31 décembre 2007
2007/2008
Merci à Bruno Pele pour la vignette
24 décembre 2007
La Mère Noël
Le village de Pouldrezic allait-il connaître une période de paix ? Depuis des lustres, il était déchiré par l'opposition des cléricaux et des radicaux, de l'école libre des Frères et de la communale laïque, du curé et de l'instituteur. Les hostilités qui empruntaient les couleurs des saisons viraient à l'enluminure légendaire avec les fêtes de fin d'année. La messe de minuit avait lieu, pour des raisons pratiques, le 24 décembre à 6 heures du soir. A la même heure, l'instituteur, déguisé en Père Noël, distribuait des jouets aux élèves de l'école laïque. Ainsi le Père Noël devenait-il par ses soins un héros païen, radical et anticlérical, et le curé lui opposait le Petit Jésus de sa crèche vivante - célèbre dans tout le canton - comme on jette une ondée d'eau bénite à la face du Diable.
Oui, Pouldrezic allait-il enfin connaître une trêve ? C'est que l'instituteur, ayant pris sa retraite, avait été remplacé par une institutrice étrangère au pays, et tout monde l'observait pour savoir de quel bois elle était faite. Madame Oiselin, mère de deux enfants - dont un bébé de trois mois - était divorcée, ce qui paraissait un gage de fidélité laïque. Mais le parti clérical triompha dès le premier dimanche, lorsqu'on vit la nouvelle maîtresse faire une entrée remarquée à l'église.
Les dès paraissaient jetés. Il n'y aurait plus d'arbre de Noël sacrilège à l'heure de la messe de "minuit", et le curé resterait seul maître du terrain. Aussi la surprise fut-elle grande quand madame Oiselin annonça à ses écoliers que rien ne serait changé à la tradition et que le Père Noël distribuerait ses cadeaux à l'heure habituelle. Quel jeu jouait-elle ? Et qui allait tenir le rôle du Père Noël ? Le facteur et le garde champêtre, auxquels tout le monde songeait en raison de leurs opinions socialistes, affirmaient n'être au courant de rien. L'étonnement fut à son comble quand on apprit que madame Oiselin prêtait son bébé au curé pour faire le Petit Jésus de sa crèche vivante.
Au début tout alla bien. Le petit Oiselin dormait à poings fermés quand les fidèles défilèrent devant la crèche, les yeux affûtés par la curiosité. Le bœuf er l'âne - un vrai bœuf et un vrai âne - paraissaient attendris devant le bébé laïque si miraculeusement métamorphosé en sauveur.
Malheureusement il commença à s'agiter dès l'Evangile, et ses hurlements éclatèrent au moment où le curé montait en chaire. Jamais on n'avait entendu une voix de bébé aussi éclatante. En vain la fillette qui jouait la Vierge Marie le berça-t-elle contre sa maigre poitrine. Le marmot, rouge de colère, trépignant des bras et des jambes, faisait retentir les voûtes de l'église de ses cris furieux, et le curé ne pouvait placer un mot.
Finalement, il appela l'un des enfants de chœur et lui glissa un ordre à l'oreille. Sans quitter son surplis, le jeune garçon sortit, et on entendit le bruit de ses galoches décroître au dehors.
Quelques minutes plus tard, la moitié cléricale du village, tout entière réunie dans la nef, eut une vision inouïe qui s'inscrivit à tout jamais dans la légende dorée du Pays Bigouden. On vit le Père Noël en personne faire irruption dans l'église. Il se dirigea à grands pas vers la crèche. Puis il écarta sa grande barbe de coton blanc, il déboutonna sa houppelande rouge et tendit un sein généreux au Petit Jésus enfin apaisé.
Extrait du Coq de bruyère de Michel Tournier
L'image du début du billet est une aquarelle de Frieda Rauscher
22 décembre 2007
Baigneuse
De temps en temps, histoire de me faire du mal (mais non, je plaisante) je vais faire un tour sur les statistiques de canalblog pour voir d'où viennent ceux qui ont la gentillesse de jeter un œil sur mon blog. En fait, je n'ai qu'un nombre de visiteurs dont la plupart, ceux qui viennent sans passer par un moteur de recherche, n'ont pas d'origine identifiée; pour ceux-là, je n'ai que la mention "provenance inconnue".
