Les enfants nous ont offert un week-end en roulotte.

Bon, je vous rassure tout de suite, la roulotte en question n'est pas celle que vous pouvez imaginer.

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Elle était dotée de toilettes, d'un cabinet de douche et d'un lit de 160; de plus elle était fixe, posée parmi arbres et bosquets, au bord de la Loire, juste en face du château de Gien.


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Cela nous classe dans la catégorie romanichels de luxe.

Gien en tant que ville n'a pas grand chose de remarquable. Sa gloire, c'est d'être une des capitales de la faïence (avec Sarreguemines et Moustiers, entre autres). Nous avons donc effectué la visite incontournable : le musée de la faïence. Petit musée, photos interdites et grande surface de vente à côté.
J'aurais aimé une visite de la fabrique avec des explications quant aux techniques, aux choix des styles et des motifs, mais il faudra que je me contente de googliser.

Quelques photos volées (vous pouvez les agrandir en cliquant dessus):


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Attention, expérience personnelle, fin septembre les restaurants à Gien (hors snacks et pizzérias) n'acceptent plus personne après 13h30 ni après 20h30. Bon, heureusement, il y a un petit cinéma et la balade crépusculaire au bord de la Loire pour éviter de se coucher avant 22 heures.


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En faisant le tour des lieux proches qui mériteraient notre visite, nous nous sommes aperçu que le petit village de La Borne était à 50 minutes de voiture de notre lieu de résidence. Du coup, si vous avez bien suivi mes centres d'intérêts, vous devez bien vous douter du lieu où nous avons passé la splendide journée ensoleillée de samedi dernier. Pour quelqu'un comme moi, le village de potiers de La Borne et ses environs, c'est La Mecque. On y trouve les pièces qui ont fait l'objet de l'exposition dont je vous ai parlé il y a quelques billets, mais dans leur environnement de création et, pour certaines d'entre elles, on va pouvoir  parler avec la créatrice ou le créateur.

Fantastique journée dont mes photos ne donneront qu'un pâle aperçu.

Petit compte-rendu (rappel, vous pouvez agrandir vues et photos en cliquant dessus)

Tout d'abord, les différents types de fours à bois :

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Première visite chez Eric Astoul.

Il utilise un four couché de 7 m3. Il faut 20 stères de bois et 6 jours de cuisson pour atteindre 1300 degrés.

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Visite suivante chez Isabelle Coeur et David Whitehead.

Ils utilisent également un four "baleine" qui fait 5 m3. 15 à 20 stères de bois et 6 jours de cuisson sont nécessaires pour atteindre les 1340 degrés.

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Pour la troisième visite nous avons été accueilli par

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... nous sommes chez Dominique Garet et Roz Herrin.

Leur four est de type japonais, à trois chambres : 6 m3. Il est impressionnant. Il "mange" 8 à 10 stères de bois et il lui faut 36 heures de cuisson pour atteindre 1300 degrés (pour l'utilisation de deux chambres).

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Nous allons voir Roz Herrin qui était en train de travailler dans l'atelier. Très gentiment elle répond à nos questions. Elle utilise un four personnel car elle travaille au sel. A la fin de la cuisson, à l'aide d'un pistolet à sable, elle projette du sel sur ses pièces. Le sel donne des motifs aléatoires et une glaçure typique. Le problème est qu'il imprègne également les parois du four qui ne peut plus alors servir qu'à ce type de cuisson.


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Juste en face de chez eux se trouve le four communal. Une belle bête de 16 m3.


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Il arrive parfois que des cuissons en commun soient organisées, notamment à l'occasion de manifestations particulières. C'est tout de même assez rare. En effet, la position dans le four influe sur la cuisson des pièces et, évidemment, il est des endroits plus recherchés que d'autres et c'est quasiment impossible de contenter tout le monde. Les artistes, même s'ils sont très solidaires, surtout ici, parce que c'est le survie de leur site qui est en jeu, sont également des individualités aux styles bien différents. C'est d'ailleurs ce qui fait l'intérêt de les visiter et de discuter avec eux.


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Mi-temps, sur les conseils de Roz, nous sommes allé manger à "l'épicerie".

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(crédit photo : gilblog)

L'épicerie en elle-même était fermée mais restait la partie restaurant, salon d'thés (c'est ainsi que c'est indiqué sur la carte de visite, téléphone 02 48 26 90 80). Il s'agit de deux petites salles; la moitié de la première est réservée à la cuisine et moins d'une dizaine de tables se partagent le reste. Il y a tout intérêt à réserver si on ne veut pas se contenter d'un petit coin de table. Pas de menu, mais un "mangement" par service; ça plait on reste, ça ne plait pas, on s'en va.

