30 avril 2007
Un an
Un an aujourd'hui que ce blog existe.
En guise de cadeau, je m'offre un Le Tellier.
Pour apprécier il faut connaître le Notre Père (au moins la musique; moi, c'est tout ce qui me reste de mon passage chez les Jésuites) et avoir posé ses yeux au moins une fois dans sa vie sur un plan du métro parisien.
Notre Auber
Notre Auber qui êtes Jussieu
Que Simplon soit Parmentier
Que Ta Volontaires soit Place des Fêtes
Que ton Rennes arrive
Sur Voltaire comme Courcelles
Donne-nous Galliéni notre Havre-Caumartin
Et ne nous soumets pas à la Convention
Cambronne-nous nos Défense
Comme nous Odéons à ceux qui nous ont Maraîchers
Délivre-nous des Halles,
Miromesnil.
27 avril 2007
La maison hantée
J’aime beaucoup le quartier que j’habite. Il est
cosmopolite, la population se divise en gros en trois grands groupes : les
africains, les indo-pakistanais et les européens. Tout cela est question
d’origine ethnique, je ne suis pas allé demander à chacun d’eux quelle était leur
nationalité. J’aime ce mélange bien que je déplore que chacun reste tout de même
dans son coin, à quelques exceptionnelles occasions près. Lorsqu’on se promène
l’été dans les rues et que les fenêtres des cuisines sont ouvertes, des effluves
de toutes sortes viennent embaumer l’atmosphère et il suffit parfois de tourner
la tête d’un côté ou de l’autre pour que vos narines franchissent quelques
milliers de kilomètres.
Le seul problème que j’avais c’est avec un voisin qui était à 4 maisons de chez moi, en diagonale. Ça peut vous paraître loin comme ça, mais il faut savoir que dans une zone pavillonnaire, ça représente une distance d’une centaine de mètres, pas plus. En fait, problème est un bien grand mot, lui, par exemple, n’en n’a jamais eu connaissance parce que je ne suis pas du genre à me plaindre … surtout auprès de quelqu’un qui a 20 ans de moins que moi et qui, à volume équivalent, a une masse musculaire à peu près égale à ma masse graisseuse. Le pouvoir de nuisance de ce voisin s’exerçait surtout dès l’apparition des beaux jours. Il aimait bien utiliser son barbecue. Rien de répréhensible en soi, moi aussi, j’aime assez ça. Non, le problème, c’est que lui, il était pressé. Là où moi je fais prendre mon feu doucement avec du petit bois et des pommes de pin sèches, lui il arrosait ses morceaux de charbon de bois de larges rasades d’alcool à brûler ou d’autres liquides aussi inflammables qu’odorants. Avec sa viande ou son poisson parfumé à l’allume-rapide, il m’a pourri quelques fins de matinées ou débuts de soirées lorsque les courants d’air venaient déposer sur mes buissons la pestilentielle haleine de son mode de cuisson.
Il y a quelques temps je passe dans sa rue et qu'aperçois-je ? une prometteuse pancarte de mise en vente siglée par une des innombrables agences du patelin. Quelques temps après un camion des déménageurs bretons est venu confirmer la bonne nouvelle.
Quelques semaines se passent, les nouveaux arrivants arrivent remplaçant les partants partis.
Et cela a été le début d'un enfer d'un autre genre, le Bébert "merguez pétroléum" avait été remplacé par le Marcel "bricolus briseur de tympans" . Les deux faisant partie de la même famille: les casseurs de nougats.
Ça a commencé par le lapidaire ; l'ouverture du concert a duré une petite semaine, juste le temps que les dents tombent et que les cheveux frisent. Après avoir usé un nombre incalculable de disques sur " je préfère ne pas savoir quoi", le musicien est passé à la tronçonneuse. En effet, le précédent propriétaire n'avait pas eu le temps, entre deux incendies de grillades, d'entretenir ses thuyas. Ceux-ci, en quelques années avaient atteint une altitude qui frisait le record établi par Jojo les doigts verts en juillet 1957 avant que le scintillatrix festiva ne vienne mettre bon ordre à cette épidémie de haies pinacées. Et oui, le bupreste du thuya avait épargné Bébert et les petites tiges plantées amoureusement par madame avaient prospéré sans aucun frein.
