Du 12 juin au 29 août, sur le Paseo de la Zurriola, juste en face de la Playa de Gros, exposition des bronzes d'Igor Mitoraj.

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Je vous invite à travers ces quelques modestes prises de vues, à faire connaissance avec la beauté de ses oeuvres.

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Pour ne pas vous laisser sur cette photo un peu iconoclaste, je vous copie quelques renseignements sur l'artiste :

Igor Mitoraj est né le 26 mars 1944 à Oederan, en Allemagne d'une mère polonaise et d'un père français. Ses parents se rencontrèrent pendant l'Allemagne nazie dans des circonstances tragiques : sa mère était déportée en Allemagne dans un camp de travaux forcés, et son père, officier dans la Légion Etrangère était prisonnier de guerre. En 1945, Igor Mitoraj et sa mère survécurent au bombardement de Dresde.
        Après la guerre, sa mère l'amena en Pologne où ils vécurent chez ses grands-parents, près de Cracovie. Il passa sa jeunesse sous le pourvoir communiste. Il s'éveilla à l'art grâce à de vieux livres d'images sur la Renaissance. Malgré l' «art officiel » qui régnait alors, il put s'orienter à partir de sa découverte de l'impressionnisme et après des études secondaires orientées vers l'art à Bielsko-Biala, il commença à étudier la peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie en 1963, à 19 ans, et termina les 3 dernières années sous l'enseignement de Tadeusz Kantor (1914-1990), le célèbre peintre et artiste international du théâtre d'avant-garde. Kantor était ouvert à l'art occidental contemporain et résistait aux diktats officiels. Ainsi, il tenait informé ses étudiants de l'œuvre des artistes tels que Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Mario Merz et Yves Klein. En 1967, il participe à sa première exposition en compagnie d'autres étudiants à la Galerie Krzysztofory à Cracovie.
        Sur les conseils de Kantor, il quitte la Pologne, et vient s'installer à Paris en 1968 où il continue d'étudier à l'École Nationale Supérieure des Beaux-arts Au début des années 70, fasciné par l'art précolombien, il passe une année au Mexique, durant laquelle il commence à sculpter.
        Deux ans après son retour, en 1976, il présente sa première exposition individuelle de sculptures, à la galerie La Hune (Paris). C'est un succès, qui le convainc de poursuivre dans cette discipline. Il se nourrit alors de voyages à New York et en Grèce, pour s'inspirer à la fois de la scène contemporaine et de la statuaire antique, les deux principales sources de son œuvre actuelle. Depuis le début des années 1980, il travaille surtout le bronze et le marbre, dans son studio de Pietrasanta près de Carrare en Italie. Les artistes viennent à la carrière de marbre, comme auparavant Michel-Ange, pour choisir leurs blocs de marbre, puis en surveiller la découpe et le transport. Mitoraj ne choisit que les blocs de marbre blanc afin de conserver l'idée de pureté sans chercher à distraire par la joliesse ou l'effet facile du marbre coloré.
        Une pureté qu'il cherche également à évoquer par l'utilisation d'autres matériaux tels la terre cuite ou le bronze, pour retrouver la volonté de perfection qui animait les anciens: «J'aurais certainement vécu plus intensément à cette époque où la représentation esthétique était plus idéale et mystique, mais combien plus proche de l'homme. La perfection artistique est née d'une étude approfondie de toutes les proportions et dont sont issues les règles d'or ».
        En 1986, Mitoraj participe à la XLII Biennale Internationale d'Art de Venise. Depuis 1995, sa sculpture monumentale "Thsuki-No-Hikari" achetée par le British Museum, se trouve présentée devant la colonnade du célèbre musée. A Paris - La Défense, on peut admirer depuis 1997 la monumentale tête « Tindaro » devant la tour KPMG, et depuis 2000, on peut admirer trois nouvelles sculptures « Ikaria » (Tour Adria), « Ikaro » (Tour Ernst & Young) et « Centurion » (Tour Fiat). Depuis juin 2004, se dresse sur la place Saint-Eloi à Angers, devant le nouveau Musée des Beaux-arts, « Per Adriano », sculpture en bronze, acquise par la ville.
      
Mitoraj allie l'antique et le moderne dans une atmosphère mystérieuse  où les visages semblent réticents à livrer leurs secrets. Les formes laissées dans les limbes, les bandelettes qui  voilent la réalité, les yeux recouverts de tissu, sont à la limite de l'existence. Dans une sculpture existentialiste, Mitoraj recherche la compréhension de la vie, de la mort ; les bandelettes symbolisent les liens, la souffrance, les morsures qui écorchent l'homme mais ne constituent pas son seul univers. Il réinvente alors « un nouveau rapport entre les sensations vécues du quotidien et l'esthétique d'un drame qui met en scène l'homme face à son éternité ».

        «La vraie nature de l'homme est de retrouver l'homme tel qu'il est : bien que conscient de toutes les déviations de l'esprit qui le conduisent au crime, à la guerre, à la drogue, je choisis de glorifier la beauté.
        Nous ne sommes pas tous perdus ni déracinés et il reste beaucoup d'espoir, je voudrais alors que mes sculptures soient des objets de contemplation qui deviennent familiers et permettent de se retrouver         soi-même par la confrontation avec l'idée de perfection».