 

Nous avions faim et ça nous a plu. En entrée toast de fromage de brebis fondu sur un lit de salade de lentilles, puis émincé de boeuf avec petits légumes, cuit au saké et accompagné de vermicelles de riz, plateau de fromages à volonté (avec beurre pour les amateurs), crumble aux fruits divers pour moi et crème brûlée au gingembre confit pour madame; arrosé d'un Sancerre, c'était copieux, excellent et ça nous a coûté 45 euros.

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L'après-midi, nous avions prévu la visite du musée, puis, à côté, d'une exposition permanente des artistes de la région.

Tout d'abord, petite visite chez Hugh West qui, avec son épouse, allie travaux de la terre et photographie.


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Une petite dame arrive en même temps que nous et nous ouvre la porte. Le musée est installé dans une anciene église, les plafonds sont hauts, l'atmosphère est assez humide et la lumière entre péniblement à travers les vitraux. La gardienne des clefs nous parle un peu des problèmes d'un musée municipal, sans grands moyens puisqu'il ne touche rien de l'Etat et ne vit que d'une maigre aide de la communauté et de prêts de musées mieux lotis financièrement. Un thème est abordé par exposition; en ce moment ce sont les saloirs, de grandes jarres qui servaient à conserver la viande dans du sel pendant plusieurs mois; selon les régions ces saloirs sont également appelés charniers.

Quelques vues du musée.

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Un tour à bâton : le potier, à l'aide d'un bâton, lançait la rotation du tour; lorsque celui-ci avait atteint la vitesse nécessaire, le potier plaçait alors ses jambes sur les planches de chaque côté et, penché sur sa motte de terre montait son oeuvre avant que le tour ne ralentisse de trop; c'est déjà un effort assez conséquent avec les tours électriques d'aujourd'hui, alors avec un tel matériel ...

 

Le potier faisait tout : il allait creuser pour chercher sa terre. Il la mettait en tas, puis la raclait avec un instrument de fer pour enlever les impuretés, cailloux, etc. ensuite il la battait pour enlever les bulles puis la mettait en motte. Il façonnait ses pièces parfois très grandes, les faisait sécher, les émaillait puis les faisait cuire dans un four qu'il avait généralement construit lui-même. Dans le musée une petite série de figurine nous décrit ce travail.

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La maquette d'un des bateaux qui transportait les "charniers"


Deux films nous sont projetés; l'un de 1947, l'autre de 1986. Peu de choses ont changé dans le travail du potier si ce n'est une certaine mécanisation, mais le travail de base est toujours là; il faut toujours extraire l'argile, traiter la terre, façonner la pièce, l'émailler et la faire cuire. Certains travaillent encore à l'ancienne, manient un tour à bâton ou à pied, construisent des fours au gré des cuissons à effectuer et essaient de survivre en vendant leur production.

En sortant du musée, nous tournons à droite dans une cour où s'installent les stands du lendemain pour les manifestations de la journée contre la mucoviscidose puis nous pénétrons dans le bâtiment d'à côté (une ancienne école de filles) où se trouve l'exposition permanente.

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Voilà, il ne s'agit que d'un maigre aperçu de ce que nous avons pu voir et admirer, mais il vous donne déjà une idée de la diversité d'inspiration de gens qui travaillent pratiquement côte à côte dans un cercle géographique de 2 à 3 km de diamètre.

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Avant de quitter cette magnifique région, nous avons décidé d'aller voir Jean Linard et sa fameuse cathédrale. Nous n'avons pas été déçu. Accueilli par un totem mi-oiseau, mi-grateur ...

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... nous nous garons et nous avançons vers un ensemble de totems faits de mosaïques, de poteries et de matériels de récupération repeint généralement de couleurs vives. Nous saluons un personnage accoudé à un portail; sans réponse de sa part, nous nous approchons.


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- Vous pourriez dire bonjour ! nous apostrophe Jean Linard
- C'est ce que nous avons fait !
- Ah, très bien, et bien alors venez, je vais vous montrer mon exposition.

Une basse et longue maison est noyée au milieu d'oeuvres variées et coloriées elles-même disséminées dans les bois qui entourent la demeure. Chaque pente ou monticule a été exploité et arbres et reliefs géographiques font parfois partie de la sculpture. Il y a du lourd, de l'aérien, du musical, de tout; on ne sait pas où poser les yeux. Il y a là des années de travail et de création, de plus, ce géant débonnaire, admirateur du facteur Cheval (une des oeuvres porte son nom en guise d'hommage) nous fera même rentrer chez lui pour nous montrer quelques ouvrages de sa bibliothèque.


C'est parti.

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La "réserve"

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