30 octobre 2007
Les Malassis
Les Malassis, on va dire que c'est "un grand ensemble".
C'est
aussi un recueil de nouvelles édité chez Julliard dans une collection
dirigée par Jean Vautrin. Et c'est Jean Vautrin qui a rédigé le 4ème de
couverture que je vous recopie:
Tiens,
pas trop tôt ! En 42 histoires à la mine de plomb, voilà croqué le
décorum des spectres. La cité achélème. Les ratés du rayon de soleil.
Vilains soirs à crans d'arrêt. Gredins museaux. Viandes humaines et
plantes vertes. Les Malassis ne sont pas des gniasses qui jouent de la
flûte à Disneyland.
Lopeux, sales, criards à entendre, je dirais
qu'ils pompent à la manière des Shadoks. Zoizeaux pas réparables.
Fabriqués gris-obstiné par des éternités de pauvreté et de médiocrité.
Prêt pour l'adultère. Le kilbus. Le contrebond. Ils ne sont pas très
bien aperçus. Z'habitants tous en barres. 6 ou 700 par muraille.
Alvéolés. N'en quel état ! Bâtiment A , bâtiment C. Dardant la vie,
c'est le train-train des horreurs ordinaires.
Daniel Zimmermann
s'y entend en mémoire avariée. Dites ! La façon qu'il bétonne ses fables
! Qu'il invente la légende des années 50. Qu'il brode des menteries sur
les intrigants Chinetoques. Acharné guetteur, doué pour entonner la
voix des escogrus de banlieue rouge, oncle Zimm sait très bien qu'on ne
reboume pas les hortensias sur des décharges.
Son humour, c'est
celui de la bouzillerie. L'onirisme affleure. L'émotion poigne. Rire
garanti. Dans un monde tout en colique, les flics qui sifflent partout,
les chiens montés sur colliers étrangleurs, faut voir et connaître la
façon qu'ils s'accommodent, les Malassis. Quelle leçon !
Fin de citation.
Je n'ai pas trouvé d'images de couverture pour ce livre: pour avoir quelques renseignements sur l'auteur, Daniel Zimmermann vous pouvez aller sur Domaine Public, un site suisse, pour lire l'article d'André Gavillet.
Dans ce livre il nous raconte l'histoire de ces banlieues naissantes après la guerre avec cette population si particulière, source inépuisable d'histoires tendres, cruelles mais emplies d'humanité.
Voici l'une d'elles.
Ce n'est pas tout de suite après la guerre qu'on l'a appelé comme ça.
Avant on disait seulement "le payeur", parfois on ajoutait "des
Allocations". Mais moi je sais ce que je sais et j'ai dans l'idée que,
sans se l'avouer, on pensait depuis longtemps à lui comme au vrai père
Noël. En mieux. Avec celui des mômes on est toujours déçu. On ne reçoit
jamais de lui les commandes sur lesquelles on s'est appliqué. Ou il se
mélange dedans, ou à nouveau, il n'a pas les moyens et au lieu du vélo
demandé, il vous apporte une orange et un sifflet de quatre sous. Et il
ne passe qu'une fois par an. Tandis qu'avec le payeur Noël c'était tous
les mois, entre le 11 et le 14, rubis sur l'ongle, chacun recevant
juste ce qu'il espérait. Et quand je dis "chacun", c'était plutôt
"chacune", je sais ce que je sais, mais chaque chose en son temps.
Maintenant
que n'importe qui a un compte courant, ou s'il est interdit de chéquier
va toucher un mandat à la poste, on a oublié ce que c'était l'attente
du payeur Noël. Plusieurs jours auparavant, on osait envoyer les gosses
"Chez Grégoire".
- Maman elle dit que vous mettiez ça sur la note et qu'elle viendra régler demain ou aprés-demain, sans faute.
L'une
ou l'autre des Mme Grégoire successives hochait la tête et demandait à
son mari d'augmenter le stock de conserves, certaine d'être bientôt
dévalisée en boîtes de sardines, de pâté, de cassoulet, même de crabe.
Partout ce serait le réveillon le soir du passage du payeur Noël.
A
la différence de la paye, l'argent des Allocations appartenait aux
femmes. c'est pourquoi une fois par mois elles dépensaient sans compter
et sans se fatiguer en cuisine, la véritable fête des mères. Elles s'y
préparaient à l'avance, elles briquaient leur ménage, elles se lavaient
la tête, elles mettaient des bigoudis, elles papotaient autour de la
borne-fontaine municipale:
- Moi j'ai comme un pressentiment que c'est pour aujourd'hui.