Ceci n'était pas du goût de Marcel
qui, fatigué par l'absence de bruit, avait mis en marche sa tronçonneuse. Il
nous a pourri avec ça deux bons week-ends; il a fallu y rajouter deux autres
journées pour débiter les troncs en morceaux empilables.
Nous commencions à respirer lorsque notre ami s'est
aperçu que ces thuyas lui assuraient tout de même une intimité non négligeable.
Nous avons craint un moment qu'il se fabrique lui-même un brise-vue à grand
renfort de coups de marteau et de visseuse électrique. Eh bien non, c'est un
esthète, il s'est acheté des panneaux de bois tressés tout fait qu'il n'avait plus
qu'a installer le long du grillage commun.
Mais tout de même, cette période de quelques jours sans bruit qui venait de se passer, ça avait provoqué comme un manque. Il a donc décidé de repeindre ses panneaux de bois, pas avec un pinceau ou un rouleau, comme le commun des banlieusards, mais avec un pistolet à peinture doté d'un compresseur à forte production de décibels.
Il vient de terminer cet exercice et nous nous demandons, dans le voisinage, avec un début d'angoisse avec quel instrument il va agrémenter ses futurs concerts.
Je n'y croyais pas tellement, étant peu versé dans les sciences occultes, mais je commence à être persuadé, étant donnée la succession des beaufs dont elle nous gratifie, que cette maison est hantée.
Nota : le dessin "barbecue" vient d'un blog sympa que je vous encourage à visiter : King Dagobert
26 avril 2007
Ah, la mémoire ...
Un petit oubli dans le CV de Nicolas Sarkozy; il y a 21 ans il était "chargé de mission contre les risques chimiques et radiologiques" au Ministère de l'Intérieur.
Le samedi 26 avril 1986, il y a 21 ans, un programme d'essais faisant entorse aux règles de sûreté tourne très mal; à 1 h 23 min 40 s, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose.
En France, dans les premiers jours de la catastrophe, entre le 26 avril et le début du mois de mai 1986, l'Etat a d'abord minimisé son impact pour ne pas effrayer la population d'un pays fortement nucléarisé. Et, au fil des jours, le déni s'est transformé en un fantasme passé à la postérité, celui d'un nuage qui se serait gentiment arrêté à nos frontières. «Les risques de contamination ont toujours été niés, ainsi que l'irradiation de la population, avec pour conséquence l'absence de toute prophylaxie et, en particulier, l'absence d'administration d'iode», est-il écrit dans le rapport. D'autres mesures, telle l'interdiction de consommer le lait et les salades, auraient pu être décidées, comme en Allemagne ou en Italie. Voilà pour les négligences. «Les experts soulignent aussi la volonté de masquer la réalité», renchérit Thierry Billet, l'avocat de la Criirad. Très vite après le drame, l'étendue de la contamination des sols, dite «en taches de léopard» dans certaines régions du pays - l'Est, les Alpes, la vallée du Rhône, les environs de Nice et surtout la Corse - liée à deux facteurs aggravants (la pluie et l'altitude), était largement connue dans les plus hautes sphères du gouvernement. En témoigne une transcription manuscrite d'une réunion qui s'est tenue au ministère de l'Intérieur le 16 mai 1986, dont la conclusion est sans équivoque: «Nous avons des chiffres qui ne peuvent être diffusés.»
Bon anniversaire.
22 avril 2007
Votez bien
Mon centième billet sera un message subliminal, parce que ça me paraît important 
19 avril 2007
A l'eau ...
La conjonction de trois phénomènes a eu un
effet bénéfique sur le carré de nature qui me sert de jardin.
Tout d’abord, les beaux jours dont nous dote la
météo depuis quelques temps qui ont ravivé, en même temps que la pousse du
gazon, la haine que j’éprouve pour tout ce qui pourrait m’empêcher de glander en
plein air au sortir de ma maison … et justement le gazon fait partie de ce «
tout ». Les fidèles d’entre vous savent que je mène une guerre sans merci contre
les travaux de jardinage stupides, répétitifs et pour tout dire un peu vains
puisque plus on les pratique avec attention, plus la fréquence de cette pratique
a tendance à s’accroître. Vous aurez deviné que je place la tonte et l’entretien
du gazon dans ce type de travaux.
