18 mai 2007
Soir de mai ... pour les autres
Je rappelle la photo à légender, et vous donne les différentes participations issues des forums Remue-méninges et du toujours aussi jouissif Fol Univers de Gaston Lebrave
Nadia :
C'est l'émotion, il pleure le jeune homme mais c'est d'émotion, on peut faire dire n'importe quoi à une photo, méfions-nous!
Nonie :
La police nationale lutte contre la canicule et brumise gratuitement les citoyens. Demain elle rase gratis.
Pascal :
Barthez agressé aux fumigènes dans son but par des hooligans du PSG
Chani :
Bienvenus à bord du Vol Quinquennat de la Sarko's
Air. Nous rappelons à nos chers passagers en provenance de la Banlieue
que les normes sanitaires nous obligent à prévenir toute invasion de la
caillera sur le territoire. Nos hôtesses vont passer un mini coup de
karsher.
cqfd :
Recrutements massifs dans la police: séance de bizutage à l'incorporation.
Bertaga :
Parapoux : grâce aux Compagnies Républicaines de Soins capillaires : plus de soucis ! Merci Sarkozy!
Crédit photo : comme d'hab pour cette rubrique >>> Brave Patrie, un site plus que jamais d'actualité.
Si d'autres légendes vous viennent en tête, la zone "commentaires" est à votre disposition.
Albert Londres
Nous avons filmé ces scènes de torture et de meurtre afin d'en dénoncer le caractère intolérable et la barbarie. Vous ne pouvez pas reprocher à une chaîne d'information de montrer la réalité. S'il est bien évident que nous blâmons leur conduite, nous devons aussi rendre hommage à ces tortionnaires de nous avoir permis d'apprécier à sa juste valeur le prix du bien-être et de la vie. Il est vrai que nous nous sommes rapprochés d'eux peu à peu.
- Ils sont devenus pour ainsi dire des relations de travail.
Et en définitive nous avons noué avec certains des liens d'amitié. Ils nous ont aidés dans notre tâche, évitant par exemple de faire exploser les otages, ce qui se serait traduit à l'image par une épaisse fumée monochrome peu propice à l'accroissement de l'audimat.
- L'exécution des enfants apitoyait les classes supérieures comme les plus mal lotis.
Nous allions jusqu'à drainer plusieurs millions de téléspectateurs en plein milieu de la nuit. Mais ces pratiques déplaisaient aux annonceurs, qui redoutaient notamment une atteinte à l'image de marque de leurs produits pour bébés.
- Nous leur avons donc demandé de les épargner.
Nombre de gamins nous doivent la vie, même s'ils restent détenus dans des caves et des carrières désaffectées, dont par déontologie nous refuserons toujours de révéler l'emplacement aux services de police.
- On nous reproche d'avoir filmé avec une complaisance particulière la torture des femmes.
Je vous rappelle malgré tout que plusieurs membres de notre équipe étaient de sexe féminin, et que notre directrice de rédaction est venue sur place pour se rendre compte de visu du sérieux de notre job. Elle a pu constater que même si on ne leur infligeait pas un traitement plus rude, les femmes avaient un cri aigu, perçant, et pleuraient à la première décharge électrique.
- Nous les avons filmées avec respect et affection.
Protégeant de surcroît leur pudeur en demandant qu'un filet soit tendu devant leur poitrine, afin que les téléspectateurs ne puissent rien voir de leurs mamelons dévastés.
- Mais nous ne pouvions tout de même pas exiger qu'on les torture sous anesthésie.
En bref, nous sommes fiers de cette série de reportages qui font honneur à notre profession. S'il était encore de ce monde, Albert Londres aurait été des nôtres. En participant à cette grande aventure journalistique.
- Il nous aurait servi de caution morale.
500 petits récits de deux pages, classés par ordre alphabétique du titre.
Ces fictions sont assez noires et ne réconcilient pas avec l'humanité. Il s'agit d'un monde, de beaucoup de mondes, peuplés de gens froids, pervers et cruels jusqu'à l'absurde. Un livre intéressant, certes , mais à ne pas mettre entre toutes les mains (évitez les enfants et si vous êtes vous-mêmes neurasthénique à tendance sadique ou suicidaire, passez votre chemin). J'ai eu beaucoup de mal pour vous en sélectionner un et j'ai fini par prendre le premier qui, une fois l'outrance de la situation digérée, finit par laisser imaginer des images du futur si nous n'y prenons pas garde.
Je n'ose pas vous souhaiter une bonne lecture.