- Pensez-vous, on est que le 11, d'habitude c'est plutôt le 12 ou le 13.
Enfin
le payeur Noël arrivait sur sa moto, blouson de cuir, casquette,
lunettes, sacoche en bandoulière. Au bruit de la pétarade, les femmes
filaient à la maison, en hâte elles ôtaient leurs bigoudis, elles se
recoiffaient, un dernier coup d'oeil à la glace, le coeur battant comme
pour leur premier rendez-vous, les enfants à l'école, et le mari
soit-disant au travail, je sais ce que je sais.
Il faut dire que
le payeur Noël était bel homme, un grand brun avec une petite
moustache, et galant, toujours le mot pour rire, empochant sans
regarder le pourboire, remerciant de la même façon quel que soit le
montant. Peut-être s'attardait-il une minute ou deux chez les plus
accortes, guère davantage, il était trop surveillé par les voisines
derrière leurs rideaux. Ce qui ne l'empêchait pas de donner rendez-vous
ailleurs à l'une ou à l'autre, je sais ce que je sais.
L'histoire n'aurait peut-être pas eu de fin si on n'avait pas joué à l'Excelsior le film de Christian Jaque l'assassinat du père Noël.
Ca a donné des idées à quelqu'un et la semaine suivante, le payeur Noël
a percuté en moto un fil de fer tendu au travers du chemin de la
Marlière. Un coup de trique entre les deux oreilles pour l'achever, la
sacoche disparue, le vol était le mobile du crime ont conclu les
gendarmes. Ou son maquillage par un mari jaloux, je sais ce que je sais.

(illustration photographique : René Maltête : écoliers cinéphiles)
27 octobre 2007
Benoit joue aux ballons
Le LSD entre au Vatican :
Voici le sabre, je vous laisse imaginer le goupillon
Les autres propositions :
Bonne nouvelle du Vatican: le préservatif n'est plus mis à l'Index!
(cqfd)
J'ai toujours dit que les nazis étaient de grands enfants.
(rainai)
Benoit 16-64 : la calotte qui capote !
ou
Exclusif : c'est Benoit qui a défloré soeur emmanuelle !!
(Pascal)
Révélations : Benoît XVI préfère les sex-toys aux seins de glace !
(chani)
25 octobre 2007
Epinards
Hier à l'école, éducation civique.
Le soir, à la maison, on passe en revue certaines bases.
- Papa, c'est comment une dictature ?
- Et bien, par exemple, tu n'aimes pas les épinards, mais maman, qui juge que c'est bon pour ta santé, t'oblige à en manger.
- ... et la démocratie, c'est quoi ?
- si on reste avec le même exemple, nous sommes trois à la maison; sur ces trois personnes, deux, c'est à dire la majorité, maman et moi, aimons manger des épinards; donc il y a des épinards au repas.
- ... mais papa, dans les deux cas je mange des épinards !
- C'est bien observé, mon grand, tu viens d'aborder là l'épineux problème des minorités.
22 octobre 2007
Vocation
A l'age de 10 ans, mon fils Romain traversa une intense période d'irradiation religieuse. Mon épouse et moi, adeptes de l'autodétermination, n'avions pas fait baptiser nos enfants tout en nous promettant de ne pas nous opposer à leur décision d'embrasser plus tard, s'ils le souhaitaient, telle ou telle religion. Le cher petit devint un assidu du catéchisme et manifesta le vif désir d'être baptisé puis d'enchaîner avec la communion. Durant cette période je ne ménageai pas l'ado, aidé en cela par mon fils ainé - un adulte - . Le gamin dut supporter des questions du genre "Mais ce fameux Jésus, il joue dans quel groupe, au fait ?" ou alors "Un type aussi croyant que toi devrait partager son dessert, ta religion c'est de la frime."
Romain opposait à nos sarcasmes un leitmotiv imparable : " Moi, je suis religieux, vous n'avez pas à vous moquer de mes croyances."
