Je voudrais vous faire partager un article de Beaux-Arts magazine.

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Une organisation secrète, nommée UX, programme des évènements culturels clandestins depuis quinze ans. Beaux Arts a rencontré ces excentriques qui ont notamment restauré l'horloge du Panthéon en douce ... Un entretien underground.

 

La notion de patrimoine agrège souvent des clichés tenaces : seuls les barbons et réacs de tous bords auraient la passion des vieilles pierres et du bel objet. Un ouvrage dément aujourd'hui la légende : il fait le portrait des Untergunther, de sympathiques forcenés qui restaurent clandestinement des lieux et objets du patrimoine. L'auteur, Lazar Kunstmann, porte-parole du groupe, raconte notamment comment, durant toute l'année 2005, huit personnes ont tranquillement installé un atelier de restauration dans les combles du Panthéon et réparé le mécanisme d'une monumentale horloge. Le tout au nez et à la barbe des équipes de sécurité.
Retour sur cet étrange épisode
(extraits)

Qui sont les Untergunthrer ?

Lazar Kunstmann : C'est un groupe d'une dizaine de personnes spécialisées dans la restauration du patrimoine. Elles font partie d'une organisation, l'UX, qui comprend une centaine de personnes, réparties en une douzaine de groupes. L'ouvrage se concentre sur les activités de deux groupes seulement, les Untergunther et la Mexicaine de performation qui organise des spectacles et des projections cinéma.

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Les quelques exemples que vous développez dans le livre (la restauration de l'horloge du Panthéon, la projection clandestine de films...) sont-ils l'arbre qui cache la forêt ? Y a-t-il beaucoup plus d'opérations en cours ?

Oui, si je parle de ces opérations, c'est parce qu'elles sont venues, malgré nous, à être connues. Le festival Urbex Movies, qui a eu lieu pendant cinq ans dans une cavité sous la Cinémathèque, s'est arrêté quand nous avons été dénoncés en 2004. La restauration de l'horloge nous a valu un procès ubuesque en 2006. Les autres opérations, et elles sont nombreuses, doivent rester clandestines.

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Peut-on parler dans le cas de l'Untergunther de pure philanthropie ?

La question se pose en effet puisque nous restaurons gratuitement des choses que personne ne verra jamais. Nous ne nous intéressons qu'au patrimoine non visible, non accessible au public, qui ne sera jamais restauré si nous ne le prenons pas en charge. La seule motivation des Untergunther est donc de ne pas voir disparaître des choses auxquelles ils tiennent. Etant quasiment les seuls à y avoir accés, ils se sentent vis-à-vis d'elles une forme de responsabilité.

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Vous poussez loin l'engagement puisque, en ce qui concerne l'horloge du Panthéon, vous vous êtes posé la question de sa maintenance ...

Une fois l'horloge réparée, nous nous sommes demandés qui pourrait remonter le mécanisme une fois par semaine. Nous avons écarté l'hypothèse d'un gardien, car si vcette horloge était cassée, c'est précisément parce qu'elle avait été sabotée, à coups de barre de fer, par un factotum lassé sans doute de devoir monter régulièrement les étages pour la remonter. D'un commun accord, et c'est la première fois que nous le faisions, nous avons pris rendez-vous avec l'administrateur du Panthéon, Bernard Jeannot. Il s'est montré enthousiaste quand nous lui avons expliqué l'affaire et montré notre atelier clandestin de réparation. Malheureusement il y avait aussi son adjoint à ce rendez-vous, Pascal Monet, et quand ce dernier a pris la place de Bernard Jeannot, il a porté plainte. L'affaire a été médiatisée inutilement puisque la cour a jugé que la réparation de patrimoine ne constituait pas un délit. Ce qui est regrettable, c'est que l'horloge ne fonctionne plus de nouveau. Pascal Monet a fait enlever une pièce du mécanisme pour couper court aux problèmes de maintenance.

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Propos recueillis par Natacha Wolinski

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Et voilà comment un obscur fonctionnaire détruit le travail fait par des bénévoles pour ne pas avoir à assumer une partie de sa charge. Tiens Carlito, pour remplacer l'inénarable Albanel à la culture je te suggère un nom : Pascal Monet. La continuité dans la médiocrité sera assurée.