Ensuite la production d’une œuvre faite de sculptures en grès supportant
les intempéries extérieures et la mine de madame lorsqu’elle me voit poser la
dite production sur ses meubles extrêmement exposés à la moindre rayure,
m’obligent à trouver à mes personnages un cadre digne d’eux et où ils seront les
bienvenus.
Enfin, la venue en ce
week-end pascal de deux de mes trois artistes/concepteurs/artisans habituels
(j’ai nommé Fafa et Nico) dans ma modeste demeure a précipité le
mouvement.
Le premier
mouvement auquel a également participé le 3ème larron (Cyril) a été de
déterminer l’endroit du futur « plan d’eau », puis son contour et enfin la «
forme » de l’arrivée de l’eau. Lorsque tout le monde a été d’accord, le
lancement des travaux a pu avoir lieu.
C’est Fafa qui s’y est collé (faut dire que
c’était le seul en vacances à ce moment-là). Il s’est tapé tout seul les travaux
de creusement. Chez moi, passé la couche sympa sur laquelle s’ancre cette
saloperie de gazon, c’est de la glaise. La glaise, c’est ce machin hyper lourd
et collant en hiver lorsque c’est détrempé qui vire tendance béton lorsque l’été
arrive et que l’eau se fait rare.
Voilà le résultat.
Ensuite, avec l’aide de mes experts, la liste des composants a été dressée : la bâche, très importante, le matériel électrique, la pompe, le filtre avec sa lampe UV tueuse d’algues parasites, la pouzzolane (C’est un gravier issu d’une roche naturelle possédant une texture scoriacée, alvéolaire de couleur rouge ou noir) et les premiers végétaux qui, avec la pouzzolane feront office de filtre naturel.
Avant le filtre naturel composé de gravier de pouzzolane et d'iris aquatiques il y a le filtre avec son HLM à bactéries et son néon UV
Installation de la bâche et de l’arrivée de
l’eau.
Installation de la pompe et mise en eau.
Quelques ajustements sont nécessaires et le plus long et le plus délicat, c'est la chute d'eau qui va procurer cette musique délassante
Et voilà. Avant de pouvoir
introduire les poissons, pose des plantes qui vont enrichir le bassin
esthétiquement et organiquement.
Outre les nénuphars posés dans le fond du bassin, sur les différents "balcons" que m'ont aménagé mes deux paysagistes, j'ai mis un scirpus cernuus - genre d'herbe avec, à son extrémité une minuscule fleur blanche -, un juncus effusus spiralis - sorte de jonc avec des brins torsadés et vrillés très curieuse et très jolie plante -, un cyperus alternifolius - de la famille des papyrus -, un acorus gramineus - en français acore strié avec de longues feuilles vertes et jaunes -, un oenanthe fistulosa "flamingo" - très séduisante plante malgré son nom, elle donne des petit bouquets de fleurs roses - un cotula coronopifolia - un genre de bouton d'or aquatique - et un pied de mentha pulegium - une menthe aquatique qui sent aussi bon que la menthe terrestre. Mes personnages en grès ont trouvé leur place parmi ces plantations.
Résultat encore provisoire. On va faire une petite pause financière avant
de continuer les opérations .
Je venais de
terminer l'installation des plantes et de mes personnages, et je suis
resté une bonne heure, assis sur mon banc, face à cet étang miniature,
silencieux, à contempler ce spectacle. Au-dessus de moi, le lilas
embaumait l'atmosphère; les voisins étaient absents et le seul bruit
provenait du chant de la petite cascade. J'ai regardé les bulles se
former et éclater un peu plus loin; je me suis même surpris à imaginer
une course entre elles et à parier avec moi-même sur celle qui irait le
plus loin; j'ai eu assez de cruauté pour admirer la lente agonie d'un
insecte qui, pris au piège de l'onde, essayait de survivre; j'ai suivi
l'effort de la feuille de nénuphar pour se hisser à la surface; j'ai vainement espéré voir bouger mes
personnages (d'ailleurs, à un moment, je me demande si ...).
Quel calme, quelle zenitude comme dirait Ségolène. La vie est bien belle parfois ... pourvu que ça dure.