Enfin
bref, nous sacrifiâmes aux deux fêtes catholiques imposées et je dus
m'exhiber dans l'église Saint-Merri, psalmodiant des mots sans suite en
lieu et place des paroles sacrées. Le repas de communion nous permit de
reprendre contact avec notre famille lyonnaise et tout rentra dans
l'ordre peu après: les velléités confessionnelles du garçon furent
supplantées par une passion soudaine pour le tennis.
Néanmoins, afin de ne pas perdre la main, le cher ange poursuivit ses errances scolaires dans un collège privé.
Agé
de quatorze ans, il vient de rentrer ce soir à la maison. Après avoir
balancé lourdement son cartable et bu un demi-litre de coca, il se
tourne vers nous, accaparés par la lecture d'un quotidien.
- Vous
allez pas me croire. J'avais mon pull Ralph Lauren, mon jean 501 et mes
baskets Fila, et ce vieux con d'aumônier me regarde, l'air dégoûté, et
me traite de négligé. Moi, négligé. Lui, il se trimballe toute l'année
dans un costume grix tout râpé et il me donne des leçons d'élégance. P
utain, j'avais les boules. Du coup, sa messe de neuf heures demain
matin, il se la carre dans le cul !
Mon épouse va pour protester,
mais son regard croise le mien et elle freine des quatre fers. Demain
nous sommes samedi, et sans la messe, nous récupérons une grasse
matinée imprévue.
C'est le genre de satisfaction dont on ne sait trop s'il faut en remercier dieu ou simplement la coquetterie adolescente.
*-*-*-*-*-*-*-*-*-*
Il s'appelle Marc Villard.
Voilà ce qu'en dit Gianni Ségalotti, dans L'Oeil électrique, vous y trouverez également une interview très intéressante notamment sur la manière d'écrire, la musique et les centres d'intérêts de Marc Villard.
Marc Villard se consacre au roman noir depuis le début
des années 80. Il appartient à la vague du néo-polar qui a porté au
sommet des auteurs tels que Daenninckx ou Jonquet. Une tendance
littéraire virulente, viscéralement contestataire, impulsée dès les
années 70 par Jean-Patrick Manchette qui se chargera, le premier, de
politiser le roman noir et d'en creuser les aspects sociaux.
Villard
privilégie le récit court. A ce jour, il a publié une vingtaine de
romans brefs, de novellas ou de recueils de nouvelles ; mention
spéciale pour la magnifique trilogie noire que forment La Porte de
derrière, Rouge est ma couleur et coeur sombre. Ses fictions - denses,
rythmées, pessimistes - se caractérisent par une extrême sécheresse du
style et une rapidité d'écriture proche du roman noir américain. Chez
ses héros - construits sur la figure récurrente du perdant ou du
réprouvé - toute psychologie est évacuée au profit d'une approche
comportementale : les personnages n'existent que par les actes qu'ils
posent ou par les phrases qu'ils prononcent. Pour camper le décor de
ses intrigues, Villard choisit exclusivement le contexte violent et
défavorisé des grandes villes et des banlieues. Avec quelques quartiers
de prédilection : Barbès, Pigalle, La Courneuve.
Enfin, avec
Villard, on découvre un styliste hors pair, une écriture en apnée, sans
temps mort, à la fois cynique et humaniste, située au confluent de
plusieurs disciplines : cinéma, rock, jazz, photographie.
Fin de citation.
Parallèlement à ses romans policiers Marc Villard publie également des petits recueils de nouvelles ayant pour base sa vie, la vie familiale, le boulot, les souvenirs qui s'accrochent, les petites lâchetés et les petits moments de courage. On ne sait pas si c'est vrai, si c'est issu de l'imaginaire, mais en tout cas, moi, ça m'a beaucoup plu. Tenez, pour le plaisir, je vous mets le quatrième de couverture du livre d'où j'ai tiré le récit ci-dessus.
L'été dernier, à Eyragues, lassé du soleil, de la piscine, de la tapenade, des saucisses au feu de bois et du pastis obligatoire, je me suis décidé de mettre un terme à ma vie. Par noyade. A minuit, je suis descendu dans la salle de bain en étouffant mes pas. J'ai fermé la bonde du lavabo et j'ai laissé l'eau couler sur ma nuque, le nez dans la vasque. Comme je commençais à manquer d'air, Christine s'est pointée à la porte pour me lancer :
- Tu te laves les cheveux à minuit ! Ca s'arrange vraiment pas.
Prometteur, non ?
