partir d'une passerelle

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Dans la fosse (non photographiée), un Jardin des étiquettes se compose au gré des aléas (vent, oiseaux, semelles de chaussures...) sur une fine couche de substrat. Deux fois par an, les plantes nouvelles sont identifiées et étiquetées.

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à suivre