Par contre, j'ai la liste des mots-clefs des moteurs de recherche qui guident le pauvre pékin dans mes rets blogueux. C'est toujours rigolo à voir et parfois surprenant. Et en ce moment, j'ai une fréquentation accrue grâce à la participation de l'ami Pascal sur le billet "le 15 novembre, quelque part au Japon". En effet, une des légendes qu'il propose fait une délicate allusion à Laure Manaudou. Eh bien cette mention m'attire un bon nombre de visiteurs qui ont tapé, dans la petite fenêtre réservée à cet effet chez Google, le nom de cette splendide nageuse. Ils doivent être bien déçu car la majeure partie d'entre eux a indiqué "laure manaudou nue" ou quelque chose de similaire. Or, sur le billet ne figure même pas sa photo.
Conscient que le présent billet qui comporte également son nom (suivi en plus du qualificatif "nue") va également être référencé et devenir ainsi un nouveau point de chute, je ne veux pas décevoir mes visiteurs. En conséquence, et afin de me différencier des autres adresses indiquées par le célèbre moteur, je place ci-dessous un groupe de baigneuses parmi lesquelles on retrouvera aisément (particulièrement grâce au regard coquin qui a fait sa réputation) la grand-mère de Laure Manaudou.

(vous pouvez cliquer sur la photo pour l'agrandir)
21 décembre 2007
La croix gommée

Vue par satellite de la base de l'US Navy à San Diego, en Californie.
Sur Google Earth, on voit tout et ça peut coûter cher. L'US Navy en sait quelque chose puisqu'elle va bientôt débourser 600 000 $ pour camoufler un de ses bâtiments remarquablement mal pensé. Mais qu'est-ce qui cloche, tout à coup, avec cette caserne de San Diego construite il y a quarante ans ? Vue du ciel, elle a la forme d'une svastika bouddhique, mais rappelle surtout, pour la majorité des occidentaux, le pire symbole de l'histoire du XXème siècle. Cette méga-boulette, seulement repérable jusque là par quelques pélicans égarés (la zone est interdite de survol), a provoqué plus d'un frisson sur la Toile. La Marine américaine s'est donc résolue à maquiller la bourde par des "éléments de végétation" ou des "panneaux solaires" pour citer son porte-parole.
C'est sans doute plus sage.
Source : Beaux Arts (novembre 2007)
19 décembre 2007
Mr Smokey
Je suis du genre soigneux avec mes chaussettes. Certains philosophes ont spéculé sur les raisons pour lesquelles les gens perdaient si souvent leurs chaussettes lors des lessives, mais jusqu'à récemment cela ne m'était jamais arrivé. En l'espace de quatorze année, je n'avais jamais égaré une seule chaussette. Mais voilà que j'en ai perdu une en octobre 2001. Puis une autre deux semaines plus tard, et enfin une troisième vers Thanksgiving. Et lentement, la vérité s'est faite jour : j'avais mis le pied dans quelque chose de pas clair.
"Au nom d'Andrew W.K. (*), que se passe-t-il ?" me suis-je demandé tout haut en triant mon linge fraîchement lavé. Pourquoi mes chaussettes disparaissent-elles comme le panda de Chine ? Qu'est-ce qui avait changé ?
Réponse : Mr Smokey.
Je me suis rendu compte que le seul changement récent dans mes habitudes lessivières était ma nouvelle habitude de caresser un félin d'origine inconnue. Pour accéder à la laverie attenante à mon immeuble, il me fallait sortir quelques instants par la porte de derrière, où je rencontrais régulièrement un chat roux que je me plaisais à appeler Mr Smokey. En dépit de nos différences initiales, j'avais engagé une relation amicale avec Mr Smokey ; chaque fois que je le voyais, je grattouillais ses oreilles de p'tit minou, à sa grande joie de p'tit minou.
Du moins en apparence.
Les indices ont commencé à s'accumuler, indiquant que Mr Smokey profitait de cet échange hebdomadaire pour faire diversion et me voler mes chaussettes, une par une. Je n'ai pas encore élucidé pourquoi il convoitait mes chaussettes, moi qui ai toujours cru que les p'tits minous voulaient des mitaines.