14 octobre 2007
Mondes imaginaires
Lorsque nous sommes allé voir Jean Linard il nous avait extrait de sa bibliothèque un livre titré "Mondes imaginaires" édité par Taschen
(Photos Deidi von Schaewen, textes John Maizels)
Ce bouquin d'art de 240 pages que l'on peut se procurer auprès d'Amazon pour une somme ridicule au regard de ce qu'il contient, nous emmène dans d'improbables lieux situés sur notre planète : 32 en Europe dont 20 en France, 22 sur le continent américain, 6 en Asie et 2 en Afrique.
Ces lieux ont fait l'objet d'appropriation de la part d'artistes autodidactes pour la plupart qui se sont investis d'une mission, souvent connue d'eux seuls et se sont lancés dans de pharaoniques travaux qui les ont occupé la majeure partie de leur vie.
Bien sûr, pour apprécier de telles oeuvres, il faut abandonner tout pragmatisme et s'efforcer d'entrer dans ces mondes si différents. C'est un livre qui se déguste morceau par morceau. Il constitue pour chacun de ces personnages une approche qu'il est jouissif de compléter par des recherches sur le net ou ailleurs pour essayer de comprendre les motivations des créateurs de ces lieux. C'est un dépaysement mental extrêmement utile pour les robots (ou moutons) que nous nous surprenons à voir parfois dans les miroirs de nos salles de bains.
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Le plus connu en France est le facteur Cheval
Dans une lettre adressée
à l'archiviste départemental André
Lacroix en 1897, il explique :
"Un jour du mois d’avril en 1879, en
faisant ma tournée de facteur rural [...] mon pied accrocha
quelque chose qui m'envoya rouler quelques mètres plus loin
[...] Je fus très surpris de voir que j’avais fait
sortir de terre une espèce de pierre à la forme
si bizarre, à la fois si pittoresque que je regardais autour
de moi. Je vis qu'elle n'était pas seule. Je la pris [...]
et je l’apportais soigneusement avec moi. A partir de ce
moment, je n'eus plus de repos matin et soir. Je partais en chercher;
quelquefois je faisais 5 à 6 kilomètres et quand
ma charge était faite je la portais sur mon dos."
A partir de ce moment il accumule des pierres et décide de construire un palais étrange. Il y travaillera 33 ans.
10 mille journées
93 mille heures
33 ans d’épreuves
Plus opiniâtre que moi se mette à l’oeuvre
(Ferdinand Cheval)
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Dans le même état d'esprit, site à visiter également : anarchitectures du monde
11 octobre 2007
Averse de toasts
Robert Matthews a accédé à la célébrité au milieu des années 1990 grâce à son étude "Tumbling toast, Mrphy's Law and the fundamental constants", parue dans l'European Journal of Physics (vol.16, p. 172-76). Le chercheur y démontrait les deux choses suivantes.
Un : les toasts ont bel et bien tendance à tomber sur leur côté beurré, contrairement à ce que prétend la science statistique (pour laquelle c'est fifty-fifty). La raison en est toute bête : le toast est généralement posé sur sa face non beurrée et, après avoir pris son envol depuis le coin de la table, il tombe animé d'un lent mouvement de rotation. Or le trajet qu'il parcourt ensuite jusqu'au sol est trop court pour lui permettre un tour complet. C'est plus souvent un demi-tour ou un peu moins, ce qui implique une réception côté beurre, comme chacun a pu le constater. Cela se vérifie aussi avec les biscottes et les tartines.
Deux : si la table sur laquelle nous prenons notre petit déjeuner était haute d'environ 3 mètres, les toasts retomberaient plus souvent sur leur côté non beurré. Cette deuxième loi peut être directement déduite de la première puisqu'une table très haute (mais pas trop) autorise un tour complet du toast.
Hélas, les tables de 3 mètres ne courent pas les rues et sont de toute façon peu adaptées aux activités alimentaires courantes. Ce qui fait que les travaux de Matthews se sont révélés de peu d'utilité pratique. Sans doute est-ce l'une des raisons pour lesquels ce chercheur est retourné ensuite à un relatif anonymat. C'est très injuste car, dés l'année suivante, Robert Matthews se mettait à produire de la science vraiment utile. Il publiait ainsi dans Nature (vol.382, p. 766) un remarquable "Base-rate errors and weather forecasts". Article qui commençait par la question : faut-il ou non s'encombrer d'un parapluie lorsque la météo prévoit de la pluie ? Et se terminait, quelques équations plus loin, par cette réponse formelle : non.
