venusMan Ray l'a ligotée, Arman l'a découpée, Magritte l'a menottée, Dali l'a tiroirisée ou placée au centre d'une tauromachie (Le toréro hallucinogène), Robert Combas l'a transformée en personnage de BD, Yves Klein l'a peinte en bleu, elle a été réinterprétée en toute liberté par les plus grands artistes du 20è siècle, la Vénus de Milo, l'une des trois vedettes du musée du Louvre (avec la Joconde et la Victoire de Samothrace) est plus vivante que jamais.
De Paris à New York en passant par Tokyo, cette extase érotique, comme la surnommait Salvador Dali, continue de fasciner les artistes d'aujourd'hui. En deux siècles, elle est devenue une véritable idole, une icône de l'amour que chacun s'approprie à sa guise.

Regardez son nez. Il est parfait. Mais est-ce vraiment le sien ?
Tous ceux qui l'ont approchée lors de sa découverte affirment que le bout de son nez était abîmé. L'appendice dont elle est dotée serait donc une prothèse. En 1822, le sculpteur Lange, à qui on avait confié sa restauration et qui lui avait fabriqué des bras (il a finalement renoncé à les monter tant la polémique faisait rage) avait rêvé d'un nez parfait pour sa belle. En retaillant la base en marbre, il y a fixé un appendice en plâtre. En voulant le retirer l'an dernier, les restaurateurs ont découvert que, sous le plâtre, la taille était si laide qu'il était impossible de supprimer ce faux nez.
Si vous observez son sein droit, il a été retouché. En 2010, l'équipe de restauration a eu la surprise de découvrir, caché dans un bouchage en plâtre, un papier signé d'un marbrier du Louvre de 1936, indiquant sa retouche.
Passons maintenant à ses pieds. Au XIXè siècle, le restaurateur avait cru bon de lui fabriquer un faux pied en plâtre, qui a été retiré depuis. En revanche son gros orteil droit est un faux avéré, datant de 1822.

Un petit rappel de l'historique :

  • 1820 : le 8 avril, Yorgos Kendrôtas la découvre sur l'île de Melos
  • 1821 : elle est achetée pour le compte du roi de France.
  • 1822 : Louis XVIII en fait don au Louvre. Lange, responsable de l'atelier de sculpture du musée, propose une restauration complétant l'oeuvre, comme cela se faisait à l'époque.
  • 1870-1871 : lors de la commune, elle est démontée et transportée en secret pour être mise à l'abri. Ce démontage est l'occasion d'une seconde restauration.
  • 1964 : envoyée au Japon pour une exposition, elle est accidentée durant le voyage. Une fois rentrée au Louvre, elle n'en ressortira plus.
  • 2010 : lifting de 6 mois.

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