En recopiant la Marseillaise Noire dans le billet précédent, les mentions se rapportant à Jésus et à l'évangile ont quelque peu géné l'ancien pensionnaire des jésuites que je suis. Cette période jésuitique qui a été suivie d'une autre période où j'ai été confié à des frères maristes (un peu mieux mais pas moins illuminés) ainsi que les faits et gestes de certains représentants de l'église catholique dans le monde et dans l'Histoire m'ont installé dans un anticléricalisme douillet duquel, au vu de l'actualité, je ne suis pas prêt de sortir.

Je me suis donc livré à de menues recherches webiennes et ai découvert une Marseillaise anticléricale écrite par Léo Taxil (à la vie spirituelle et philosophique assez tourmentée) en 1881; la voici :


Allons ! Fils de la République,
Le jour du vote est arrivé !
Contre nous de la noire clique
L'oriflamme ignoble est levé. (bis)
Entendez-vous tous ces infâmes
Croasser leurs stupides chants ?
ILs voudraient encore, les brigands,
Salir nos enfants et nos femmes !

Aux urnes, citoyens, contre les cléricaux !
Votons, votons et que nos voix
Dispersent les corbeaux !

Que veut cette maudite engeance,
Cette canaille à jupon noir ?
Elle veut étouffer la France sous l'éteignoir ! (bis)
Mais de nos bulletins de vote
Nous accablerons ces gredins,
Et les voix de tous nos scrutins
Leur crieront : A bas la calotte !

Quoi ! Ces curés et leurs vicaires
Feraint la loi dans nos foyers !
Quoi ! Ces assassins de nos pères
Seraient un jour nos meurtriers ! (bis)
Car ces cafards, de vile race,
Sont nés pour être inquisiteurs ...
A la porte, les imposteurs !
Place à la République ! Place !

Tremblez, coquins ! Cachez-vous, traitres !
Disparaissez loin de nos yeux !
Le Peuple ne veux plus des prêtres,
Patrie et Loi, voilà ses dieux (bis)
Assez de vos pratiques niaises !
Les vices sont vos qualités.
Vous réclamez des libertés ?
Il n'en est pas pour les punaises !

Citoyens, punissons les crimes
De ces immondes calotins;
N'ayons pitié que des victimes
Que la foi transforme en crétins (bis)
Mais les voleurs, les hypocrites,
Mais les gros moines fainéants,
Mais les escrocs, les charlatans ...
Pas de pitié pour les jésuites !

Que la haine de l'imposture
Inspire nos votes vengeurs !
Expulsons l'horrible tonsure;
Hors de France, les malfaiteurs ! (bis)
Formons l'union radicale;
Allons au scrutin le front haut :
Pour sauver le pays il faut
Une chambre anticléricale.


Ben dites donc, ils ne plaisantaient pas avec la religion, ou plutôt avec ses représentants, à l'époque. Je rappelle la définition d'anticlérical : opposé à toute immixtion du clergé dans la vie et les affaires publiques.