Non, c'est idiot de s'encombrer d'un parapluie - c'est littéralement une "stratégie sous-optimale" - car il y a peu de chance qu'on l'ouvre. Non pas que les bulletins météo soient totalement foireux, au contraire : la météo britannique (Matthews a fait son étude en Angleterre) est fiable à 83 % lorsqu'elle prévoit de la pluie. Pour autant, cela ne veut pas dire qu'il va pleuvoir toute la journée. Il va juste tomber un peu d'eau à un moment ou à un autre. Cette nuance est essentielle dans le cas qui nous occupe. Car on sort rarement marcher dans la rue 24 heures d'affilée. C'est plus souvent une heure, au maximum. La bonne question à se poser est donc : quelle est la probabilité qu'il se mette à pleuvoir d'une heure sur l'autre ? Elle est faible : 8 chances sur 100 en moyenne, selon Chandler et Gregory (The climate of the British Isles, Longman, 1976).
L'oeuvre matthewsienne peut être ainsi résumée : on a toujours raison de se méfier des toasts, de la météo et des statistiques.
*-*-*-*-*
Ce texte est extrait de "Au fond du labo à gauche", collection Points aux éditions du Seuil. Il est le résultat d'une compilation d'Edouard Launet, reporter à Libération, qui a entreprit d'éplucher la presse scientifique en quête de ce qu'il nomme la science champagne.
On y apprend, entre autres les meilleures façons de se suicider avec des feux d'artifice, d'analyser aus rayons X la barbe à papa, d'étudier scientifiquement l'odeur de la girafe. On y répond aussi à certaines questions fondamentales : un coup de foudre est-il décelable au scanner ? Un accélérateur de particules peut-il servir d'horaires des marées ? Une bretelle de soutien-gorge peut-elle ne pas glisser ? Et sans ce bouquin on ignorerait que le pourcentage d'admissions aux urgences dû à des chutes de noix de coco est de 2,5 en Papouasie alors qu'il est de 3,4 aux îles Salomon.
Autre bouquin de "la science amusante et démythifiée", de Richard Robinson (traduit de l'anglais par Julien Ramonet); il est édité chez Dunod
Enfin, une adresse indispensable pour tout connaître sur Les lois de Murphy et ses inombrables dérivées. C'est, à mon sens, parmi toutes les sites sur le sujet, le plus complet.
Je termine ce billet en vous annonçant que la loi de la tartine beurrée possède un corollaire (le corollaire de Blumenfeld) : si vous beurrez une tartine et qu'elle tombe du côté non beurré, c'est que vous aviez beurré le mauvais côté.
les vaches !
Le bar est encore ouvert les filles, je croyais qu'il était tard, mais non on est dans l'étang
Propositions des habitués :
Pour éviter la maladie de la vache folle, nos amis les bovidés se mettent au poisson.
(Rainai)
Météo estivale en France : c'est allé de malle en pis pour nos vacanciers
(chani)
A la marina de Port-Bové, le lait frais est livré tous les matins en kit.
(Cqfd)
Après le décès de CloClo, les Claudettes se ressourcent à la campagne (Paris-Match du 15 mars 1978)
(Gastonlebrave)
On connaissait les vaches à lait, voici les vaches à l'eau.
(koukol)
et, je l'avoue, mon préféré :
Lustiger mort, il ne reste plus que trois points cardinaux
(Pascal)
09 octobre 2007
Ernesto, sauce hydromel
Abattu le 9 octobre 1967 à La Higuera.
40 ans après, quelle destinée !
04 octobre 2007
Roulotte, poteries et délires
Les enfants nous ont offert un week-end en roulotte.
Bon, je vous rassure tout de suite, la roulotte en question n'est pas celle que vous pouvez imaginer.
Elle était dotée de toilettes, d'un cabinet de douche et d'un lit de 160; de plus elle était fixe, posée parmi arbres et bosquets, au bord de la Loire, juste en face du château de Gien.
Cela nous classe dans la catégorie
romanichels de luxe.
Gien en tant que ville n'a pas grand chose de remarquable. Sa gloire, c'est d'être une des capitales de la faïence (avec Sarreguemines et Moustiers, entre autres). Nous avons donc effectué la visite incontournable : le musée de la faïence. Petit musée, photos interdites et grande surface de vente à côté.