Cependant, il n'y avait pas d'autre explication à ces disparitions. De fait, j'ai de bonnes raisons de croire que tout un réseau de chats était impliqué. Peut-être que Mr Smokey détournait-il mon attention pendant qu'un deuxième chat (ou même plusieurs) bondissait dans mon panier à linge pour subtiliser mes plus belles parures de pied avant de s'évanouir dans la pénombre. J'ai la conviction qu'un chat encore plus gros (Mr Orange), venu d'un immeuble voisin, faisait partie de cette conspiration.
"Combien de fois, demandait le cocaïnomane Sherlock Holmes dans le Signe des quatre, ai-je dit que lorsqu'on a éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable que ce soit, est nécessairement la vérité ?" C'est vrai ; et si quelqu'un a le sens de la logique, c'est bien moi.
Mr Smokey doit mourir.
(*) Musicien extrêmement fêtard, auteur notamment de la chanson "we want fun" qui figure dans le film Jackass ; il a aussi composé la musique pour Kit Kat, "Gimme a break".
*-*-*-*-*-*-*-*-*-*
"Quand je n'arrive pas à dormir, j'aime à rester couché dans le noir en faisant comme si j'avais été assassiné. J'ai constaté que c'était le meilleur moyen pour trouver le confort. Je m'imagine dans le cercueil, à mon enterrement, et des gens venus de mon passé défilent devant mon cadavre en commentant mon décés. C'est assez rassurant : à mon enterrement imaginaire au moins, c'est étonnant de voir combien de mes amies étaient amoureuses de moi en secret."
Chuck Klosterman : Sexe, drogues et pop-corm,
traduit de l'américain par Valérie Le Plouhinec, édité chez naïve.
17 décembre 2007
Chamboula
Au Village Fondamental, la vie était organisée suivant les compétences de chacun. Celui qui ne savait rien faire ne faisait rien, celui qui savait sauter sur le pied gauche sautait sur le pied gauche, celui qui savait parler aux enfants parlait aux enfants, celui qui savait éplucher des noix épluchait des noix.
Grandes Cuisses, qui était très fort et très vaillant, faisait tout le reste, ce qui était bien commode.
Le plus grand et le plus gros du village était le Chef, parce qu'il donnait les plus grosses claques. Autour du village il y avait des champs, et ces champs étaient les champs du village et du chef du village.
Chaque matin, les hommes partaient à la chasse et les femmes aux champs. Ils étaient chargés du rouge et elles s'occupaient du vert et du blanc.
Il faisait jour le jour, noir la nuit, chaud à la saison chaude et humide à la saison des pluies, et ceci depuis le temps du père du grand-père du père du grand-père, et idem pour la grand-mère.
On se protégeait des grands fauves en laissant le champ libre au lion lorsqu'il voulait venir boire. On se méfiait des éléphants, qui font des ravages et vous mangent la forêt entière pour leur dîner.
On faisait du bon sexe au village; les hommes regardaient les petites filles grandir avec patience. Grandes Cuisses regardait aussi les petits garçons grandir.
Le village était fier de compter parmi ses habitants la plus belle femme jamais portée par la terre et le fleuve. Elle se nommait Chamboula.
...
C'est le début du premier chapitre de "Chamboula", un livre de Paul Fournel, publié au Seuil.
Un jour arrive un réfrigérateur au village et très vite on en vient à se battre pour être le premier à s'y rafraîchir.
Une télévision arrive ensuite qui rivalise avec l'arbre à palabres.
SAV ("service après-vente") débarque et ne tarde pas à lorgner sur Chamboula et à gratter le sol et le sous-sol.
Il embauche Boulot, mais celui-ci a soif d'autres horizons.
Et ça continue, en courts chapitres, avec une imagination débridée et une science Oulipienne pendant 340 pages.
Paul Fournel est également l'auteur de La multiplication du chiendent.
"Ferme tes mains, ouvre les douas en même temps qu'moua et compte : nain, deuil, toit, carte, sein, scie, sexe, huître, veuf et disque. Avec les doigts d'pied on peut aller de bronze à vin, mais t'es trop saoûl pour ça."