J'aurais aimé une visite de la fabrique avec des explications quant aux techniques, aux choix des styles et des motifs, mais il faudra que je me contente de googliser.
Quelques photos volées (vous pouvez les agrandir en cliquant dessus):
Attention, expérience personnelle, fin septembre les restaurants à Gien (hors snacks et pizzérias) n'acceptent plus personne après 13h30 ni après 20h30. Bon, heureusement, il y a un petit cinéma et la balade crépusculaire au bord de la Loire pour éviter de se coucher avant 22 heures.
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En faisant le tour des lieux proches qui mériteraient notre visite, nous nous sommes aperçu que le petit village de La Borne était à 50 minutes de voiture de notre lieu de résidence. Du coup, si vous avez bien suivi mes centres d'intérêts, vous devez bien vous douter du lieu où nous avons passé la splendide journée ensoleillée de samedi dernier. Pour quelqu'un comme moi, le village de potiers de La Borne et ses environs, c'est La Mecque. On y trouve les pièces qui ont fait l'objet de l'exposition dont je vous ai parlé il y a quelques billets, mais dans leur environnement de création et, pour certaines d'entre elles, on va pouvoir parler avec la créatrice ou le créateur.
Fantastique journée dont mes photos ne donneront qu'un pâle aperçu.
Petit compte-rendu (rappel, vous pouvez agrandir vues et photos en cliquant dessus)
Tout d'abord, les différents types de fours à bois :
Première visite chez Eric Astoul.
Il utilise un four couché de 7 m3. Il faut 20 stères de bois et 6 jours de cuisson pour atteindre 1300 degrés.
Visite suivante chez Isabelle Coeur et David Whitehead.
Ils utilisent également un four "baleine" qui fait 5 m3. 15 à 20 stères de bois et 6 jours de cuisson sont nécessaires pour atteindre les 1340 degrés.
Pour la troisième visite nous avons été accueilli par
... nous sommes chez Dominique Garet et Roz Herrin.
Leur four est de type japonais, à trois chambres : 6 m3. Il est impressionnant. Il "mange" 8 à 10 stères de bois et il lui faut 36 heures de cuisson pour atteindre 1300 degrés (pour l'utilisation de deux chambres).
Nous allons voir Roz Herrin qui était en train de travailler dans l'atelier. Très gentiment elle répond à nos questions. Elle utilise un four personnel car elle travaille au sel. A la fin de la cuisson, à l'aide d'un pistolet à sable, elle projette du sel sur ses pièces. Le sel donne des motifs aléatoires et une glaçure typique. Le problème est qu'il imprègne également les parois du four qui ne peut plus alors servir qu'à ce type de cuisson.
Juste en face de chez eux se trouve le four communal. Une belle bête de 16 m3.
Il arrive parfois que des cuissons en commun soient organisées, notamment à l'occasion de manifestations particulières. C'est tout de même assez rare. En effet, la position dans le four influe sur la cuisson des pièces et, évidemment, il est des endroits plus recherchés que d'autres et c'est quasiment impossible de contenter tout le monde. Les artistes, même s'ils sont très solidaires, surtout ici, parce que c'est le survie de leur site qui est en jeu, sont également des individualités aux styles bien différents. C'est d'ailleurs ce qui fait l'intérêt de les visiter et de discuter avec eux.
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Mi-temps, sur les conseils de Roz, nous sommes allé manger à "l'épicerie".
(crédit photo : gilblog)
L'épicerie en elle-même était fermée mais restait la partie restaurant, salon d'thés (c'est ainsi que c'est indiqué sur la carte de visite, téléphone 02 48 26 90 80). Il s'agit de deux petites salles; la moitié de la première est réservée à la cuisine et moins d'une dizaine de tables se partagent le reste. Il y a tout intérêt à réserver si on ne veut pas se contenter d'un petit coin de table. Pas de menu, mais un "mangement" par service; ça plait on reste, ça ne plait pas, on s'en va.
Nous avions faim et ça nous a plu. En entrée toast de fromage de brebis fondu sur un lit de salade de lentilles, puis émincé de boeuf avec petits légumes, cuit au saké et accompagné de vermicelles de riz, plateau de fromages à volonté (avec beurre pour les amateurs), crumble aux fruits divers pour moi et crème brûlée au gingembre confit pour madame; arrosé d'un Sancerre, c'était copieux, excellent et ça nous a coûté 45 euros.
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L'après-midi, nous avions prévu la visite du musée, puis, à côté, d'une exposition permanente des artistes de la région.
Tout d'abord, petite visite chez Hugh West qui, avec son épouse, allie travaux de la terre et photographie.
Une petite dame arrive en même temps que nous et nous ouvre la porte. Le musée est installé dans une anciene église, les plafonds sont hauts, l'atmosphère est assez humide et la lumière entre péniblement à travers les vitraux. La gardienne des clefs nous parle un peu des problèmes d'un musée municipal, sans grands moyens puisqu'il ne touche rien de l'Etat et ne vit que d'une maigre aide de la communauté et de prêts de musées mieux lotis financièrement. Un thème est abordé par exposition; en ce moment ce sont les saloirs, de grandes jarres qui servaient à conserver la viande dans du sel pendant plusieurs mois; selon les régions ces saloirs sont également appelés charniers.
Quelques vues du musée.
Un tour à bâton : le potier, à l'aide d'un bâton, lançait la rotation du tour; lorsque celui-ci avait atteint la vitesse nécessaire, le potier plaçait alors ses jambes sur les planches de chaque côté et, penché sur sa motte de terre montait son oeuvre avant que le tour ne ralentisse de trop; c'est déjà un effort assez conséquent avec les tours électriques d'aujourd'hui, alors avec un tel matériel ...
Le potier faisait tout : il allait creuser pour chercher sa terre. Il la mettait en tas, puis la raclait avec un instrument de fer pour enlever les impuretés, cailloux, etc. ensuite il la battait pour enlever les bulles puis la mettait en motte. Il façonnait ses pièces parfois très grandes, les faisait sécher, les émaillait puis les faisait cuire dans un four qu'il avait généralement construit lui-même. Dans le musée une petite série de figurine nous décrit ce travail.
La maquette d'un des bateaux qui transportait les "charniers"
Deux films nous sont projetés; l'un de 1947, l'autre de 1986. Peu de choses ont changé dans le travail du potier si ce n'est une certaine mécanisation, mais le travail de base est toujours là; il faut toujours extraire l'argile, traiter la terre, façonner la pièce, l'émailler et la faire cuire. Certains travaillent encore à l'ancienne, manient un tour à bâton ou à pied, construisent des fours au gré des cuissons à effectuer et essaient de survivre en vendant leur production.
En sortant du musée, nous tournons à droite dans une cour où s'installent les stands du lendemain pour les manifestations de la journée contre la mucoviscidose puis nous pénétrons dans le bâtiment d'à côté (une ancienne école de filles) où se trouve l'exposition permanente.
Voilà, il ne s'agit que d'un maigre aperçu de ce que nous avons pu voir et admirer, mais il vous donne déjà une idée de la diversité d'inspiration de gens qui travaillent pratiquement côte à côte dans un cercle géographique de 2 à 3 km de diamètre.
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Avant de quitter cette magnifique région, nous avons décidé d'aller voir Jean Linard et sa fameuse cathédrale. Nous n'avons pas été déçu. Accueilli par un totem mi-oiseau, mi-grateur ...
... nous nous garons et nous avançons vers un ensemble de totems faits de mosaïques, de poteries et de matériels de récupération repeint généralement de couleurs vives. Nous saluons un personnage accoudé à un portail; sans réponse de sa part, nous nous approchons.
- Vous pourriez dire bonjour ! nous apostrophe Jean Linard
- C'est ce que nous avons fait !
- Ah, très bien, et bien alors venez, je vais vous montrer mon exposition.
Une basse et longue maison est noyée au milieu d'oeuvres variées et coloriées elles-même disséminées dans les bois qui entourent la demeure. Chaque pente ou monticule a été exploité et arbres et reliefs géographiques font parfois partie de la sculpture. Il y a du lourd, de l'aérien, du musical, de tout; on ne sait pas où poser les yeux. Il y a là des années de travail et de création, de plus, ce géant débonnaire, admirateur du facteur Cheval (une des oeuvres porte son nom en guise d'hommage) nous fera même rentrer chez lui pour nous montrer quelques ouvrages de sa bibliothèque.
C'est parti.
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La "réserve"



























