La table de nain
- nain fois nain = nain
nain fois deuil = deuil
nain fois toit = toit
nain fois carte = carte
nain fois sein = sein
nain fois scie = scie
nain fois sexe = sexe
nain fois huître = huître
nain fois œuf = œuf
nain fois disque = disque
A jeûn, j'ai réussi enfin à quitter mes chaussettes pour faire la table de deuil
La table de deuil
- deuil fois nain = deuil
deuil fois deuil = carte
deuil fois toit = scie
deuil fois carte = huître
deuil fois sein = disque
deuil fois scie = bouse
deuil fois sexe = carrosse
deuil fois huître = baise
deuil fois œuf = triste huître
deux fois disque = vin
14 décembre 2007
Le 15 novembre, quelque part au Japon
Les tsunamis de novembre sont bien plus rigolos que les tsunamis de décembre !
Autres propositions :
C'est prouvé par un centre de recherche japonais, les bains de vin rouge déjaunissent la peau
Lamaliote
Enfin une piscine à vin pour enfants; un petit pas pour l'humanité et un grand pas pour les bistrots !
Lys
Le beaujolais nouveau est arrivé; les japonais ont du goût et sont écolos, ils ont trouvé comment recycler avantageusement cette piquette.
Marieln
Ils sont graves, ces japs !
(là, pour apprécier celle-là faut s'y connaître un peu en vins)
Sire de Walfrey
Jésus revient ! L'eau du baptême se change en vin !
Gastonlebrave
Beaujolais nouveau : le millésime 2007 a des arômes de moule et de queue de citron.
cqfd
Transfusion sanguine : les dopés ont des globules jaunes
ou
Pekin 2008 : Laure Manaudou a ses règles !
Pascal
*-*-*-*-*-*-*-*-*-*
Comme d'habitude, crédit photo Brave Patrie, les légendeurs sont issus de La Colonie et du Fol Univers.
10 décembre 2007
Anniversaire
Aujourd'hui, 10 décembre, c'est la journée anniversaire de la déclaration des Droits de l'Homme, et la journée des droits de l'Homme 2007 marque le début de la commémoration pendant toute une année du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme.
Que faisons-nous en France pour débuter cette commémoration ? nous recevons ce délicat humaniste qu'est le Guide suprême de la Jamahiriya libyenne le colonel Muammar Kadhafi. Celui-ci ne se déplace pas seul, il sera accompagné d'une délégation d'environ 400 personnes, transportée par 5 avions dont deux cargos qui contiendront les voitures blindées, les camions et la fameuse tente dans laquelle le colonel aime à recevoir ses invités (*).
- Bon, lui il a les Ray-bans, mais moi j'ai la Rolex
Avouez que pour fêter le départ de l'année des droits de l'homme, ça en jette. Il y a quelques jours, notre grand président avait félicité Poutine pour le résultat de la "consultation" électorale qui avait vu le parti de Président russe obtenir une très confortable majorité; bien sûr des urnes avaient été bourrées (reportage sur nos chaînes nationales), des journalistes avaient été assassinés et des opposants encore vivants avaient été emprisonnés; c'est à ce prix qu'on obtient des élections calmes dans un grand pays démocratique. Il faut rappeler que Chirac (oui, celui d'avant) avait décoré le dit Poutine d'une discrète Légion d'Honneur.
Pour rester dans le ton, il faut se souvenir également que le tout nouvel élu Jacques Chirac avait fêté le cinquantième anniversaire du lancement de la bombe sur Hiroshima en reprenant des essais nucléaires dont l'utilité s'est avérée pour le moins douteuse. Ça lui avait d'ailleurs valu de recevoir le prix Ig Nobel de la Paix en 1996
Il n'y a pas à dire, nous les Français, en matière de commémoration, on est vraiment les champions en gestes "forts".
Tenez, les gars, vous pouvez vous le partager et au regard des bêtises ci-dessus, ça n'est pas cher payé !
09 décembre 2007
Question 1
Toujours dans ce repaire de talents qu'est le Fol Univers de Gaston Lebrave j'avais, il y a quelques temps lancé un jeu. C'était relativement simple de ma part, je posais une question et je collectais les réponses. Evidemment, là encore, le jus de cerveau de mes collègues forumeurs a produit ses bijoux habituels.
Voici la première question :
"A quoi servent les épines d'une rose ?"
... et voici leurs réponses :
Les épines de la rose contiennent si on les ouvre de petits corpuscules. Si l'on jette en l'air ces petits corpuscules on obtiendra trois petits tas. Il suffit de compter le nombre d'objets de chacun des tas pour connaître le futur résultat du tiercé. De là la coutume d'appeler ces protubérances florales des épines de cheval.
Gastonlebrave
Les épines des roses servent à véhiculer un
germe anaérobie connu sous le joli nom de Plectridium Tetani et qui
provoque une maladie extrêmement intéressante toute pleine de
trismus, d'opisthotonos et de spasmes paroxystiques hyperdouloureux
pouvant conduire à un décès tout à fait spectaculaire.
Des vaccinations de routine ont quasiment fait disparaître cet impressionnant spectacle.
Mais
tout espoir n'est pas perdu : d'irréductibles militants naturophiles
entretiennent un grand zèle écologique et recommandent d'éviter les
vaccinations qui, en plus, sont soupçonnées de rapporter de l'argent à
l'industrie pharmaceutique !
cqfd
A contrebalancer l'impression radieuse que procure la vision des pétales par une douleur inattendue.
Renard
euh ... à augmenter le plaisir de la flagellation !
Momotte
Les épines des roses ont pour utilité de rendre l'expression dormir sur un lit de roses complètement ridicule.
Léon le Wacky
A faire chier celui qui s'occupe des dites roses qui oublierait une protection adéquat..
Loutre
Il y a certainement d'autres réponses possibles ... les commentaires sont à votre disposition.
07 décembre 2007
Mais où est donc Ornicar ?
Rentrée des classes et cours de math
Le prof a l'air d'un psychopathe
Carton jaune et manque d'humour,
C'est l'interro dès l'premier jour
Salut les années collège
6 fois 5 et j'retiens 1
Dans une classe de 30 élèves
Y a plus que 29 gamins
Mais où est donc Ornicar ?
On l'a pas trop calculé
Déjà 3 tonnes de devoirs
Et c'est pas du bon français
Un pour tous et tous pourris,
C'est par ici la sortie
Mais où est donc Ornicar,
Wladimir et Ismaël ?
Pour Kamel et Boubakar
... Quelle horreur est-il ?
Vite en français, dissertation
Et c'est maint'nant que ça s'complique
Liberté, j'écris ton nom
Mais sans papier, c'est pas pratique ...
D'ailleurs l'Histoire, c'est tout comme
On a la guerre d'Algérie
Sauf qu'au pays des Droits d'l'Homme
C'était chouette les colonies !
Alors en sciences naturelles
On pige que c'est pas gagné
Y a le mâle, y'a la femelle
Et puis le sans-papiers
Qu'est aussi un mammifère
Même si on sait pas quoi en faire ...
Mais où est donc Ornicar,
Wladimir et Ismaël ?
Pour Kamel et Boubakar
... Quelle horreur est-il ?
17h30, cours de physique
Tout corps plongé dans un liquide
Finit toujours par s'noyer
Ca évit'ra de l'expulser ...
Liberté quand tu nous tiens
H 2 O ça fait rêver
Mais l'destin du clandestin
C'est d'fermer sa gueule à clef !
... Ou bien d'aller faire trempette
Vu qu'dans ce genre de croisière
Passer par profits et pertes
C'est moins dur qu'la frontière !
Mais le manque de savoir vivre
Ca limite les récidives ...
Mais où est donc Ornicar,
Wladimir et Ismaël ?
Pour Kamel et Boubakar
... Quelle horreur est-il ?
Mais à part ça la vie est belle
Et puids faut dire qu'dans les ghettos
Y a pleins d'places à la poubelle
Et ça s'appelle Lycées techno
Mais toi, t'es déjà nulle part
Et du fond d'l'aéroport
Tu peux même pas dire au r'voir
Bouffé par l'escalator.
Y'a plus que 29 élèves
Dans une classe de 30 gamins
Salut les années collège
Et puis salut les copains
Pour toi Medhi
L'école est finie !
C'est une des 14 chansons qui figure sur le CD d'Agnès Bihl : "demandez le programme"
Les autres sont plus lègères: La complainte de la mère parfaite ou I'm a poor lonesome call girl ou plus "lourdes" comme Touche pas à mon corps, très belle chanson sur l'inceste.
Agnès Bihl, on ne l'entend pas beaucoup sur les ondes; c'est ce qu'on appelle une chanteuse à textes et comme le dit l'éditeur on retrouve sur ce CD des sujets forts, traités sans tabous, du relief, des couleurs, un rythme sur des écrits ciselés où il y a tout autant à rire, à réfléchir qu'à s'émouvoir.















